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Dernière modif. : 11/07/2010
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Le Collège
Méditerranéen des Libertés
Le 3ème Colloque 2006 du C.M.L. : « Penser ce qui nous arrive»
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Laurent Bouvet
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Gérard Farjat
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Gérard Farjat

Photo Librairie Gaïa
«Les tendances hégémoniques du système économique
dans la construction du lien social et les réponses du système juridique»
CONFÉRENCE
Professeur émérite de droit de l'Université de Nice-Sophia Antipolis, Gérard
Farjat a été président de l'Association internationale de droit économique,
rédacteur en chef de la Revue internationale de droit économique. Il a enseigné
aux Universités de Dijon, Phnom-Penh et Tunis. Il est membre du Centre de
recherches en droit économique (CREDECO - Nice-Sophia Antipolis).
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Gérard Farjat : "Pour un droit économique"
Presses Universitaires de France |
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Le système
juridique a répondu aux exigences de l'évolution économique en opérant
des transformations profondes, même dans ses catégories fondamentales
comme la propriété, la responsabilité et le contrat. Les pouvoirs privés
de l'économie s'organisent. La contractualisation tend à se substituer
à la réglementation. Le droit se fait modeste : il a accepté des normes
d'origine économique (le droit de la concurrence) et a adopté d'autres
modes de fonctionnement (la régulation). Ce livre entend plaider pour un
droit économique. Pourquoi ? Parce que le système économique est loin
d'être " juridicisé ". La mondialisation renforce un "
ordre " privé, ou un désordre spontané, et les tendances hégémoniques
de la marchandise. |
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Mais la normalisation juridique n'est pas seulement un instrument à la
disposition des décideurs. Le droit est aussi porteur de valeurs. Les
droits du " peuple économique ", des salariés aux
actionnaires, sont-ils assurés ? Le recul de l'État n'est-il pas aussi
un recul de la démocratie et les " affaires " une crise systémique
du capitalisme ? Peut-on se contenter de l'éthique pour régulariser l'économique
? Il ne s'agit pas ici de proposer des solutions toutes faites, mais de
montrer, au moyen d'une analyse juridique critique de l'économie, aussi légitime
que l'analyse économique du droit, qu'une " Économie de droit
" est aussi nécessaire et urgente que l'a été la construction de
l' " État de droit ". |
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Gérard Farjat avec Jean-Jacques Sueur et Robert Charvin :
"Droit de l'homme et libertés de la personne"
Litec |
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CONFÉRENCE
«Les tendances hégémoniques du système économique
dans la construction du lien social et les réponses du système juridique»
Les tendances
hégémoniques de l'économique dans la société sont évidentes. Il n'y a pas
beaucoup de résistance du juridique face au politique. Les systèmes se parlent
et s'enrichissent entre eux. Il est possible que le système juridique évite
des ruptures brutales car ce n'est pas un pouvoir. L'intervention impartiale
d'un tiers désintéressé joue un rôle de médiateur. On se met au service des
systèmes y compris des systèmes totalitaires.
Le système économique peut modifier le système juridique. Ce
dernier a un système de sanctions et confère des prérogatives. Le système
juridique peut être au service des autres systèmes. Même un système
totalitaire à besoin d'un cadre juridique pour normaliser les processus. Le
système économique n'est pas un système totalitaire. Dans les pays
communistes, c'était l'inverse. Les pays occidentaux ont tendance à ce type de
système (l'argent est au pouvoir).
Les pouvoirs privés économiques sont devenus une réalité qui
met en péril l'équilibre du marché.
Le contrat, instrument fondamental du droit privé, a une double
nature : la force est du coté de la volonté, la faiblesse du coté de la
fatalité. On a vu apparaître des droits protecteurs (travail,
consommation...).
Le droit a pris des gants pour s'occuper du droit économique. On
ne fait plus de normes d'entrant, on régule à partir des faits : une
concurrence raisonnable.
Ces autorités de régulation ont été créées pour séparer ces
pouvoirs économiques et politiques. La "marchéification" totale est
catastrophique. Il existe des faiblesses du système juridique sur le plan
international. Il y a une certaine solidarité qui commence à voir le jour.
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