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Librairie Gaïa
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Dernière modif. : 13/05/2011

le CML, le Collège Méditerranéen des Libertés,  propose dans le cadre de son cycle de conférences

"Territoires ignorés 2008-2009"

Désirs de guerre... Espoirs de paix

En présence de

  • Daniel Lindenberg, historien Bibliographie

  • Biancamaria Bruno, rédactrice en chef de la revue Lettera Internazionale

  • Mohamed Tozy, politologue et anthropologue > Bibliographie

Table ronde animée par Thierry Fabre, rédacteur en chef de La Pensée de Midi > Bibliographie

à la Faculté de Droit de Toulon le mercredi 3 décembre 2008

Mohamed Tozi Daniel Lindenberg Thierry Fabre Biancamaria Bruno

   Désirs de guerre… Vérité obscène, sentiment obscur d’une violence qui monte, de part et d’autre de la Méditerranée , et qui n’est pas seulement symbolique. Elle pourrait tout emporter sur son passage… La force des choses nous conduit-elle là où l’on ne veut pas aller ? Le désir de guerre est-il inéluctable ? Que peut-on y opposer ? La “marge humaine” peut-elle encore retourner la courbe du temps et inspirer quelque espoir de paix ?

   C’est autour de ces questions que le nouveau numéro de La pensée de midi a été construit. Pour tenter d’explorer notre relation à la guerre, en particulier dans une Europe qui depuis plus de soixante ans n’en connaît plus l’expérience intime, brutale, saccageuse.

   Nous vous invitons à venir débattre de ces questions avec des auteurs du dossier invités en novembre et décembre prochain à Aix-en-Provence, Marseille et Toulon.

 

Résumé de la table ronde

   Le cœur de ce numéro de la "Pensée de Midi" est les relations entre l'Europe et l'Islam. On a diagnostiqué l'émergeance d'un désir de guerre. Il faut tenter d'expliquer les mécanismes qui amènent les jeunes à une violence extrême, tant contre eux-mêmes que contre les autres.
   Le 16 mai 2003, des jeunes issus des banlieues pauvres de Casablanca sont allés se faire exploser dans le centre ville. Les explications premières des marocains ont été de dire que les responsables de ces attentats venaient de l'extérieur du pays. Or la réalité montra que ces jeunes venaient du pays lui-même. Une autre explication a été de dire que la misère économique, sociale, culturelle les avait amenés à ces actes. Il faut déplacer ces repères unifactoriels vers une réponse plus complexe. Le Jihadisme a tendance à faire l'amalgame de la violence et de la religion. Il faut déplacer ces explications. Les raisons socio-économiques, si elles restent une réalité, demeurent véritablement insuffisantes.
   La théologie de la violence s’est constituée dans le centre de la religion lors de moments de successions politiques et elle n’a jamais été aussi présente qu’aujourd’hui, en tout cas depuis le XXè siècle.
   Dans le spectre de réaction au colonialisme, cette vue a été relativement peu étendue sauf en Algérie. La théologie dominante  de l’Islam est le salafisme qui en est l’une des lectures la  plus violente. Le salafisme construit une très grande violence contre soi-même.
   La dimension politique valorise la violence et une machine de guerre qui a autorisé la destruction de l’Union Soviétique, notamment en Afghanistan. Les premiers acteurs de ces guerres ont été les militants djihadistes. On a valorisé ces guerriers par une esthétique, un romantisme du guerrier lui-même, comme pour le Commandant Massoud. On pourrait le rapproché de l’image du "Che".
   Il est difficile de combattre ces mouvements en les discréditant. Il n’y a pas vraiment de mouvement positif en dehors de ces actions. Ceci est aussi dicté par un profond sentiment d’injustice qui n’arrive pas à s’exprimer autrement que par cette violence extrême. C’est une montée de la colère dans ces sociétés qui sont extrêmement jeunes.
   Il faut partir du 11 septembre pour comprendre l’évolution de ces discours. Lorsque George W. Bush dit dans un de ses derniers discours qu’il n’était pas préparé à la Guerre d’Irak, c’est en partie vrai dans la mesure où il avait été élu avec un programme moins interventionniste et plutôt isolationniste. 
   Le discours interventionniste est arrivé avec le 11 septembre. Depuis, avec les échecs militaires de l'Irak et de l'Afghanistan, un certain nombre de conservateurs ont rallié le camp de Barak Obama.
   Le problème des européens n'est pas de faire la guerre dans des territoires lointains face aux extrêmistes islamistes, mais plutôt de la faire sur place contre l'immigration arabe en Europe. La création du mot "Eurabia" en est un exemple. Les désirs de guerre sont représentés par la peur, la haine de l'arabe et du terrorisme. Il y a des formes de discours qui légitiment la violence.
   En Italie la situation politique est particulière. Les trois partis politiques de la droite italienne ont tendance à se fondre en un seul parti (On peut croire que de ce côté des Alpes, le principe est sensiblement le même -NDLR). L'insulte et l'anathème sont la base du discours politique italien. Pour l'italien moyen, l'immigré est plus le Rom que l'Arabe. Dans certaines villes italiennes, 30 % de la population est étrangère. Dans l'immédiate après-guerre, le traumatisme du fascisme est très présent. Le discours politique s'en ressent avec certains mots et certaines idées qui sont interdits. Or, actuellement ce discours a beaucoup évolué et les hommes politiques se permettent beaucoup d'écarts. Les masques tombent, les tabous n'existent plus... L'italien moyen est moins sensible au terrorisme, malgré les années de plomb liées aux Brigades Rouges qu'à l'insécurité quotidienne et aux petites incivilités.
   L'une des difficulté du monde actuel est le problème de sa compléxité. Il faut toujours se préparer à une confrontation.

   

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de l’année européenne du dialogue interculturel.

 

 

 

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