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Colloque du C.M.L.  24-25 septembre 2004 : La chemins de la démocratie

La terreur

Accueil Colloque | Programme | La démocratie  |  La dictatureLa terreur  | Les intervenants

   Élément majeur du pouvoir de toute dictature, la terreur a permis de soumettre des populations, quelque en soit l'époque. Vous trouverez ci-dessous quelques éléments bibliographiques sur ce sujet.

 

Timothy Tackett : "Le Roi s'enfuit, Varennes ou l'origine de la Terreur"  La Découverte

Le 21 juin 1791, Louis XVI parvient à organiser sa fuite. Quittant le palais des Tuileries en pleine nuit avec sa famille et des proches, il cherche à gagner secrètement Montmédy où stationnent les armées de Bouillé. On sait ce qu'il advint : le roi fut arrêté dans la petite ville de Varennes et ramené prisonnier à Paris. Deux ans plus tard, le couple royal montait sur l'échafaud. La fuite du roi à Varennes est sans doute l'un des épisodes les plus fameux de l'histoire de la Révolution française. Au point que la légende et l'imagerie d'Épinal ont souvent recouvert la réalité historique. Face à cet événement extraordinaire, l'historien américain Timothy Tackett se donne trois tâches : d'abord raconter dans le détail, presque heure par heure, le déroulement de cette incroyable fuite à partir de l'ensemble des sources et archives disponibles. Ensuite, il explore l'impact de la fuite sur toute la France et restitue l'effervescence politique et sociale ainsi que l'émotion puissante que suscita la trahison du roi dans l'opinion publique, à Paris et en province.
Enfin, Timothy Tackett s'efforce de resituer l'événement dans le cours de la Révolution française, et sa radicalisation jusqu'à la Terreur de 1793. Il montre que loin d'être inscrite dans les " gènes " idéologiques de la Révolution, la Terreur doit aussi être comprise à la lumière des événements, notamment par rapport au traumatisme de la trahison du roi et l'émergence de véritables menaces contre-révolutionnaires.

 

P.Gueniffey : La politique de la Terreur. Essai sur la violence révolutionnaire (1789-1794) - Tel Gallimard

Photo : copyright  Dagli Orti. - Cliquez pour zoomer.

 

On n'écrit plus guère sur la Terreur. Cet épisode central de la Révolution française, l'un des plus mystérieux et des plus controversés, n'a cessé de hanter notre histoire contemporaine. II a prêté à des interprétations nombreuses, inconciliables, souvent polémiques, rarement impartiales. Aucune, à ce jour, n'a pu en épuiser le sens et la portée. Cet ouvrage veut éclairer l'histoire de la Terreur en interrogeant ses origines, ses ressorts, ses modalités et la rhétorique qui lui tenait lieu de légitimité. II décrit ce que doit la violence révolutionnaire à l'héritage de l'Ancien Régime. II tente d'élucider la relation complexe entre Terreur et violence, entre idéologie et Terreur. II clôt le débat sur la part des circonstances dans la dérive terroriste de l'an II. Instrument de la politique révolutionnaire, la Terreur ne se laisse pas enfermer dans des bornes chronologiques, écrit Patrice Gueniffey. Elle fait irruption dans le discours comme dans les pratiques dès 1789 : elle apparaît avec la Révolution pour ne disparaître qu'avec elle. 
Pourtant, on ne peut confondre les deux histoires. C'est en montrant ce qui les sépare qu'on découvre leur secrète parenté. Livre d'histoire politique, attentif aux événements, aux idées, aux passions comme aux destins individuels, cet essai invite à relire l'histoire de la Terreur dans le langage serein de la vérité.

 

E.A. Johnson : "La terreur nazie" - Albin Michel

 

Récusant la thèse simpliste de Goldhagen qui fait de chaque Allemand un " bourreau volontaire " non moins que le modèle " totalitaire " hérité d'Hannah Arendt, présentant une population absolument soumise, Eric A. Johnson entend cerner le véritable cadre de la terreur nazie, autrement plus complexe. Fondé sur le dépouillement de très nombreux dossiers de la Gestapo et des tribunaux, cet ouvrage pionnier met en lumière les rouages de la justice et de la répression. S'il fait ressortir les responsabilités de chacun, il montre aussi la part de liberté que conservaient les citoyens. On découvre ainsi une population beaucoup plus encline à transgresser certaines lois, voire à élever des protestations, qu'on ne l'imaginait. En dehors des victimes désignées par le régime, les Allemands gardaient une marge de manœuvre. C'est vrai du citoyen ordinaire, mais aussi des officiers de la Gestapo. A travers des études de cas très fouillées, on voit comment la psychologie ou l'inclination personnelle d'un officier de la Gestapo pouvait décider du sort d'un accusé. 
Eric A. Johnson souligne aussi le nombre important d'affaires déclenchées par des initiatives locales, la Gestapo n'entrant en scène que dans la traque des victimes désignées, les Juifs par exemple. Loin des clichés d'un régime de terreur et d'un peuple victime, le grand mérite de ce livre est de donner des éléments d'appréciation de la culpabilité de chaque Allemand, et non plus du seul régime.

 

Hans Fallada : "Seul dans Berlin" - Denoël

Mai 1940, on fête à Berlin la campagne de France. La ferveur nazie est au plus haut. Derrière la façade triomphale du Reich se cache un monde de misère et de terreur. Seul dans Berlin raconte le quotidien d'un immeuble modeste de la rue Jablonski, à Berlin. Persécuteurs et persécutés y cohabitent. C'est Mme Rosenthal, juive, dénoncée et pillée par ses voisins. C'est Baldur Persicke, jeune recrue des SS qui terrorise sa famille. Ce sont les Quengel, désespérés d'avoir perdu leur fils au front, qui inondent la ville de tracts contre Hitler et déjouent la Gestapo avant de connaître une terrifiante descente aux enfers. De Seul dans Berlin, Primo Levi disait, dans Conversations avec Ferdinando Camon, qu'il était " l'un des plus beaux livres sur la résistance allemande antinazie ". Aucun roman n'a jamais décrit d'aussi près les conditions réelles de survie des citoyens allemands, juifs ou non, sous le IIIe Reich, avec un tel réalisme et une telle sincérité.

 

B. Brecht : "Grand-peur et misère du IIIè Reich" - Arche

Sous le nazisme, la peur et la misère affectaient toutes les couches de la société allemande, l'intelligentsia, la bourgeoisie, la classe ouvrière. Il y a certes le courage de la poignée de militants qui, au mépris de tous les dangers, publient leur littérature illégale. Mais il y a aussi la capitulation, face à la terreur, d'une trop grande part de l'intelligentsia. C'est ce qu'a voulu montrer Brecht, d'abord à ses compatriotes exilés, autour des années 1938, en écrivant la trentaine de courtes scènes, inspirées de la réalité même, de Grand-peur et misère du IIIème Reich. Le nazisme n'est pas un phénomène de circonstance appelé à disparaître avec le temps. Il est fait de toutes les peurs "naturelles" de l'homme qui l'alimentent et qu'il alimente. Le ventre ne sera-t-il pas toujours fécond d'où a surgi la bête immonde ? Telle est la question qui continue de se poser aujourd'hui encore, partout dans nos sociétés.

 

Collectif : "Le livre noir du communisme" - Bouquins

Comment un idéal d'émancipation, de fraternité universelle, se retourna-t-il au lendemain même d'octobre 1917 en doctrine de la toute-puissance de l'Etat, pratiquant la discrimination systématique de groupes sociaux ou nationaux entiers, recourant aux déportations de masse et trop souvent aux massacres gigantesques ? Quatre-vingts ans après le coup d'Etat bolchevique, une équipe d'historiens et d'universitaires a entrepris, continent par continent, pays par pays, de dresser le bilan le plus complet possible des méfaits commis sous l'enseigne du communisme : les lieux, les dates, les faits, les bourreaux, les victimes. Le Livre noir du communisme a suscité dès sa parution un débat qui a traversé nos frontières. C'est, sur une tragédie planétaire, le premier livre de référence.

 

Jacques Baynac : "La Terreur sous Lénine" - Livre de Poche

Octobre 1917. Lénine prend le pouvoir. Décembre 1917. La Tchéka est créée. C'est le début de la Terreur. Voilà pour la toile de fond. Restent les acteurs, que Jacques Baynac, spécialiste de la Révolution russe, convoque aujourd'hui devant nous. Pour la première fois en Europe, on va pouvoir juger sur pièces. Tour à tour, les bourreaux et les victimes vont se succéder à la barre : membres de la Tchéka ; rescapés des massacres de Léningrad ou d'Astrakhan ; anciens concentrationnaires ; insurgés de Géorgie ; condamnés à mort de Moscou. Le verdict ? Seule une différence d'intensité distingue le léninisme du stalinisme. Celui-là a commencé à dévoyer le mouvement révolutionnaire dans le sens de la dictature sur le prolétariat ; celui-ci l'a réalisée. Le léninisme est donc le premier responsable de l'anticommunisme. Cependant, dira-t-on, la violence révolutionnaire est légitime. Sans doute, à condition que les moyens justifient la fin, et non l'inverse. Mais si le peloton d'exécution ne suffit pas à résoudre la question du pouvoir, comment les révoltés en finiront-ils avec le vieux monde ?

 

Ariel Dorfman : "Exorciser la terreur" - Grasset

L'histoire a parfois la mémoire courte et, dans la plupart des pays du monde, lorsqu'est évoquée la date du 11 septembre, ce sont aussitôt les images des avions se fracassant contre les tours du World Trade Center qui viennent à l'esprit. Pour le peuple chilien, le 11 septembre est une date imprimée au fer rouge dans la conscience collective. Il s'agit du 11 septembre 1973. Ce jour-là, un putsch renverse le gouvernement démocratique du président Salvador Allende et instaure un régime dictatorial, celui du général Pinochet. Ce jour-là, le Chili entre dans une période de répression d'une brutalité inouïe. Tortures, disparitions, exécutions de milliers d'opposants marquent à jamais le pays et causent une fracture que le retour récent à la démocratie n'a pas encore totalement effacée. Retiré du pouvoir en 1990, mais protégé par son auto-amnistie et son immunité parlementaire, Augusto Pinochet, l'homme qui a ce sang sur les mains, pensait pouvoir couler de vieux jours en toute tranquillité. C'était compter sans l'obstination des familles des disparus et de leurs avocats. Exorciser la terreur relate, épisode par épisode, la chronique de l'envoi de Pinochet devant le tribunal de l'Histoire. C'est aussi une réflexion sur le Mal, la justice, la responsabilité, les droits de l'homme à vivre dans la dignité.

 

Richard Labérivière : "Les coulisses de la terreur" - Grasset

" Deux mois avant les attentats du 11 septembre, la CIA négocie encore avec Oussama Ben Laden. Puis les Etats-Unis déclenchent les hostilités en Afghanistan. Ils laissent s'échapper le milliardaire saoudien et ses protecteurs, comme ils laissent s'évanouir leurs capitaux dans une jungle financière. Qui sont les complices au cœur même de l'establishment américain ? Aurons-nous bientôt un " Ben Ladengate "? Pour l'éviter, les idéologues de l'administration Bush inventent une nouvelle guerre froide : la guerre sans fin contre la terreur... Désormais, tous ceux qui ne partagent pas les valeurs du meilleur des mondes selon Washington sont suspectés de soutenir le terrorisme, sinon d'être des terroristes eux-mêmes, agents d'un nouveau complot contre le monde libre et les champions du Bien. Ce complot est baptisé d'un nom générique : Al-Qaïda. " R. L. Du Pakistan à Bali, de Riyad à Casablanca, de Genève à Lugano, enquêtant sur les lieux des attentats et les places bancaires, Richard Labévière parvient à une conclusion : Al-Qaïda n'existe pas. 
Le terrorisme ne relève pas d'une organisation mondiale, mais d'une nébuleuse de réseaux qui s'enracinent localement, dans les économies les plus inégalitaires et les régimes politiques les plus arbitraires. Pourtant, la mythologie Ben Laden continue. Pour survivre, l'Empire a besoin d'un ennemi et de faire la guerre.
 

 

Noam Chomsky : "Pouvoir et Terreur, l'après 11 septembre" - Serpent à plumes

Pouvoir et Terreur, entretiens après le 11 septembre, offre au lecteur le dernier état de la pensée de Noam Chomsky à travers une longue interview et une série de conférences qu'il a données à New York et en Californie au cours de l'été 2002. Il replace l'attaque terroriste sur le World Trade Center dans le contexte des interventions américaines depuis 1945 et durant la Guerre Froide au Vietnam, en Amérique centrale, au Moyen-Orient, et partout ailleurs dans le monde. Le terrorisme, c'est l'exercice de la violence sur des populations civiles, qu'elle soit perpétuée par une bande d'extrémistes musulmans bien organisés ou bien par l'État le plus puissant du monde. En s'appuyant sur ce principe fondamental, Noam Chomsky défie ouvertement les États-Unis d'appliquer à leurs propres actions les critères moraux qu'ils exigent et veulent imposer aux autres nations. Pouvoir et Terreur est la suite du best-seller 11/9 qui s'est vendu à des millions d'exemplaire dans le monde, livre de chevet de tous le " anti-guerres ".