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Copyright 2000-2008
Librairie Gaïa
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Dernière modif. : 01/07/2008

Le Collège Méditerranéen des Libertés

Le 3ème Colloque 2006 du C.M.L. :  « Penser ce qui nous arrive»

Accueil         Laurent Bouvet      Boris Cyrulnik     Jacques Donzelot     Gérard Farjat      Jean-Claude Guillebaud      Pierre Hassner     Olivier Ihl     Jacques Le Goff       Fatiha Mennis       M.O. Padis      Jean-Pierre Rioux     

Pierre Hassner


Photo Librairie Gaïa

«Les incertitudes de l'ordre international.»

CONFÉRENCE

 

 

Pierre Hassner et Roland Marchal : "Guerres et sociétés. États et violence après la Guerre froide." Karthala

      Comment penser la guerre dans la période inaugurée en 1989 par la fin de la Guerre froide et l'expansion de la globalisation ? Faut-il y voir, avant la mobilisation contre le terrorisme qui suit le 11 septembre 2001, une scorie de la mondialisation libérale ? Ou, au contraire, la marque d'un désordre international pérenne, même si ses formes peuvent être plus ou moins nouvelles ? Quels en sont les effets sur la construction (ou la décomposition) de l'État, qu'ébranlent déjà certaines manifestations de la globalisation ? Bref, comment faire la part, dans la guerre et ses effets, du local et du global ? Pour répondre à ces interrogations ce livre propose une réflexion sur quelques dimensions essentielles des conflits armés après 1989. 
        État et globalisation suivent des cheminements tantôt parallèles tantôt confondus. Néanmoins, il est difficile d'établir une coupure radicale entre les formes des conflits qui précèdent ou suivent la dissolution des blocs. La prise en considération de la place de la guerre et de la violence dans certaines sociétés politiques comme celles des États-Unis, de l'Allemagne, d'Israël ou de la Russie débouche sur un double questionnement. D'une part, quant aux transformations sociales que la guerre induit, sans néanmoins qu'il s'agisse de faire de la violence l'accoucheuse de l'Histoire. D'autre part, sur la façon dont les conflits armés ont trait à la crise ou au contraire à la formation de l'État. Enfin, les mutations du système international après 1989 fournissent une dernière matière à réflexion, concernant notamment l'usage des sanctions, le rôle du droit et l'intervention d'acteurs non étatiques.

 

Pierre Hassner et Gilles Andréani : "Justifier la guerre ? De l'humanitaire au contre-terrorisme." Presses de Sciences Po

     A peine la menace de la Troisième Guerre mondiale s'est elle éloignée avec la fin de la guerre froide que la violence a refait surface sous différentes formes : guerres civiles, nettoyage ethnique, génocide, hyperterrorisme. Faut-il opposer la violence à la violence ? Quand, comment, au nom de quoi ? Des auteurs de différentes nationalités et de professions diverses - politologues, diplomates, juristes, historiens, philosophes - tous internationalement reconnus dans leur domaine, s'efforcent ici de répondre à ces interrogations capitales. L'ouvrage analyse la notion de moralité du recours à la force à travers la doctrine de la guerre juste et de son application éventuelle aux interventions humanitaires et à la construction de la paix. 
     Puis il aborde la question du contre-terrorisme et de ses rapports avec la guerre sur un plan historique et opérationnel, avant de débattre du problème de la légitimité internationale et des normes qui la régissent. En un temps où abondent les pouvoirs sans autorité et les autorités sans pouvoir, les auteurs en appellent à une éthique, une politique et des institutions provisoires pour temps de crise. Ce livre s'adresse à tous ceux qui sont concernés par les relations internationales et par l'actualité politique internationale.

 

Collectif dont Pierre Hassner : "La politique. Volume 3 : Bellicisme, terrorisme, machiavelisme, pacifisme. Avec 1 DVD"  M-Editer

      La guerre est un phénomène majeur de l'époque contemporaine qui a vu se déchaîner la violence de masse aussi bien à l'intérieur des nations (guerre civile) qu'entre les États, jusqu'à ce qu'elle devienne " mondiale " au siècle dernier et enrôle aujourd'hui les États démocratiques eux-mêmes sous la bannière d'un " Empire du bien " affrontant l'" Axe du mal " d'un terrorisme radical, avec pour horizon un " choc des civilisations " de plus en plus présenté comme étant inexorable, voire désirable. C'est dans un tel contexte, qui alimente un débat qui traverse les institutions internationales mais aussi mobilise les intellectuels et l'opinion publique de tous les pays, que ce livre veut donner à penser à propos d'un thème ("Guerre et paix") qui engage le sort de l'humanité, comme l'état du monde lui-même.

 

Pierre Hassner : "La terreur et l'empire. Tome 2 : La violence et la paix"  Seuil

        L'époque qui s'ouvre avec le 11 septembre pourrait combiner la brutalité et le primat de la puissance, qui caractérisaient la guerre froide, avec la fluidité, les incertitudes et les ambiguïtés de l'après-guerre froide. Des trois combinaisons historiques, celle de la division et de la dissuasion (guerre froide), celle de la guerre civile et de l'intervention internationale (les années 1990), celle de la terreur et de l'empire (l'après-11 septembre 2001), la dernière est sans doute la plus instable et, peut-être, la plus dangereuse. 
   Le précédent tome de La Violence et la Paix retraçait le basculement du monde bipolaire dans l'ère de l'après-guerre froide. La Terreur et l'Empire prolonge cette réflexion et donne la mesure des mutations actuelles en proposant un double éclairage.     
   Le premier revient sur la scène tragique des évènements et les logiques de ses acteurs (sociétés, États, systèmes inter- ou supranationaux). Le second introduit le lecteur dans les débats intellectuels contemporains (de Fukuyama à Kagan) et dans un dialogue avec les grands philosophes (de Thucydide à Nietzsche en passant par Hobbes et Kant). Ce double éclairage permet de comprendre le glissement de la "dialectique du bourgeois et du barbare" vers une véritable "géopolitique des passions".

 

Pierre Hassner : "La violence et la paix. De la bombe atomique au nettoyage ethnique"  Points Seuil

     Ce livre est un effort pour penser, à l'aube du XXIe siècle, ce qui a fait souvent, hélas, l'actualité historique du XXe siècle : les guerres, le totalitarisme, les nationalismes, l'expérience de la paix vouée à l'échec, la violence persistante après la chute du nazisme et du communisme et la fin de la guerre froide. Ce siècle a oscillé continuellement, pour le meilleur parfois, pour le pire la plupart du temps, entre recherche de l'identité et désir de l'universel. Pierre Hassner montre les liens dialectiques qui relient tous ces thèmes, leur interdépendance, qui rend si difficile le discernement des individus et la décision des politiques. Les guerres et la violence, mais aussi la paix ont changé de nature.
    Nous n'avons pas à être nécessairement pessimistes, mais, comme le dit Paul Valéry, " nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ", que nous sommes meurtrières, que nous pouvons être suicidaires, faudrait-il ajouter. Civilisation ou barbarie au XXIe siècle ? La réponse dépendra de notre capacité de secourir les victimes, de secouer l'ignorance et l'indifférence d'un Occident satisfait.

 

 

Pierre Hassner et Justin Vaïsse :
"Washington et le monde. Dilemmes d'une superpuissance."
Autrement

 

CONFÉRENCE

«Les incertitudes de l'ordre international.»


   Nous sommes arrivés à un moment où la foi au progrès a pris un sérieux coup. Le déclin est à la "mode", notamment pour l'Union Européenne. Il y a déclin des idéologies. Tout le monde voit les limites du libéralisme. Est-ce que le premier vaincu, le fascisme, ne peut-il pas revenir ? 
   Si le XXè siècle a été celui des certitudes et des simplifications, on entre dans un monde effrayant et incertain, on se demande s'il n'y a pas intrusion de phénomènes non politiques, tels que des évènements climatiques, qui échappent aux politiques.
   Y a-t-il toujours un ordre ? Est-il juste, hiérarchique, égalitaire ? Il est difficile de le voir dans nos sociétés.
   Il y a une course entre terrorisme et tourisme. Les exemples sont nombreux pour montrer ces contradictions, ces antagonismes.
   Si les guerres de religion montrent le bout de leur nez, l'évolution de la science n'aura jamais été aussi forte. L'embourgeoisement de la barbarie et la barbarie du bourgeois sont bien de véritables tendances. 
   Pendant la guerre froide, il y avait une grande stabilité. Si c'était vrai dans l'axe Est-Ouest, ça ne l'était certainement pas l'axe Nord-Sud. Puis, après la chute du Mur, pour les Grands, fallait-il s'inquiéter de la périphérie ? Après 1989, la paix est devenue un peu moins impossible, la guerre un peu moins improbable. La solidarité internationale reculait au profit d'idéologies plus absolutistes.
   L'impopularité des États-Unis, à cause de la guerre en Irak, a démontré l'impuissance de la victoire.
   Il y a un retour de la géopolitique traditionnelle depuis. Qui de la Chine ou d'Al Quaida, pour les États-Unis, est-il de plus dangereux ?
    Si la bipolarité était le souhait de Chirac, à la place de la Russie ou du Japon, on a vu arriver la Chine et l'Inde.
   Par le sentiment de vulnérabilité et la volonté d'éradiquer le terrorisme, les États-Unis ont  du changer de point de vue.
   Quels sont les phénomènes nouveaux qui provoquent les conflits ? Les moyens de communication, la libération des échanges commerciaux et financiers ont impliqué que les barrières n'existent pas.
   La guerre asymétrique a tendance à diminuer : la puissance militaire brute ne peut plus s'exercer normalement. Par exemple, la guerre contre le Hezbollah a été perdue par Israël sur tous les tableaux : la crédibilité et les buts de guerre.

   L'Europe doit pouvoir assurer sa sécurité sans laisser sur le bord la réciprocité et l'ouverture.