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Copyright 2000-2010
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 25/08/2010
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le CML, le Collège
Méditerranéen des Libertés, propose dans le cadre de son cycle de
conférences
"Territoires ignorés 2008-2009"
Dany-Robert Dufour
a donné une conférence mardi 7 avril 2009 à la
Fac de Droit de Toulon
La crise et l'ampleur des
dégâts
Résumé de la conférence
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En collaboration : "Travail social et psychanalyse.
Malaises dans le travail social : actes cliniques, institutionnels,
politiques" Éd. Champ social |
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" Malaise dans le travail
social.
" c'est évidemment un clin d'œil au grand texte de Freud Malaise
clans la civilisation que nous ferions bien de relire par les temps qui
courent. Quelle est la nature de ce malaise dont le père de la
psychanalyse laisse à penser qu'il structure la nature même du lien
social ? Qu'en est-il des formes que prend le malaise actuel, dans nos
sociétés néolibérales ? Qu'en est-il plus spécifiquement de ceux, les
travailleurs du social, qui prennent de plein fouet les mille et un
avatars de ce malaise dans la rencontre des sujets qu'ils accompagnent ?
Autant de questions que le 2e Congrès " Travail Social et
Psychanalyse " organisé par Psychasoc en octobre 2007 est venu
soulever.
Joseph ROUZEL, Directeur de Psychasoc. |
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"Le divin marché. La révolution culturelle
libérale" Denoël |
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" Les vices privés font la
fortune publique " : cette formule aujourd'hui banale scandalisa
l'Europe des Lumières lorsqu'elle fut énoncée pour la première fois en
1704 par Bernard de Mandeville.
Pourtant. ce médecin, précurseur trop méconnu du libéralisme, ne
faisait qu'énoncer la morale perverse qui, au-delà de l'Occident, régit
aujourd'hui la planète. Elle est au cœur d'une nouvelle religion qui
semble désormais régner sans partage, celle du marché : si les
faiblesses individuelles contribuent aux richesses collectives, ne doit-on
pas privilégier les intérêts égoïstes de chacun ? En philosophe,
Dany-Robert Dufour poursuit dans cet ouvrage ses interrogations sur les évolutions
radicales de notre société. |
En présentant, en
autant de chapitres. les " dix commandements " inquiétants qui
résultent de la morale néolibérale aujourd'hui dominante. il analyse
les ébranlements qu'elle provoque dans tous les domaines : le rapport de
chacun à soi et à l'autre, à l'école. au politique, à l'économie et
à l'entreprise, au savoir, à la langue, à la Loi, à l'art, à
l'inconscient, etc. Et il démontre ainsi qu'une véritable révolution
culturelle est en cours.
Qui nous mènera jusqu'où ?. |
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"On achève bien les hommes. De quelques
conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu"
Denoël |
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D'où vient cet extraordinaire
besoin de croyance qu'on retrouve toujours et partout chez les hommes ?
L'auteur s'interroge en examinant ces figures historiques du divin qui
vont du Totem au Peuple et au Prolétariat en passant par la Physis des
Grecs et bien sûr, le Dieu des monothéismes.
II trouve une raison dans le " réel " à cette propension irrésistible
à s'aliéner à l'Autre. L'homme, en effet, est un être inachevé. De ce
manque dans sa nature, évoqué par tant de penseurs de Platon à Lacan,
la science apporte aujourd'hui la confirmation avec la théorie de la néoténie,
qui montre que l'homme, à la naissance, est un prématuré. |
Voilà
pourquoi, pour opérer sa subjectivation, il a besoin d'inventer des êtres
surnaturels auxquels il veut croire comme s'ils existaient vraiment.
Mais que se passe-t-il quand, comme aujourd'hui, on assiste à la "
mort de Dieu ", annoncée par Nietzsche il y a un siècle. L'être
humain, s'il n'est plus aliéné à un Autre, est-il désormais condamné
à la surenchère désespérée et désespérante des fondamentalismes, à
la dépression face à un monde désymbolisé ou encore à la tentation de
se recréer, mieux achevé, avec l'appui des technosciences ? Sommes-nous
ainsi en marche, au milieu du chaos religieux et de la déprime galopante,
vers une post-humanité ? L'espèce humaine est-elle même radicalement
menacée ? Des questions cruciales qu'on ne saurait examiner sans
parcourir des champs de connaissance très divers : l'anthropologie,
l'histoire, la philosophie politique, mais aussi l'esthétique et la
psychanalyse. |
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"L'art de réduire les têtes. Sur la nouvelle
servitude de l'homme libéré à l'ère du capitalisme total"
Denoël |
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Après l'enfer du nazisme et la
terreur du communisme, il est possible qu'une nouvelle catastrophe se
profile à l'horizon.
Cette fois, c'est le néo-libéralisme qui veut fabriquer à son tour un
" homme nouveau ". Tous les changements en cours, aussi bien
dans l'économie marchande que dans l'économie politique, l'économie
symbolique ou l'économie psychique, en témoignent. Le sujet critique de
Kant et le sujet névrotique de Freud nous avaient fourni à eux deux la
matrice du sujet de la modernité. La mort de ce sujet est déjà programmée
par la grande mutation du capitalisme contemporain. |
Déchu de sa faculté
de jugement, poussé à jouir sans entrave, cessant de se référer à
toute valeur absolue ou transcendantale, le nouvel " homme nouveau
" est en train d'apparaître au fur et à mesure que l'on entre dans
l'ère du " capitalisme total " sur la planète. C'est cette véritable
mutation anthropologique, et les conséquences pour le moins problématiques
sur la vie des hommes qu'elle implique, autrement dit ce que l'auteur
appelle " l'art de réduire les têtes ", qu'analyse cet
ouvrage.
L'auteur traite ainsi, en philosophe, des questions pratiques auxquelles
sont confrontés aujourd'hui les sociologues, les psychanalystes ou les spécialistes
de l'éducation. En s'interrogeant très concrètement sur l'avenir des
jeunes générations aux prises avec de nouvelles façons de consommer, de
s'informer, de s'éduquer, de travailler ou, plus généralement, de vivre
avec les autres. |
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"Le bégaiement des maîtres. Lacan, Benveniste,
Lévi-Strauss..." Éd. Archanes de Recherche Psychanalytique |
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Ce livre entraîne le lecteur
habitué des ouvrages de sciences humaines dans une aventure plutôt
jubilante.
Tout d'abord, il va sans retenue fouiller là où cela fait mal en vue
d'exhumer le point critique où les Maîtres de l'époque structuraliste
(Lacan, Benveniste, Jakobson, Lévi-Strauss . ) se sont mis à bégayer.
Ils n'auraient pas bégayé n'importe où, mais au moment exact de
produire un savoir décisif sur la langue ! De là, aurait pu se monter
une de ces rituelles entreprises d'extermination de " fausses "
sciences. |
Mais, loin de récuser
ce point instable et de l'imputer à nos aînés comme une regrettable
erreur théorique, ce livre en fait le point d'appui d'une facétieuse
traversée diagonale des sciences humaines où l'on rencontre. le stade du
miroir, les paradoxes de l'auto-référence, l'objet a, de la théologie négative,
l'Unheimliche (" l'inquiétante étrangeté " de Freud), la
logique illogique du mythe, la forme auto-subversive de la promesse, la
figure de l'hystérologie et bien d'autres étrangetés.
Deux compères, Logos et Sogol, mènent la danse; l'un retient et logicise
pendant que l'autre renverse les propositions et pousse au paradoxe. Et il
apparaît, chemin faisant, que les sciences -humaines, là où elles se
nouent entre inconscient, récit et énonciation, pourraient bien n'être
concevables qu'autour de cette part mal dite, inéliminable grain de folie
ou de sable qu'on ne cesse de vouloir rejeter.
Il s'agirait au bout du compte de figurer ce à quoi pourraient ressembler
des sciences humaines prenant au sérieux la division du sujet. |
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"Lettre sur la nature humaine à l'usage des
survivants" Calmann-Lévy |
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Ce livre, d'une écriture
jubilatoire, caustique, vive, est rédigé sous forme de lettres d'amour
à une " belle amie ", un peu à la manière de certains petits
traités du XVIIIe au ton voltairien.
Il traite de l'être humain en tant qu'espèce animale tout à fait
particulière : elle naît inachevée. Et cet inachèvement est ce qui va
lui permettre, paradoxalement, de dominer les autres espèces. Car, ayant
à assurer les moyens de sa survie autrement que par la force, l'espèce
humaine a inventé le savoir et l'amour en usant de ce langage dont elle
fut seule à se rendre maître. Ces lettres, en reparcourant l'histoire
humaine, nous interrogent sur les liens complexes et silencieux qui
unissent l'homme et l'animal et proposent une nouvelle vision de notre
rapport à la connaissance et à la jouissance. |
| Qu'en est-il
aujourd'hui où, grâce aux technosciences, l'espèce humaine se dote de
plus en plus de moyens pour sortir de son inachèvement ? Sommes-nous les
derniers hommes?. |
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"Folie et démocratie. Essai sur la forme
unaire" Gallimard |
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Dieu est mort, le Roi est mort,
le Peuple est mort, le Prolétariat est mort.
Nous les avons tués. Nous nous sommes libérés de la servitude
volontaire que nous nous étions toujours imposée à l'égard de ces
divinités avides. Mais nous nous retrouvons seuls avec nous-mêmes. Plus
personne ne nous sauvera. Plus personne ne nous protégera de notre folie
constitutrice. C'est la racine de cette folie que l'ouvrage s'attache à dégager.
Elle réside dans les vertigineuses formes unaires qui nous permettent de
parler et de penser, de dire je ou de nous situer dans l'espace et dans le
temps.
Les Dieux et leurs succédanés prenaient sur eux la solution de ces
illogismes qui nous fondent. |
| Dans le monde
de la démocratie de masse, nous les recevons de face, sans médiation et
sans issue. A quel prix allons-nous payer l'incomparable liberté dont
nous jouissons ?. |
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"Les instants décomposés"
Julliard |
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Histoire d'amour, thriller, récit
fantastique, conte musical et intrigue technico-scientifique, les
Instants décomposés sont aussi un roman philosophique qui nous
conduit au coeur d'un nouveau malaise dans la civilisation. |
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"Les mystères de la trinité" Gallimard |
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CONFÉRENCE La crise et l'ampleur des
dégâts
L'ultra-libéralisme fonctionne essentiellement à partir de deux idées :
- L'individu cherche son intérêt personnel.
- Le marché doit fournir tous les services marchands et tous les biens
pouvant assouvir toutes les appétences de tous.
Ce principe égoïste est présenté comme une certitude depuis une trentaine
d'années : les années Thatcher et Reagan. Ce récit dominant est rapporté,
colporté par tous, dirigeants du monde, médias... Ainsi donc, si l'intérêt
privé est suivi, c'est l'intérêt général qui est satisfait.
Or la crise actuelle démontre que l'égoïsme n'apporte pas forcément la
richesse. Les vices privés ne peuvent favoriser le bien public comme on tente
de nous le faire croire. Ces histoires que l'on tente de nous faire croire sont
savamment orchestrées à telle point que leur système est appris par les
étudiants en management et porte un nom : Le story telling management.
Dans la crise que nous traversons, les ardents défenseurs de ce
libéralisme, après avoir porté aux nues les bénéfices du vice, ils jurent
et promettent un avenir vertueux du système capitaliste. Le dogme de
l'ultra-libéralisme est entrain de s'effondrer. Les plus grands défenseurs de
ce système mangent leur chapeau ; après s'être félicités de la
privatisation des bénéfices, ils demandent et obtiennent la nationalisation
des pertes ! Voir à ce sujet les déclarations de Greensban, ex-directeur de la
Fed (Banque Centrale américaine).
Est-ce que les délits que l'on reproche aux banques (abus de biens sociaux,
prises illégales d'intérêts, corruption, délits d'initié...) sont-ils si
différents de ceux de la Mafia ? Il n'y a pas si longtemps, Michel Rocard,
alors qu'il n'avait plus aucune responsabilité politique, indiquait que les
malversations des banques et de certaines grandes entreprises s'apparentaient,
au vu des conséquences de leurs actions, à des crimes contre l'humanité.
Paradoxalement, l'invention du marché tel que nous le connaissons
aujourd'hui trouve sa source chez les théologiens. Au XVIIè siècle,
Mandeville (il a traduit en anglais les Fables de La Fontaine) explique, au
détour d'une fable intitulée La fable des abeilles, que le vice créé la
richesse. Dans une ruche où toutes les abeilles trichent, volent... leur
société est globalement prospère. Un jour, l'une des abeilles ayant des
remords sur sa conduite, décide et convainc ses congénères qu'elles doivent
avoir une vie plus vertueuse. Malheureusement, à la suite de cette vie plus
honnête, la ruche commence à dépérir. Cette fable prémisse des story
telling sera le point de départ du libéralisme théorisé par Adam Smith.
Puisque le marché auto-régulé fonctionne, il peut ainsi offrir la
satisfaction des désirs à tous. Le fantasme est total, que l'on soit riche ou
pauvre. Acheter le nouveau produit, le nouveau service permet d'atteindre le
plaisir permanent, de satisfaire un désir toujours insassouvi.
L'intervention de l'État a pu, un temps, limiter l'égoïsme privé. La
crise de 29 a pu se développé en raison de l'absence d'intervention de l'État
américain.
Qui peut croire qu'aujourd'hui les capitaux miraculeusement trouvés vont
pouvoir régler la crise ? Le capitalisme dérégulé n'a pas fait que mettre à
mal le capitalisme. Les capitalistes ne vise plus des buts industriels mais
essentiellement des buts financiers. L'affaiblissement du politique est la
conséquence de ces puissances ainsi que l'abandon du pacte républicain.
Le formatage industriel de la libido et son additivité est en opposition
totale avec l'esprit des Lumières qui devait mener l'être humain à
l'autonomie intellectuelle.
Il faut en finir avec l'idée de la croyance divine du laisser-faire peut
réguler une économie.
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