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Dernière modif. : 11/07/2010
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Le Collège
Méditerranéen des Libertés
Le 3ème Colloque 2006 du C.M.L. : « Penser ce qui nous arrive»
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Laurent Bouvet
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Cyrulnik Jacques Donzelot
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Padis Jean-Pierre Rioux
Jacques Donzelot

Photo Librairie Gaïa
«Une anthropologie urbaine de la société
contemporaine»
CONFÉRENCE
Jacques Donzelot est reconnu comme l'un des meilleurs spécialistes
des questions sociales et urbaines
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Jacques Donzelot : "Quand la ville se défait.
Quelle politique face à la crise des banlieues ?" Seuil |
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"
Racaille ! " : un mot du ministre de l'Intérieur, que pourtant les
jeunes des banlieues s'appliquent par dérision à eux-mêmes, a suffi
pour provoquer trois semaines d'émeutes en novembre 2005. Jacques
Donzelot tente de comprendre comment on en est arrivé là. Il rappelle
comment les banlieues ont été conçues, dans les années 50, lorsqu'on a
voulu moderniser la société par l'urbain en construisant des grands
ensembles offrant à tous, de l'ouvrier à l'ingénieur, les mêmes
conditions d'hygiène et de confort. Comment ce rêve s'est effondré dans
les années 70, quand ces " cités " sont devenues synonymes
d'une relégation des plus pauvres, le lieu qui symbolise la "
mondialisation par le bas ". |
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Comment la politique de la ville a ensuite échoué dans sa prétention à
transformer cette situation. Parce qu'elle s'est plus préoccupée de
transformer les lieux que d'accroître la " capacité de pouvoir
" des gens dans leur vie. Parce qu'elle s'emploie vainement à
imposer une mixité sur place plutôt qu'à faciliter la mobilité sociale
de tous dans la ville. Parce qu'elle prend appui sur le pouvoir des élus
locaux plutôt que de travailler à créer une démocratie à échelle de
l'agglomération. |
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Jacques Donzelot : "La police des
familles" Minuit |
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La famille, agent naturel de reproduction de l'ordre établi ? C'était sûrement
le cas sous l'Ancien Régime quand le père de famille recevait la
garantie effective de son pouvoir par le souverain auquel il assurait en
retour l'obéissance de ses sujets. Mais, dès le milieu du XVIIIe siècle,
cet équilibre se défait. Quand la richesse, donc la puissance, devient
affaire de production et non plus de dépense, de pillage, il faut économiser
les corps et gérer les populations, donc intervenir sur la famille. C'est
le rôle de la police, entendu alors dans une acception infiniment plus
large que son actuelle version répressive : une science du bonheur au
service de la puissance nationale. Au XIXe siècle, elle prendra les
multiples visages de la philanthropie : le paternalisme dans les
entreprises, la moralisation par l'épargne, l'hygiénisation par la médecine.
Toutes pratiques qui confluent au début du XXe siècle dans la
fabrication du secteur dit social. |
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Et, de ce social, la famille constitue l'épicentre. D'un côté, elle est
la cible des entreprises hygiénistes qui déstabilisent l'autorité
patriarcale pour pouvoir y perfuser les normes assurant conservation,
qualité et disponibilité sociale des individus. D'un autre côté, elle
est le point d'appui pour une moralisation des relations par l'épargne,
l'éducation et la sexualisation. On comprendra le succès de la
psychanalyse par sa capacité opérationnelle sur cette nouvelle
disposition du rapport famille-société. Sa pertinence aux yeux aussi
bien des individus que des familles et des institutions tiendra dans un
discours permettant d'introduire un principe de circularité entre
l'ambition familiale et les exigences normatives des appareils sociaux,
donc une méthode qui permet à la fois de faire sortir l'individu de la
famille et de l'y renvoyer. Entre le juridique et la norme, Freud établit
un instrument de régulation contemporain et homologue de celui de Keynes
entre le " social " et l'économique. |
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Jacques Donzelot et Anne Wyvekens : "La
magistrature sociale. Enquête sur les politiques locales de
sécurité" La Documentation Française |
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" Magistrature sociale " : parler en ces termes de nos
politiques locales de sécurité - groupes locaux de traitement de la délinquance
(GLTD), contrats locaux de sécurité - signifie les analyser comme une façon
de restaurer l'autorité (magistère) des institutions pour que celles-ci
puissent redevenir le vecteur d'un " lien social " qui apparaît
comme le fondement de la production de sécurité. La notion s'est
construite et précisée au fil de trois enquêtes de terrain dont cet
ouvrage reprend le cheminement. L'étude des GLTD du tribunal de Bobigny a
mis en évidence les ressorts d'un échange de ressources entre
institutions répressives et non répressives autour des questions de délinquance.
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L'enquête relative aux contrats locaux de sécurité de la
Seine-Saint-Denis a posé les bases de l'analyse de l'objectif de "
restauration du lien social " ou de " proximité " comme
enjeu de la question sécuritaire. La comparaison avec le community
policing de Chicago, ébauchée dans la deuxième enquête, a été
approfondie ensuite, montrant la limite de la démarche française : là où
les Américains mettent en œuvre le souci, qui leur est cher, de
mobiliser la population, le partenariat français demeure exclusivement
institutionnel et s'inscrit dans un rapport vertical par rapport aux
habitants. |
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Jacques Donzelot avec C. Meyel et A. Wyvekens :
"Faire société. La politique de la ville aux États-Unis et en
France" Seuil |
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Aux yeux des Français, les Etats-Unis sont souvent un parfait repoussoir
en matière de politique sociale et urbaine. Notre " politique de la
ville " volontariste, qui a multiplié d'en haut les lois obligeant
à la mixité sociale, semble justement faite pour éviter les " dérives
à l'américaine " de nos cités. Or un regard attentif et une enquête
sérieuse démentent ces vues avantageuses. On découvre aux Etats-Unis
une vraie politique de la ville est à l'œuvre. Elle est plus incitative
que volontariste. Elle fait davantage confiance aux gens et, ce faisant,
elle leur apprend à se faire mutuellement confiance et à acquérir
confiance en eux-mêmes. Du coup, cette politique fait parfois voir les
limites de la nôtre. Nous avons une propension à traiter des lieux plutôt
qu'à aider les gens à se remettre en mouvement. |
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Nous préférons restaurer la confiance envers les institutions plutôt
qu'entre les personnes. Ce n'est pas que les villes américaines et la
politique qui les anime soient le paradis, mais ce livre éclairant peut
nous aider à sortir d'une certaine suffisance, à voir les limites de nos
politiques et à découvrir comment " faire société ". |
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Jacques Donzelot : "L'invention du social. Essai
sur le déclin des passions politiques" Points Seuil |
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Comment, pourquoi a-t-on inventé le social. Pourquoi les démocraties
dignes de ce nom ont-elles instauré partout la solidarité, le rôle
social de l'Etat ? Ce livre, déjà classique, répond à cette question.
Le social apparaît comme une invention nécessaire pour rendre
gouvernable une société qui a opté pour le régime démocratique. Toute
son histoire se présente comme la recherche d'une voie qui rejette autant
la Révolution que la tradition autoritaire. Les mécomptes du libéralisme
autant que les illusions du socialisme. Contrairement à l'opinion répandue,
le social n'est pas ce qui divise la société : il contribue au
contraire, plus que tout, en tant que registre intermédiaire entre le
civil et le politique, à réduire les passions politiques dans les démocraties. |
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CONFÉRENCE
«Une anthropologie urbaine de la société
contemporaine»
La ville se défait est que la question sociale
à la question urbaine amène à penser qu'on a changé de système de pensée.
La ville ce n'est jamais qu'un cadre. Autrefois les problèmes résultaient de
confrontations de l'invasion des pauvres dans la ville, alors que maintenant les
pauvres se révoltent dans leurs lieux de relégation à l'extérieur de la
ville.
La "vieille ville" était le lieu où l'on pouvait
échanger et s'enrichir dans un lieu sûr à l'abri des murailles. La richesse attire
aussi les pauvres. Au XIXè siècle, Paris double sa population.
Les pauvres qui arrivent dans les villes est appelé la questions
sociales. La ville devient une scène de crime. On est moins dans la pauvreté
quand on est confronté à la richesse.
Pendant longtemps on a pensé que la solution est de chasser les pauvres dans
les colonies agricoles, par exemple, les marais dans les landes ont été
assainis par les pauvres. Puis une solution a été tentée avec l'envoi des
pauvres dans les colonies comme l'Algérie.
Insécurité civile et insécurité sociale : fonction de
l'insécurité que l'individu fait courir à la société et réciproquement,
l'insécurité que la société fait courir à l'individu. A ces deux phases du
social, on a trouvé les notions de logement social qui devraient répondre à
cette insécurité.
Le logement social est un droit qui va protéger les individus de
la précarité des "garnis" afin de recréer une stabilité. Les
grands ensembles des années 60 devaient être LA solution à cette précarité
et cette insécurité. Les mêmes logements pour les ingénieurs et les O.S..
Les logements étaient, pour l'époque, très confortables. La tour devenait LE
monument au même titre que l'église l'avait été dans la ville historique.
C'était l'anti-ville. A partir du moment où on a trouvé la solution, plus
rien ne va.
Le grand ensemble n'est plus un ensemble. Les classes moyennes
partent. Donc on met dans ces logements vacants, ceux qui arrivent, qui font
davantage encore fuir ceux qui peuvent s'installer dans les pavillons, même un
peu plus loin.
Pendant ce temps, la vieille ville devient le lieu de la qualité
de la vie : c'est la gentryfication des centres-villes.
Cela donne une ville à trois cercles concentriques autour de la
logique de séparation. La ville manifeste le désir de ses habitants de ne pas
être avec les autres.
Si on prend la population des cités, ils vivent un entre soi
contraint et on leur demande de ne pas vivre ensemble. Ce sont des ghettos, des
sociétés de méfiance. Le rapport au temps est qu'il ne faut pas espérer afin
d'éviter d'être déçu.
La périurbanisation est la protection par l'anonymat relativement
rassurant pour des gens qui ont investi dans un bien, dans un lieu. Les classes
moyennes sont des classes anxieuses, car elles sont menacées autant par en haut
que par en bas.
La vraie ville réinvestie par la classe émergente de la
mondialisation : le fait d'exercer un métier ailleurs que dans leur ville, pour
gagner plus. Cette société vit dans un entre soi sélectif et électif non
contraint.
Le mot de cohésion sociale est un mot d'évidence : la société
se défait.

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