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Copyright 2000-2011
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 13/05/2011

le CML, le Collège Méditerranéen des Libertés,  propose dans le cadre de son cycle de conférences

"Les Passeurs de Liberté"

Alain Ehrenberg
Sociologue, Directeur de centre de recherche au CNRS


Photo Librairie Gaïa

a donné une conférence le 6 février 2007 à la Faculté de Droit

Le cerveau social : une sociologie des neurosciences

 

En collaboration : "La maladie mentale en mutation. Psychiatrie et société"  Odile Jacob

Il y a quarante ans encore, la psychiatrie semblait ne s'intéresser qu'à la " folie ", et l'" asile " était son symbole.
Son domaine s'étend désormais des schizophrénies au marais du mal-être de masse. Ces formes d'intervention se sont disséminées dans le tissus social (école, prison, famille, etc.). Parallèlement les médicaments psychotropes sont devenus un trait du mode de vie de l'homme moderne et la conception même du trouble mental s'est radicalement modifiée avec les neurosciences. Le trouble mental est aujourd'hui une question sociale et politique autant que médicale ; elle concerne toutes les institutions, aussi bien la famille, l'école que l'entreprise. L'originalité de ce livre consiste à croiser, pour la première fois en France, les analyses de psychiatres, de sociologues, d'anthropologues, d'historiens et de philosophes.
Ensemble, ils s'efforcent de cerner les enjeux de ces transformations.

 

"La fatigue d'être soi. Dépression et société"  Odile Jacob

Fatigue, inhibition, insomnie, anxiété, indécision : la plupart des difficultés rencontrées dans la vie quotidienne sont aujourd'hui assimilées à de la dépression. Croisant l'histoire de la psychiatrie et celles des modes de vie, Alain Ehrenberg suggère que cette " maladie " est inhérente à une société où la norme n'est plus fondée sur la culpabilité et la discipline, mais sur la responsabilité et l'initiative ; elle est la contrepartie de l'énergie que chacun doit mobiliser pour devenir soi-même. Et si la dépression était surtout le révélateur des mutations de l'individu ? " Cet ouvrage s'inscrit parmi les meilleurs travaux actuels qui cherchent à cerner le visage et la psychologie de l'homme des sociétés occidentales développées.
" La Quinzaine littéraire. " Un ouvrage qui dérange les conformismes. " Pascal Bruckner, Le Nouvel Observateur. " Ce livre devrait être sur le chevet de tout psychiatre. " Synapse

 

"Le culte de la performance"  Pluriel

Battants, entrepreneurs, aventuriers, sportifs, chômeurs créant leur propre entreprise ont fait une telle percée sur la scène publique qu'il n'est pas incongru de parler d'un véritable culte de la performance.
Trois déplacements sociaux caractérisent ce culte. Les champions sportifs sont des symboles d'excellence sociale alors qu'ils étaient signe de l'arriération populaire. La consommation est un vecteur de réalisation personnelle alors qu'elle connotait auparavant l'aliénation et la passivité. Le chef d'entreprise est devenu un modèle de conduite alors qu'il était l'emblème de la domination du patron sur l'ouvrier.
L'entreprise revêt ainsi le rôle de nouveau réservoir des fictions françaises. L'auteur explore les mutations de sensibilité à l'oeuvre dans ces nouvelles mythologies. Il décrit comment se modifient les moeurs d'une société quand ses modèles politiques institués ne fournissent plus de solutions crédibles aux problèmes majeurs auxquels elle est confrontée et quand les utopies de la société idéale ont disparu.

 

"L'individu incertain"   Pluriel

L'individu est aujourd'hui amené à assumer des responsabilités croissantes : la politique semble perdre son monopole de prise en charge collective des destins individuels, la vie privée n'est plus structurée par des règles stables et des rapports d'autorité.
L'estime de soi et la disponibilité à autrui deviennent des atouts majeurs. La subjectivité envahit donc la place publique et investit largement la technique, qu'elle soit pharmacologique (drogues illicites, tranquillisants, antidépresseurs) ou électronique (interactivité, reality-shows, cyberespace). La restauration de la sensation de soi que procure le psychotrope et la mise en scène de soi qu'amplifie la télévision sont révélatrices des tensions de nos sociétés, écartelées entre la conquête et la souffrance.
Nous sommes entrés dans l'âge de l'individu incertain.

 

CONFÉRENCE

Alain EHRENBERG


Photo Librairie Gaïa

Le cerveau social : une sociologie des neurosciences

   Le cerveau social signifie de parler du social à partir du cerveau. Dans la sociologie des neurosciences, qu'est-ce que la sociologie a à voir avec cette affaire ?
   - Le naturalisme connaît une diffusion sociale de plus en plus importante et concerne la vie de chacun.
   - Les savoirs, la subjectivité.. sont des notions transversales aux différentes sciences car on trouverait dans la sensibilité la rencontre avec les autres.
   Le cerveau a donc une valeur sociale qui expliquerait l'essentiel des maladies mentales et des comportements sociaux. Où en est-on entre homme naturel et et homme central ? L'expression homme total ne doit pas être réductrice.

Les neurosciences dans les sciences sociales
   Les neurosciences expérimentales vont révolutionner le XXè siècle. Des gènes sont impliqués dans l'esprit. La possibilité de naturaliser l'esprit va mettre en opposition le coté subjectif de la science. Les querelles vont très loin et sont très proches d'une certaine sacralité de la métaphysique devant les problèmes posés par la santé mentale. Ces guerres ne sont pas une polémique que les sociologues doivent se servir pour comprendre pour saisir ce que les sociétés mettent en œuvre pour comprendre l'être humain.
 Toutes les innovations ont conduit à comprendre une biologie authentique.

L'empathie dans le laboratoire des neurosciences
   L'empathie est propre au sentiment social humain. L'autisme est la pathologie la plus délicate entre neuroscience et psychanalyse. L'autisme est devenue une notion très large reprenant les personnes qui manquent d'empathie, uniquement dans la relation sociale. Le système du neuro-miroir quand le sujet observe un objet ou saisit l'objet. Ceci permettrait de résoudre beaucoup de problèmes à caractère sociologique. Il faut savoir que l'empathie est détruite en cas de discordance entre la réalité du récit et celui qui conte le récit, sauf en cas d'absence de contexte. 
   Pour le vérifier, on fait raconter des histoires courtes, tristes, neutres ou joyeuses par des acteurs qui présentent une expression triste, neutres ou joyeuses. On essaie d'analyser scientifiquement l'empathie que peuvent ressentir les spectateurs auxquels on a installé des systèmes permettant de voir l'imagerie du cerveau. A partir de là, on peut scientifiquement étudier la valeur de l'empathie. Les méthodes sont décrites très précisément mais avec des mots dont le caractère est peu précis et qui sont employés fréquemment.

   Naipaul, le prix Nobel,  se trouvait en Inde il y a une quarantaine d'années. Il avait très soif. Alors il fut étonné que personne ne vint à son aide en lui donnant à boire. Les indiens manqueraient-ils un tant soit peu d'empathie ? Non ! répond le sociologue, l'Inde étant basé sur un système de castes, personne de la caste de Naipaul ne s'étant trouvé là pour lui apporter une aide, il ne se passait rien.
   Le fait social est de nature institutionnelle alors que le fait adaptatif est de nature fonctionnelle.

   Dans le cas d'un procès pénal, il y a une différence entre l'anthropologue qui ne s'intéresse qu'à la position de chacun dans le tribunal (Juges, jurés, avocats) dans leur rôle dans la société et le psychologue qui s'intéresse au ressenti des protagonistes du procès. La relation entre les acteurs est le seul sujet d'institution qui n'est donc pas l'individu. S'intéresser à l'empathie du prévenu est une pure chimère du point de vue sociologique.

   C'est la grande erreur que d'assimiler la relation sociale qui est le fait à une notion d'homme total. L'institution est ce qui définit dans un premier temps avant d'autoriser ou d'interdire dans un deuxième temps.

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