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Dernière modif. : 10/05/2008

le CML, le Collège Méditerranéen des Libertés,  propose dans le cadre de son cycle de conférences

"Les Passeurs de Liberté"

Jean-Baptiste de Foucauld
Président de "Solidarités nouvelles face au chômage"
Ancien commissaire au Plan


Photo Librairie Gaïa

a donné une conférence le 30 janvier 2007 à la Faculté de Droit

Revenir au plein emploi, comment ?

Bibliographie

En collaboration : "Colloque de Cerisy : Raymond Abellio"  Dervy 

Le polytechnicien Raymond Abellio (1907-1986) est sans doute le plus grand écrivain " gnostique " français de la seconde moitié du XXe siècle.
A l'instar de René Guénon, dont il diffère cependant sur bien des points, il a joué pour nombre de ses lecteurs un rôle d'éveilleur. La rencontre d'un maître spirituel en 1943 l'a détourné d'un engagement politique intense, qui l'a conduit à se perdre et, par réaction, à se trouver. Il s'est alors consacré à l'expérience intérieure et à l'écriture, cultivant des genres variés (quatre romans, de nombreux essais - dont La Structure Absolue, 1965, trois tomes de Mémoires) et traitant de divers domaines : l'amour, la politique, la science, la philosophie.
Il a, ce faisant, exploré maintes traditions de la pensée ésotérique (Kabbale, astrologie, symbolique des nombres, etc.). Le présent ouvrage porte sur tous ses aspects. Il présente l'homme et l'œuvre, et fait apparaître la fécondité de celle-ci dans le contexte de la réflexion philosophique contemporaine.

 

"Les 3 cultures du développement humain"   Odile Jacob

Aujourd'hui, la croissance semble repartie, le plein emploi redevient un objectif plausible.
Pourtant, dans les déséquilibres profonds de notre société, rien n'est résolu. Si nous n'y prenons garde, les exclus de la modernisation seront peut-être moins nombreux, mais plus exclus encore. Plus le monde se globalise, plus il échappe à notre maîtrise. Plus nous accumulons, plus nous sommes dépassés par ce que nous avons accumulé. Sans parler de notre solidarité indispensable avec les pays sous-développés. Face à ces questions, le débat porte le plus souvent sur les moyens.
Comme si l'essentiel ne pouvait plus être traité. On ne peut plus s'en tenir aujourd'hui à une vision molle de la démocratie. Celle-ci a, au contraire, besoin de se redonner un projet, de revenir à ses sources, de s'appuyer sur une vision forte de l'homme, de l'homme en société. Il faut construire le développement humain en s'appuyant sur ces trois cultures politiques et spirituelles qui constituent notre patrimoine commun : la résistance, la régulation et l'utopie.

 

En collaboration avec J.P. Balligand : "L'épargne salariale au cœur du contrat social"  Documentation Française

A quelles conditions l'épargne salariale peut-elle contribuer à la mise en place des nouvelles règles du jeu dont notre société à besoin ? Pour répondre à cette question, le rapport commence par inventorier les diverses formes d'épargne salariale existantes (intéressement, participation, plans d'épargne d'entreprise, actionnariat salarié, stock-options, comptes épargne-temps) et par dresser un état des lieux en France, en Europe et à l'étranger.
Les auteurs plaidant ensuite pour une conception régulationiste et négociée de l'épargne salariale, susceptible de dynamiser notre modèle social. Ils appellent de leurs vœux une démarche participative pour simplifier et harmoniser les dispositifs existants. Ils formulent un ensemble de propositions concrètes pour mieux diffuser l'épargne salariale, particulièrement dans les PME ; pour accompagner un développement raisonné et raisonnable de l'actionnariat salarié en l'organisant dans le cadre d'une gouvernance d'entreprise plus transparente et participative ; pour rendre plus juste le régime juridique, social et fiscal des stock-options ; pour aider les salariés qui la souhaitent à allonger l'horizon de placement de leur épargne ; pour utiliser l'épargne salariale au profit de l'emploi, de l'aménagement du temps de travail, de la lutte contre l'exclusion et de la réduction des inégalités.

 

En collaboration avec R. Fraisse : "La France prospectives"   Odile Jacob

Que sera notre pays dans vingt ans ? Face à la peur de l'avenir, face au malaise et au désarroi de nos concitoyens, il convient aujourd'hui de changer notre regard sur les événements. Non plus nous interroger sur l'individualisme de notre société, mais répondre à la montée de la solitude.
Non plus théoriser les problèmes de l'immigration, mais donner les clés de l'évolution démographique. Non plus craindre l'invasion de l'immatériel, mais chercher quels seront les nouveaux liens sociaux. Non plus sanctifier ou fustiger la pression de l'extérieur, mais l'affronter pleinement pour conjurer d'un éclatement intérieur. Fournir, en somme, des pistes pour l'action et la réflexion ; esquisser pour la France de demain, entre risques et espoirs, de nouvelles perspectives.

 

CONFÉRENCE

Revenir au plein emploi, comment ?

   Il est très difficile de parler de l'emploi. Comment approcher le sujet ? D'une façon économique en parlant de "marché du travail", on peut attaquer ce problème sous un aspect juridique en oubliant les lois économiques ; se placer en position militante en se posant d'un point de vue politique, mais sans avoir une réelle pression sur les décideurs. Les syndicats défendent ceux qui ont un emploi et non les chômeurs qui sont souvent atomisés et peu réunis par des associations. Lorsqu'on utilise le mot emploi, on s'adresse à un public très hétérogène : les jeunes, les seniors, les cadres, les personnes peu qualifiées, les personnes qui ont décroché... Le chômage, outre la perte de revenu, d'identité, c'est aussi les problèmes de logement, de formation. Les images que nous avons de l'emploi sont souvent fausses. Il faut savoir que la majorité des personnes sont dans le même emploi depuis 10 ans. Cette moyenne est en hausse. Seuls les plus vieux et les plus jeunes sont en baisse par rapport à cet moyenne. D'autre part il faut savoir que les licenciements ne sont pas la source la plus importante du chômage, ce sont les contrats à durée déterminée qui en sont la cause, car ce sont de loin les contrats les plus nombreux.

   Il n'y a pas suffisamment d'occasion d'emploi (ne pas être au bon moment, au bon endroit, avec la bonne formation...). Le côté psychologique, généralement négatif, est à prendre en compte. Faut-il plus de marché ou plus de solidarité ? Le français a un comportement très paradoxal et contradictoire sur le sujet en souhaitant payé moins d'impôts, avoir plus de sécurité avec un État providence très présent, qui devrait trouvé des ressources (les impôts) payées par les "autres". Or ceci à des limites. Le chômage détruit les équilibres financiers et l'efficacité de la lutte contre la pauvreté. Il rompt la solidarité et la compréhension de ceux qui ont un emploi vis à vis des chômeurs, créant même de la distance, voir de la peur. Il est plus difficile de trouver un emploi que de le garder. Quand un problème n'arrive pas à se résoudre, c'est la violence qui prend le dessus, contre soi, contre les autres, contre la société.

   L'emploi ne règle pas tout, mais de chômage dérègle tout. Il existe toujours des règles à respecter : la cohérence, la continuité, la confiance, la coordination.

   Pourquoi le chômage est-il plus important en France ? Le pays n'a pas pu choisir entre le modèle scandinave et le modèle anglo-saxon.

   Tous les pays on connu un chômage important. Dans l'après guerre, il y avait beaucoup de besoins et moins de concurrence ; il y avait le plein emploi, une croissance forte, malgré de grandes migrations et une forte flexibilité (migration vers les villes, baisse du nombre des paysans...). Or tout ceci a profondément changé. Beaucoup de pays ont trouvé des solutions, sauf la France qui n'a pas su choisir entre un modèle libéral avec peu de régulation, beaucoup d'emploi et peu de charges et peu d'impôts et un modèle plus social avec plus de régulation au niveau des garanties et de la formation mais avec des impôts très élevés.

   Le modèle scandinave ne sacrifie pas la qualité des emplois à leur nombre. Les chômeurs sont suivis par des organismes qui utilisent un système contraignant pour les demandeurs d'emploi et une obligation de formation qualifiante au cas où le chômeur n'aurait pas trouvé un emploi dans un temps donné. Par contre les impôts y sont beaucoup plus élevés. Le sentiment civique est important.
   Le modèle anglo-saxon est beaucoup plus libéral : pas de revenu minimum, pas de contrat de travail contraignant, mais des charges et des impôts beaucoup plus légers. Donc une mobilité accrue, beaucoup d'offres d'emploi éventuellement précaires et pas toujours bien payées pour les emplois les moins qualifiés...
   Dans les deux cas, le chômage a baissé dans des quantités très significatives.

   Si, en France, les politiques menées contre l'exclusion ont été bonnes, bien que le nombre de travailleurs sociaux était insuffisant, les contrats aidés étaient des contrats à mi-temps. On a en réalité précarisé les emplois. Il faut, dans le même temps, ne pas baisser les impôts et maintenir ou augmenter les dépenses sur la formation qualifiante en baissant les dépenses liées aux retraites. Le SMIC ne devrait pas augmenter de manière automatique pour tous les types d'entreprises et tous les secteurs d'activité. Il faudrait un emploi en temps choisi permettant de faire repartir l'emploi d'une manière plus souple. Le soutien aux demandeurs d'emplois par les différentes administrations est d'une très grande complexité qui lui fait perdre ainsi une grande partie de son efficacité. La remise à plat de tout le système de l'assurance chômage est nécessaire (par ex. la fonction publique ne paie pas de cotisations chômage à titre de solidarité bien qu'ils aient une sécurité absolue d'emploi).

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