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Dernière modif. : 03/02/2014

Le Collège Méditerranéen des Libertés

Le 3ème Colloque 2006 du C.M.L. :  « Penser ce qui nous arrive»

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Olivier Ihl


Photo Librairie Gaïa

«La démocratie française en panne»

CONFÉRENCE

 

Olivier Ihl, professeur de science politique à l'IEP de Grenoble, est un spécialiste de sociologie historique.

Olivier Ihl : "Les sciences de l'action publique" Presses Universitaires de Grenoble

      Quelle place tes savoirs produits par la science politique tiennent-ils dans te gouvernement des hommes et des territoires ? Comment ces outils d'analyse sont-ils mobilisés concrètement par les pouvoirs publics ou les groupes d'intérêt ? Par qui sont-ils certifiés et sous quelles conditions ? En retour, quelle incidence a cette instrumentatisation sur la nature et le statut des laboratoires où s'élaborent ces concepts politiques ? Dans l'Europe contemporaine, jamais ces questions n'ont paru si sensibles. IL est vrai qu'une véritable industrie des " études " et " expertises " s'est développée. Longtemps cantonnée à la fonction Recherche des administrations nationales, la voilà qui s'organise dans et autour des institutions européennes : Conseil de l'Europe, Commission, Banque centrale européenne, Parlement, Cour de Justice, etc. Phénomène entièrement nouveau ? Sans doute pas. Que la recherche scientifique participe des processus de régulation publique est un fait ancien. Pourtant tes formes prises par cette " participation " appellent de nos jours une réflexion spécifique.
     Invoquées ou contestées, elles sont au cœur des controverses sur les façons d'administrer la Cité. Défendues par les uns comme un garde-fou contre la démagogie et le populisme, elles sont attaquées par les autres comme mettant en péril les règles de la représentation politique, voire comme une manière de " confisquer " la décision publique. Derrière ce débat, une question se pose : comment les savoirs de l'action publique hérités des Trente Glorieuses se sont-ils recomposés notamment sous la double action de t'européanisation des politiques publiques et de la redéfinition du rôle de l'État face au marché ? Quelles figures du pouvoir sont associées à cette transformation fondamentale, celle du passage d'un monopole étatique à une pluralité de systèmes d'action publique, celle de rapports renouvelés entre ingénierie de gouvernement, sciences sociales et action politique.

 

Olivier Ihl en collaboration avec M. Kaluzynski et Gilles Pollet : "Les siences de gouvernement"  Économica

     Depuis le début du XIXe siècle, ce n'est plus le secret qui légitime les " arts de gouvernement " en Europe. C'est la science. Élections, colonies, propagande, état civil, hygiène, risques naturels : les territoires de cette revendication, promue nouveau Graal de la raison bureaucratique, ont donné naissance à des savoirs de plus en plus professionnalisés. Ce sont d'eux que viennent en droite ligne les " expertises " qui aujourd'hui encore trament l'administration du politique. S'intéresser, comme y invite cet ouvrage, à ces savoirs mais aussi à ces figures, revues, théories ou disciplines aujourd'hui sans sépulture, ce n'est pas céder à une passion érudite. C'est œuvrer à une histoire sociale celle des registres de scientificité dont s'est continûment enorgueillie la conduite du pouvoir politique. C'est se donner les moyens d'interroger les instruments de connaissance et de légitimation par lesquels se font puis se défont les modèles d'action gouvernementale, ceux qui ont accompagné l'extension des interventions de l'État. 
      Car ces " sciences de gouvernement ", qu'elles soient oubliées ou toujours actuelles, décriées ou pourvues de titres académiques, n'ont cessé d'apporter de la majesté au politique. Un éclat d'objectivité dont se targuent toujours les pratiques du gouvernement de la Cité.

 

Olivier Ihl : "Le vote"  Montchétien

     La supériorité du vote est de nos jours proclamée par toutes les chartes constitutionnelles. Mieux : elle est célébrée comme un modèle universel d'accès au bien commun. Mais que savons-nous au Juste de cette procédure de désignation ? D'où vient-elle et comment s'est-elle imposée ? Pourquoi la lutte politique a-t-elle pris la forme qu'on lui connaît, celle d'une compétition entre des structures spécialisées dans la conquête et la conservation des mandats ? Quels sont les fondements de cette " démocratie électorale " ? Quels sont les instruments, les procédures, les savoir-faire qui concrètement la rendent possible ? En quoi le bulletin de vote peut-il être tenu pour le verdict d'une opinion ? Où en est la " science " électorale en cette fin de siècle ? Voilà quelques-unes des interrogations auxquelles invite cet ouvrage. Alors que les sirènes du temps inciteraient plutôt à psalmodier, par exemple que " La démocratie, c'est l'élection plus les partis " comme on disait autrefois " Le communisme, c'est l'électricité plus les soviets ", un pari est ici relevé : restituer à l'acte du vote toute sa richesse historique et politique.
     Traverser l'espace et le temps pour rendre compte des multiples expériences que ce rite politique a abritées, depuis la Grèce ou la Rome antiques jusqu'aux campagnes " high tech " des récentes élections présidentielles américaines. Une manière de faire mieux connaissance avec une institution devenue à ce point familière qu'elle nous paraît souvent invisible : l'institution électorale.

 

Olivier Ihl : "La fête républicaine" Gallimard (Bibl. des histoires)

     La République, surtout dans la période fondatrice de la Troisième, a été fertile en célébrations ; il suffit de songer au 14 Juillet. Mais la fête républicaine, toute hantée qu'elle soit par les grands souvenirs de la Révolution, par son répertoire de dates, de chants, d'emblèmes et de héros, a ajouté ses propres difficultés et contraintes à celles que Mona Ozouf - à qui revenait de présenter cette étude - avait naguère mises en lumière pour la fête révolutionnaire. Solennité à caractère religieux et même franchement catholique ? Liturgie civique d'inspiration protestante ? Culte patriotique avec saints et martyrs ? C'est une quatrième formule qui a fini par l'emporter, celle de Jules Ferry : une communion citoyenne individualiste et laïque. Non sans débats de doctrine et même de philosophie qu'Olivier Ihl restitue dans leurs richesses et leurs subtilités. Mais le mérite et l'originalité de cet ouvrage sont de doubler cette interrogation théorique de l'identité républicaine d'une plongée dans les profondeurs provinciales et, loin des grandes scénographies parisiennes, de s'établir au village, après Maurice Agullion pour suivre le maire à l'époque où pavoiser, c'était soutenir la candidature de la République. 
      De nos jours où la ferveur des solennités paraît si difficile à ranimer, la longue histoire que nous fait revivre l'auteur suggère comment, de cette forme de vote politique pour la République, le vrai jour de fête est devenu, en définitive, le jour même du vote et des élections.

 

Olivier Ihl en collaboration avec J.W. Derymez et G. Sabatier : "Un cérémonial politique. Les voyages officiels des chefs d'État"  L'Harmattan

     Les voyages des chefs d'État forment une singulière pratique politique. Développant une image de puissance et de fastes, ils sont au cœur d'un processus de légitimation à la fois familier et méconnu. Par des spectacles allégoriques, un décor soigneusement préparé, des réceptions officielles, des discours prononcés selon une étiquette implacable, ces mises en scène font plus qu'attribuer une parure symbolique au politique : elles en font voir et vivre l'éloquente majesté. Comme si pour s'exercer, le pouvoir du chef d'État avait, plus que d'autres, besoin d'être vu. Comme si le crédit de cette institution dépendait étroitement de démonstrations rituelles confirmant aux yeux de tous l'éclat d'une fonction, d'un rang ou d'une série d'attributions. Encore convient-il de comprendre la naissance et le développement de cette véritable souveraineté déambulatoire. C'est là le but que se sont fixé les auteurs de cet ouvrage. 
     Avec plusieurs questions au cœur de leur réflexion : - d'où vient la force expressive attribuée et reconnue au voyage officiel du chef d'État ? - quel visage la mécanique spectaculaire des voyages a-t-elle pris depuis la fin du XVIIIe siècle ? - quelles relations peut-on établir entre ces déplacements et les régimes politiques qu'ils incarnent et représentent ? - comment ces rites politiques structurent les croyances publiques au point de paraître consacrer la grandeur de ceux qui s'en réclament ? - comment cette pratique des voyages a-t-elle pu s'autonomiser au point de devenir une institution à part entière ? Une manière, en somme, de mettre au grand jour l'action de ces poses de la grandeur d'État qui lient un homme à un régime, une figure à des institutions, un visage à une abstraction.

 

CONFÉRENCE

«La démocratie française en panne»

 

   13 mai 2007, 19H59 : le suspense est à son comble. On commence à deviner quel sera le visage du (de la) futur(e) président(e) de la république française. On a un petit frisson face à celui du souvenir de la soirée de 2002.

   Le constat est répétitif et désespérant de l'agonie de la démocratie française. Aucune idée pour remédier à cette état de fait... le concours du prix de l'orgueil.
   La France n'est sans doute plus une démocratie. Le lien entre l'expression des suffrages et le pouvoir est en question.
   L'un des derniers symptômes qui inquiète, c'est la dissolution ratée de l'actuel Président. Voila un homme qui se déclare gaulliste, qui n'a jamais voulu vérifier le lien qui existe entre le pouvoir et le peuple. Ceci est la première brèche.
   Le 21 avril 2002, c'est 14 millions d'abstentionnistes (rejet du sens électoral), c'est aussi 6 millions de personnes qui se donnent à l'extrême droite parmi... 18 candidats. Plus grave encore, en juin 1981, les quatre partis représentent 96 % de l'électorat. En 1982, ces partis ne totalisent plus que 45 % !
   Il y a une déprime électorale : les partis ne représentent plus la population. Le Président a réuni moins d'une voix sur dix de Français en âge de voter. Sa représentativité est d'une faiblesse totale.
   Lors des élections régionales, la quasi-totalité des régions a basculé dans un seul parti. Est-ce un motif de satisfaction.
   Le 29 mai 2005 : ratification du traité de l'Union Européenne : 15 millions de voix vont s'opposer aux partis de gouvernement. Le lien n'est pas clair entre la démocratie électorale et le pouvoir. 
   L'impunité politique, y compris celle du chef de l'État, organise l'irresponsabilité des politiques. L'isolement et l'enfermement des dirigeants démontrent que la politique est un métier, l'âge élevé, l'absence de représentativité. Tout ceci s'explique par les écoles de formation.
   Les parlements sont ligotés. Le cumul des mandats participe au dysfonctionnement de la démocratie.
   On ne parlera pas, lors des prochaines élections, des vrais problèmes.

   Il faudrait :

   - Rendre le 1er ministre responsable devant l'Assemblée Nationale.
   - Le Parlement pourrait évaluer les politiques publiques.
   - La Commission des Finances devrait être donnée aux leaders de l'opposition.
   - Contrôle par le Parlement de la diplomatie française.
   - Mandat unique pour les parlementaires.
   - Élection du Sénat à la proportionnelle pour six ans.
   - Possibilité d'organiser un référendum d'initiative populaire sous contrôle du Conseil Constitutionnel.
   - Droit de pétition élargi permettant de déposer des propositions de lois à l'Assemblée Nationale.