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Dernière modif. : 03/02/2014

Le Collège Méditerranéen des Libertés

Le 3ème Colloque 2006 du C.M.L. :  « Penser ce qui nous arrive»

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Jean-Claude Guillebaud


Photo Librairie Gaïa

«Transmettre, inventer : éloge paradoxal de l'institution»

CONFÉRENCE

Jean-Claude Guillebaud était venu faire une conférence le 8 novembre 2005 

    Jean-Claude Guillebaud est écrivain et journaliste. Il est également directeur de collection aux Éditions du Seuil. Plusieurs fois récompensé pour son travail de journaliste, il a été, entre autres, grand reporter au journal Le Monde, a été l'un des fondateurs de " Reporters sans Frontières " et exerce toujours son métier de journaliste au Nouvel Observateur.

Jean-Claude Guillebaud en collaboration avec Alain Finkielkraut et François Dosse : "La mémoire, pour quoi faire ?"  Éditions de l'Atelier

     Mémoire de la Shoah, mémoire de l'esclavage, mémoire du colonialisme... À quoi sert ce retour sur le passé ? À reconnaître les préjudices subis et les crimes commis ? Mais cela peut-il éviter qu'ils se reproduisent ? Le devoir de mémoire entrave-t-il la liberté de l'historien ? Pour Alain Houziaux, faire mémoire conduit à rester figé dans le passé. Au contraire, se souvenir peut provoquer un changement de comportement qui incite à la responsabilité pour aujourd'hui et demain. La manie commémorative, constate Jean-Claude Guillebaud, révèle l'absence tragique de croyance en l'avenir. Pour Alain Finkielkraut, nous vivons sous la dictature du présent. Privilégier la mémoire du crime fait oublier les leçons positives du passé. Pourquoi donc faire mémoire ? François Dosse le dit : pour lutter contre l'oubli, mais aussi pour pouvoir oublier ce qui empêche de vivre et de créer.

 

"La force de conviction" Ed. du Seuil

Nul homme ne peut vivre sans croyance. Aucune société humaine ne peut survivre sans une conviction minimale qui la maintienne debout. Or, en ce début de millénaire, une violence nouvelle semble avoir envahi le monde. Un peu partout, des fanatismes se déchaînent, des assassins tuent et terrorisent au nom de Dieu. Hier, c'est au nom de l'idéologie qu'ils le faisaient. Une folie paraît s'attacher, décidément, à toutes les croyances. Elle nous fait horreur. Dans le même temps, nous sentons rôder autour de nous le désabusement général. Un doute délétère nous habite. Le XXIe siècle, avec ses massacres et ses désastres, nous a appris à nous méfier des adhésions rassembleuses et des utopies. Nous voudrions bien croire encore, mais à quoi? Nous errons entre intolérance et désenchantement, crédulité et cynisme. Quelque chose paraît s'être détraqué dans notre capacité de conviction.

Ainsi la grande question devient-elle aujourd'hui celle du croire, et de ses diverses pathologies. Cette question déborde largement le cadre du religieux et de son prétendu "retour ".
Ailleurs aussi, des dogmatismes et des cléricalismes menacent, d'autant plus redoutables qu'ils se présentent comme des savoirs. En politique ou en économie, dans la science ou dans la religion, il nous faut réapprendre à distinguer la croyance aveugle de la conviction raisonnable, la pure crédulité de la détermination réfléchie. C'est à cette patiente et minutieuse interrogation que nous invite ce livre: à quoi pouvons-nous croire?

 

"L'entreprise contre la pauvreté. La dernière chance du libéralisme" Ed. Autrement

Un dirigeant d'entreprise engagé contre la pauvreté. Jacques Baratier nous rappelle que la vocation de l'entreprise est de libérer l'homme de la pauvreté et d'assurer son développement en créant des richesses. Quatre années de lutte contre l'oppression nazie, quarante de management d'entreprises, vingt consacrées à lutter contre la pauvreté grâce à l'association Agrisud qu'il a fondée et dotée d'une partie de son patrimoine... L'expérience de Jacques Baratier le conduit à remettre les choses à leur place : l'objectif de l'économie est d'ordonner au service de l'homme les richesses et les relations humaines créées par l'entreprise.
 Les 53 000 emplois et les 12 000 micro-entreprises créés par Agrisud en Afrique et en Asie sont la preuve expérimentale que cet objectif peut être atteint. Mais la crise du libéralisme a renversé l'ordre des choses. Le livre dénonce les fourvoiements destructeurs de l'idéologie néolibérale l'entreprise travaillant contre les emplois, créant la richesse des uns, engendrant la pauvreté pour les autres, au nom de la prétendue loi supérieure du marché et de la concurrence. Conclusion : non seulement on peut créer de la richesse autrement, mais la lutte contre la pauvreté est la clé de la croissance. Un cri de colère contre le monde économique et politique néolibéral tel qu'il va, et un message d'encouragement.

 

"L'homme est-il en voie de disparition ?" Ed. de Fides

" Nous vivons aujourd'hui une rupture si radicale que l'idée d'apocalypse parfois effleure chacun de nous en ce début de troisième millénaire. Ces immenses changements nous renvoient à des périodes historiques aussi capitales que l'effondrement de l'Empire romain, la Renaissance, les Lumières ou la Révolution industrielle, périodes qui ont toutes accouché d'un monde nouveau. Mais nous avons du mal, pour l'instant, à saisir le sens du tourbillon planétaire qui nous entraîne cette fois-ci. Il est proprement vertigineux. Ainsi fait-il naître en nous plus de craintes obscures que d'espérances articulées, plus de peur que de confiance, plus de questions que - pour l'instant - ne peut en saisir notre entendement. "

 

"Le goût de l'avenir"  Points Seuil

Sans le savoir, nous sommes déjà entrés dans un nouveau monde. Nous avons du mal à penser véritablement la prodigieuse mutation anthropologique et historique dont nous sommes les témoins inquiets. Nous nous sentons de moins en moins capables d'agir sur le cours des choses. C'est contre ce nouveau fatalisme que ce livre entend réagir. Pour retrouver le goût de l'avenir, refonder la démocratie, reprendre possession de notre destin, il faut tenter de penser autrement les grandes contradictions contemporaines : la transgression opposée à la limite, l'individualisme brisant le lien, l'innocence préférée à la responsabilité ou encore la croyance affaiblie qui ne donne plus sens au savoir. Contre les pugilats dépassés et les manichéismes exterminateurs, ce sont autant de chemins nouveaux qu'il s'agit de tracer. Ou d'ouvrir.

 

"Le principe d'humanité"  Points Seuil

Il nous arrive quelque chose d'incroyable : les deux valeurs que nous célébrons et convoquons sans relâche, l'humanité et l'homme lui-même, sont aujourd'hui minées et menacées dans leurs fondements. Une sourde inquiétude habite, à mots couverts, les innombrables débats et querelles que font surgir les trois révolutions - économique, numérique, génétique - qui nous assiègent et dont les effets se conjuguent. Saurons-nous encore définir - et défendre - l'irréductible humanité de l'homme ? C'est à cette immense question que tente de répondre ce livre. Etablissant, sans volonté polémique, un état des connaissances à ce sujet, revisitant les différents savoirs concernés, ces pages essaient de redéfinir clairement le " principe d'humanité " sans lequel il n'est d'autre avenir que barbare.

 

"L'esprit du lieu"  Arléa

Ce livre rassemble des textes venus du bout du monde : Katmandou, l'Islande, la Haute-Egypte, San Francisco, Beyrouth, Prague, Sao Paulo, Istanbul... Une même question - et un même plaisir- habite ces pages : qu'est-ce qui me parle, soudain, dans ces lointains énigmatiques, lorsque, comme le disait Aragon " J'arrive où je suis étranger " ? N'existe-t-il pas un esprit du lieu que tout voyageur chercherait obstinément à reconnaître ? Avec le recul, lorsque sont oubliés les rudesses du voyage et tout le superflu, quelque chose d'indicible demeure au tréfonds de nous. C'est l'harmonie que dispense un ciel différent, une confidence recueillie dans une foule africaine, un message engrangé sur un trottoir d'Orient... Là-bas, les hommes ont construit avec le monde un rapport particulier ; là-bas, ils entretiennent avec la vie et la mort un commerce à nul autre pareil. Fruit de vingt années de voyage, ces pages, on le verra, ne parlent que de bonheur et d'espace.

 

"La refondation du monde"   Points Seuil

Dans ce qui habite aujourd'hui l'air du temps, quelque chose sonne faux. Faut-il nous résigner à la fin des pensées cohérentes, au règne versatile de la démocratie d'opinion, aux pesanteurs du marché ? Derrière ce bric-à-brac, nous devinons des formes nouvelles de domination, des inégalités accentuées, un principe d'humanité qui fait naufrage. C'est à une patiente refondation que nous convie Jean-Claude Guillebaud. L'idée de progrès, l'égalité, la raison, l'universalité, l'individu, la justice... Chacune de ces valeurs possède une histoire et une fragilité spécifique. Seul le rapatriement de cette histoire, enracinée dans la pensée grecque, le judaïsme et le christianisme, permet de comprendre quelle sorte de barbarie nous menace. Refonder le monde, c'est redéfinir loyalement ce à quoi nous croyons et vers quel futur nous marchons.

 

"Où va le monde ?"    Ed. du Tricorne

Sans passé ni projet, le monde est inquiet, "pour six raisons", habité par l'espérance ou la mélancolie. Relisons Ellul ou Jankélévitch (la nostalgie). Face à l'apothéose du touriste et de l'argent, on peut haïr l'identité mondialiste. Il faut résister au désenchantement et retrouver le sens.

 

"La tyrannie du plaisir"

Poser clairement la question de la morale sexuelle - c'est-à-dire de la place de l'interdit - dans une société moderne, telle est l'ambition de ce livre. Depuis près d'une génération, nous vivions dans l'illusion que cette question ne se posait plus. Aujourd'hui, l'illusion se dissipe, mais un étrange et tumultueux désarroi la remplace. Nos débats, à ce sujet, s'enferment dans une alternative que je refuse : permissivité claironnante ou moralisme nostalgique. Je voudrais, pour ma part, mettre à plat les principales données, tout en rectifiant les mille contre-vérités qui sont si souvent répandues dès qu'il s'agit de sexe. J'ai donc pris le pari de revisiter les différents savoirs ayant trait à cette question, avec le maximum d'attention et le souci constant de " produire mes preuves ".

 

"La traversée du monde"  Arléa

Vingt ans de voyages et d'écriture... Grand reporter devenu écrivain à part entière, " arpenteur de terres et sondeur d'âmes ", Jean-Claude Guillebaud n'a cessé de traverser le monde. Sept livres auront jalonné ces deux décennies vagabondes. Plusieurs ont fait date et, en matière de littérature de voyage, font aujourd'hui référence. On les trouvera réunis ici sous le parrainage de Jean Lacouture, qui, en aîné, salue chez Guillebaud cette matière allègre de garder " l'œil net et la plume libre ".

 

"La porte des larmes, retour vers l'Abyssinie"   Seuil

"Retour, mais vers quoi ? Revenir sur ses pas, mais dans quel but ? La vérité est que tous deux avons partie liée depuis longtemps avec ces confins de l'Afrique et de l'Arabie; cette Corne fameuse qui, des sables de Mersa Tekle au cap des Aromates, des splendeurs haut perchées du Wollo abyssin aux sauvageries bantoues de la vallée de l'Omo, dessine comme un accent circonflexe coiffant l'Afrique orientale. A chacun son initiation. La mienne fut éthiopienne. Et cruelle : le monde était effectivement méchant. On pouvait y mourir au pied des maisons où festoyaient les riches. Pendant dix années au moins, cette Corne fut, pour moi, le canton privilégié d'une géographie personnelle, quelque chose comme un secret personnel, un lieu fondateur où je reviens sans cesse.
 Dix fois, quinze fois ... Aucun ailleurs, nulle partie du monde, aucun lieu ne compta dans ma vie autant que celui-là. J'ai toujours su qu'un jour je repartirais vers l'Abyssinie." J.-C. G.

"Longtemps après ma première visite en Ethiopie, j'ai gardé une joie douce et un peu mystérieuse en pensant à ce pays unique, pudique et mélancolique. C'était au milieu des années soixante. Je suivais la reine Elisabeth en visite officielle dans cette Abyssinie féodale. Par la suite, les voyages ne furent que prétextes pour retrouver cette sensation et revoir cette Ethiopie. Aujourd'hui, en remontant la route historique, ma nostalgie a disparu. J'ai découvert un pays en paix, un pays nouveau, enfin débarrassé de son passé douloureux." R.D.

 

"Le voyage à Keren" Arléa

" Un récit superbe, qui n'a pas seulement le mérite de rajeunir l'éternelle figure de l'intellectuel en mal d'action. il est à classer d'office au Gotha littéraire de la mer Rouge : sur le désert innommable et sublime de Guillebaud maraudent encore les âmes, elles aussi brûlées en ces parages, de Nizan et de Gary ".

 

"Sur la route des croisades"   Points Seuil

En prêchant la première croisade, le 27 novembre 1095, le pape Urbain II lance la chrétienté dans une formidable aventure qui soulève les foules, nobles et paysans, prêtres et commerçants, galvanisés par la foi ou l'appât du gain. Jean Claude Guillebaud a refait ce voyage en dix-huit étapes à travers onze pays, confronté passé-présent, interrogé la mémoire toujours vive de cette épopée dont les traces se retrouvent, aujourd'hui encore, dans l'inconscient des peuples et dans l'actuel partage du monde.

 

CONFÉRENCE

«Transmettre, inventer : éloge paradoxal de l'institution»

 

   La liberté est aussi la liberté de dire des âneries... en pensée au fait qu'un philosophe soit menacé de mort pour s'être exprimé.

   Karl Jaspers expliquait que le monde pouvait à un certain moment basculé autour de son axe, comme la chute de l'Empire Romain, la Renaissance ou la période actuelle qui est aussi une période axiale depuis une vingtaine d'années. C'est important de le souligner en regard des petits soubresauts de la politique.
   Si tout le monde a peur, c'est aussi parce que nul ne comprend ce qui se passe, pas plus que les contemporains de Saint Augustin ou ceux de Montaigne.
   Chez tout être humain, toute inquiétude génère des précautions en croyant que va continuer comme avant sans vouloir regarder le vide autour de soi.
   L'institution (la famille, la religion, l'armée, l'administration...) est soumise à une critique radicale et sans nuances. Ceci est trop radicale et trop simpliste.
   Carlos Castoriadis disant qu'une société disait qu'une société devait partager des adhésions collectives. Elles ne sont pas construites. Les institutions sont les lieux où se discutent, où s'instituent les croyances. La critique radicale de l'institution oublie le lieu même où se construisent ces adhésions qui nous protègent. Paradoxalement c'est le lieu qui nous menace.
   Nous avons autant besoin des institutions que de les combattre : les institutions sont les lieux où naît la culture.
   Quoi de plus détestable que : l'esprit de famille, la raison d'État, la ligne du Parti... Il existe de nombreux exemples où l'institution peut faire passer sa sauvegarde avant la vérité. L'exemple du silence de Pie XII sur l'holocauste pour préserver les intérêts de l'Église, où celui de l'Armée vis à vis de l'affaire Dreyfus...
   De la même manière, on ne peut devenir un homme qu'en se révoltant contre la famille alors qu'elle est nécessaire pour faire le développement de l'enfant jusqu'à l'homme.
   Il est tout aussi inquiétant de vouloir faire des institutions une citadelle en attendant que l'orage passe, que la mutation se fasse, que de vouloir faire "table rase". Le début autour de l'institution est inséparable de la notion de transgression et de la notion de limite. Il faut marcher entre les deux alors que la bêtise moderne est de vouloir mettre la transgression est au centre. Demander le droit de transgression pour évaluer sa responsabilité.
   Il faudrait enlever du début la notion de l'optimisme et du pessimisme partout où l'avenir est incertain et dangereux. Mais est-on déterminé ?