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Librairie Gaïa
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Dernière modif. : 28/01/2010

le CML, le Collège Méditerranéen des Libertés,  propose dans le cadre de son cycle de conférences

"Où allons-nous ?"

Claude Gudin

©2005 Librairie Gaïa
Photo Librairie Gaïa

a donné une conférence le  22 février 2005 

"Une histoire naturelle de la séduction"

Claude Gudin a été jardinier, ingénieur et docteur en biologie végétale. Sa carrière scientifique, consacrée aux biotechnologies, l'a mené de l'Institut national de la recherche agronomique au Commissariat à l'énergie atomique en passant par la British Petroleum. Il est l'auteur de nombreux articles scientifiques et brevets, de plusieurs livres et de poèmes et chansons pour grands et petits.

Quelques notes sur la Conférence du 22 février 2004

"Une histoire naturelle de la séduction"  Seuil
La nature fait souvent de jolis pieds de nez à la culture. Quelle différence entre le flamant qui déclare sa flamme en rose à la femelle et l'amoureux transi qui offre un bouquet de fleurs (une gerbe de sexes en rut) à la dame qu'il convoite ? Quelle différence entre le sac en crocodile qu'on offre en cadeau et la mouche enveloppée de soie offerte par Monsieur araignée ? Quelle différence entre la danse de l'aigrette mâle et celle de la dame des Folies-Bergère avec ses plumes d'aigrette pour séduire les banquiers ? Quelle différence entre l'oiseau-jardinier de Nouvelle-Guinée qui construit une cabane puis la peint en bleu pour y attirer la femelle et le paysagiste amoureux qui fait un jardin pour l'élue de son cœur ? Avec la séduction, il y a du travail pour tout le monde.
 Son étude appartient autant au psychologue, au biologiste, au neurophysiologiste, au sociologue qu'au linguiste, voire au physicien et au chimiste. Séduire, du rotifère à l'homme d'affaires, n'est pas une mince affaire.

 

"Poèmes et chansons pour éplucher les légumes"  Age d'homme
On croit qu'on connaît la chanson / Et pourtant, / Elle n'est jamais là où on l'attend / On en entend depuis si longtemps / Et puis un jour, / Elle est là. / Elle dormait dans une contrebasse / Un oiseau passe / Elle est sous les doigts / Du musicien qui la caresse / Et secouant sa paresse / Elle se perche / Sur des cordes vocales / Et se met à chanter / Avec légèreté / Pour celles et ceux / Qui, gravement, chaque jour / vont éplucher les légumes. C'est ainsi que naquirent ces poèmes et chansons, fruits de l'amitié et du métier de Claudia et Barre Phillips et de l'auteur de ces lignes qui ne pêche que le requin en Hongrie au bord du Mississippi... Mais si, mais si. Ce recueil de poèmes fait suite à : Les Calembourgeois décalés, Fatrasies, Soties, suivi de Aux arbres citoyens

 

"Les soties suivi de Aux arbres citoyens" Age d'homme
Il est assez rare qu'un auteur mi poète, soit, canonisé de son vivant. C'est pourtant ce qui s'est produit sur les Champs-Elysées à Paris au douzième coup de minuit le 31 décembre 1999 grâce à la compagnie Generik Vapeur qui a tiré sur le public avec des canons à air comprimé les Soties de Claude Gudin... mais lisez plutôt. Prenant goût aux formes courtes - concentrées, l'auteur ancien jardinier, a délaissé la pelle et les feuilles mortes pour un vibrant appel : " Aux arbres citoyens ! ", où l'on découvrira, entre autre, que ce n'est pas un hasard si le Cyprès se voit de si loin, que le Peuplier sait qu'il le peut, mais ne le veut pas... Autant de petites friandises à déguster entre amis ou au fond de son lit pour s'endormir avec le sourire que l'arbre fait à la chlorophylle.

 

"Les calembourgeois décalés"  Age d'homme
Les idéologies s'émoussent, les religions rappliquent, l'argent règne en maître sur fond de guerres et de famines, les technologies engendrent pollutions, chômage. On revoit dans nos pays, où certains sont gavés de richesses, des gens sans logis qui ne mangent plus à leur faim. Notre pharmacopée de plus en plus perfectionnée ne soigne que les riches, des enfants meurent de faim ou d'épidémies un peu partout. Comment peut-on avoir le culot d'écrire encore de la poésie ? La question est sans réponse ! Et pourtant, écoutez les éclats de rire des enfants, leurs chansons entre deux souffrances, admirez l'amour qui fleurit encore même sous les bombes. Quand on n'a plus rien, il nous reste les mots, avec eux, on peut jouer en toute liberté. Notre langue est toujours là, bien protégée par deux rangées de dents. La poésie, c'est peut-être une façon de leur redonner un sens nouveau sur le terreau de leur histoire en les dépoussiérant, en leur donnant un coup de neuf dans des vers libres, en apparence sans queue ni tête, porteurs d'un avenir qui tarde à venir. 
La poésie, c'est peut-être ces éclats de rire des enfants sous les bombes, l'amour qui naît quand tout semble perdu. Cette poussée d'espérance qui nous vient de la nuit des temps est inspirée des premières cellules vivantes qui, il y a quelques milliards d'années, malgré les grands cataclysmes, s'unissaient déjà, s'étreignant par leurs flagelles en des caresses primordiales. Faut-il s'excuser d'oser encore écrire des poèmes et des chansons ? Les Calembourgeois décalés sont les vers d'un sexagénaire qui cherche à les apprivoiser avant de s'intéresser aux pissenlits qui le guettent en essaimant leurs graines sous le souffle blond de celle qui persiste à espérer que la connaissance, un jour, triomphera de la barbarie.

 

"La vie nous en fait voir de toutes les couleurs" Age d'homme
La vie nous en fait voir de toutes les couleurs est le résultat de la rencontre de Georges Roque, philosophe et historien de l'art, et de Claude Gudin, biologiste. Ils voyagent beaucoup tous les deux. C'est donc sous forme de lettres échangées entre la France et le Mexique, alternant avec les conférences de l'un et de l'autre, que se construit cet échange vivant, libre et parfois vif. Ensemble, ils explorent, questionnent, échafaudent des hypothèses sur la place de la couleur dans l'art, la vie et la science au travers de thèmes variés : Y a-t-il une palette méditerranéenne ? Les couleurs, du phytoplancton à l'animal. La symbolique des couleurs est-elle arbitraire ? Le message de l'artichaut. Feu vert, feu rouge ? Le livre s'achève par un court texte du réalisateur Chris Marker sur la place de la couleur au cinéma.

 

"La langue de bois suivie de Nique ta botanique" Age d'homme
La langue de bois est un parcours poétique et étymologique dans la jungle des mots - tracé par un biologiste. Dans sa verticalité, qui le rapproche de l'arbre, l'homme cherche ses racines sous sa langue. De la plante des pieds à la pomme d'Adam qui lui est restée en travers de la gorge, il secrète peu à peu cette langue que nous croyons connaitre et sous laquelle se cachent la campagne, la prairie, la forêt et tous les animaux qui y grouillent. On y apprend, pêle-mêle, que la truie est un souvenir de la guerre de Troie, et que le putois perdure dans la putain. Même le très moderne technocrate continue à honorer Apollon avec son " Apple ", dernier modèle. Le malin sort du pommier et le bouc, animal diabolique, nous conduit chez le boucher du coin. La lecture est la première unité de mesure phénicienne qui relie le Phallus de Cyparisius, le père du Cyprès, à la bite en bois du quai. Nique ta botanique, à travers des textes disparates, est une rêverie solidaire sur les plantes et les légumes entrecoupée de polémiques pataphysiques où la Science perd sa majuscule. 
Elle regroupe des essais de communiquer à toutes et à tous une histoire naturelle du végétal qui nous cerne. Certains de ces textes ont été joués, mis en scène, d'autres ont fait l'objet d'émissions sur France Culture, l'un d'eux, Mamma Cucurbita, est chanté en Blues Rap par la compagnie Bernard Lubait. N'oublions pas que le Méandre est le fleuve qui traverse le paradis.

Conférence du 22 février 2005

Une histoire naturelle de la séduction

  Il y a 3,5 millions d'années quand la Terre se créé, la planète n'est pas vivable, au sens où nous l'entendons. Sous les bombardements cosmiques, vont se constituer des acides aminés, des acides gras, la chlorophylle qui va être capable de capter la lumière et de la transformer en industrie chimique. Cela va permettre de construire la vie et surtout de casser la molécule d'eau primitive en libérant l'oxygène et en fixant le gaz carbonique. Risquant d'être brûlée par le soleil, les algues vont venir les protéger permettant ainsi de continuer le processus.

  Les algues ont donc la propriété de changer de couleur.

  Le père Danel a trouvé des algues microscopiques roses qui nourrissaient des crevettes... roses à leur tour mangées par des flamands roses roses... du moins le mâle qui permettra de séduire une flamand rose... blanche, en tout cas beaucoup plus terne car elle accumule cette couleur dans ses parties sexuelles. Il suffit de voir la couleur violente des jaunes d'œufs des poules !

  De nombreux exemples de la nature vont nous montrer que la séduction est partout !

  Le paon est un oiseau magnifique... et la femelle est terne, mais terne. S'il fait le beau c'est bien pour séduire sa dulcinée malgré le risque qu'il prend. Sa queue est tellement grande que si un prédateur arrive, la paonne arrivera à s'enfuir tandis que le paon... y perdra la vie. Il n'est pas le seul dans ce cas. Toutes les araignées mâles vont très mal finir après avoir séduit les femelles.... qui les dévoreront tout crû ! Quelques exceptions : une toute petite araignée mâle va pouvoir s'introduire dans le vagin de la femelle qui va la féconder quasiment en permanence !

  Chez les plantes, les surprises sont extraordinaires ! Les plantes, dans leur très grande majorité, ne peuvent se féconder. Elles doivent donc trouver des messagers qui porteront de fleur en fleur pollen et autres spores fécondants. Les orchidées iront jusqu'à sculpter leurs pétales pour leur donner la forme, la couleur, les phéromones sexuelles des insectes mâles qui iront les féconder. Mais que font les femelles pendant ce temps ? rien, elles attentent leur période de fécondité. Celle-ci venue, les mâles reviendront les féconder. Les orchidées seront mortes à ce moment là !!!

  Claude Gudin va nous conter encore d'autres histoires fabuleuses :

  Les milles pattes ? non 12O pattes seulement, mais... 20 testicules, 2 pénis ! Mais le mâle doit se masturber pour mélanger le sperme avec de la terre puis insérer avec une certaine violence les boulettes ainsi obtenues dans les deux vagins de la femelle ! Tout ceci pour garder le sperme plus fécond, plus longtemps.

   Vous trouverez encore d'autres histoires dans le livre de Claude Gudin.