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Dernière modif. : 28/01/2010

Colloque du C.M.L.  24-25 septembre 2004 : Les chemins de la démocratie

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Les intervenants présents au Colloque

Edith Archambault | Laurent Bouvet | Philippe Breton | Olivier Duhamel | Pierre Hassner | ZsuZsa Hegedus | Josette Lagadec | Michel Martin | Margaret Maruani | Olivier Mongin | Gilles Rebèche | Myriam Revault d'Allonnes | Michel Reydellet | Nathalie Rocailleux | Charles Rojzman | Michel Samson | Roger Sue | Henri Vacquin    

Roger Sue

©2004 Librairie Gaïa

Sociologue, Roger Sue est professeur à l'université de Caen et à l'université de Paris-V-Sorbonne.

Bibliographie

Quelques notes sur la conférence :

"Les spécificités du lien associatif : forces et faiblesses"

  La démocratie présuppose un lieu d'association. C'est un des paradoxes car si c'est une nécessité, cela en reste un but.

  Avant de penser association, il faut penser lieu d'association qu'il faut séparer de l'organisation. Ce lien est un lien d'originalité. Alors qu'il n'y a jamais eu autant de liens y compris avec Internet, les portables..., ces liens semblent se distendre, mais la multiplicité des liens ne fait pas leur faiblesse.
  Il y a une prime à l'individualisation : chacun est original au sens premier du terme. La différence est plus forte que l'égalité. L'ensemble des valeurs qui structurent  ce type de lien, ce sont les associations.

  Il est difficile de comprendre la sympathie qu'ont les gens pour les associations par rapport aux autres institutions qu'elles soient politiques, administratives, syndicales... Il y a un million d'associations : c'est l'âge d'or !

  L'économie est venue vers les associations qui sont devenues un centre de ressources humaines. Le capital humain est devenu central. Le monde de l'entreprise fait appel directement aux associations grâce, essentiellement, à l'investissement des acteurs associatifs.

  Le crise de la représentation donne de l'importance aux associations. On ne sait pas représenter une société d'individus. Plus les individus se sentent eux-mêmes, moins ils peuvent se faire représenter.

  Pourquoi devant cet engouement, les associations n'arrivent-elles pas à capitaliser ce succès ? Elles ont beaucoup de mal à se fédérer. Il y a une grande distorsion entre l'État qui valorise le lien social créé par les associations et leur manque de moyens.

BIBLIOGRAPHIE

"La société civile face au pouvoir" Presses de Sciences Po

Quoi qu'on en dise, la crise du politique est moins l'effet d'une régression que d'une progression de l'exigence démocratique. La sphère politique est désertée pour la sphère civique. Les mouvements sociaux et citoyens sont en plein essor à travers le monde, et ont la faveur de l'opinion qui perçoit bien que là se joue en partie l'avenir de la démocratie. La montée en puissance du principe d'association est moins embryonnaire qu'on veut bien le dire et il n'est pas exclu que le succès des associations les plus contestataires (Attac, DAL, etc.) ne finisse par entraîner une mobilisation plus générale, constituant la société civile en acteur politique majeur. C'est ce renversement majeur de la vie démocratique que l'auteur observe, pour mieux esquisser une citoyenneté comme " un art de gouverner comme d'être gouverné " et nous convier à un nouveau Régime du politique pour conjurer les dérives autoritaires, voire totalitaires.

 

"Renouer le lien social. Liberté, égalité, association"  Odile Jacob

Avons-nous vraiment perdu le sens de l'action collective, comme on le dit trop souvent ? Notre société n'est-elle plus qu'un conglomérat d'individus préoccupés par leurs seuls intérêts égoïstes ? Certainement pas. La myriade d'associations qui fleurissent dans tous les domaines l'atteste. Elles concilient liberté, égalité et souci d'autonomie. Elles mobilisent et rassemblent les énergies les plus diverses au service de causes et de projets qui servent chacun. La démocratie réelle s'invente sous nos yeux, en somme. Au XIXe siècle, les socialistes prônaient l'association. Mais le contexte ne leur était guère favorable. Tout a changé : l'association n'est plus une utopie, c'est une réalité vécue par beaucoup. Désormais, ce sont les discours et les institutions politiques qui sont en retard sur l'avancée de la société. Un siècle après la loi de 1901, Roger Sue propose une réflexion politique profonde sur ce que peut et doit être une société vraiment démocratique aujourd'hui.

 

"La richesse des hommes. Vers l'économie quaternaire"  Odile Jacob

Nos sociétés ne reconnaissent que les richesses produites par le marché et le travail. Elles ignorent le gisement d'une vie associative qui concerne pourtant, dans notre pays, un Français sur deux. Non productives, ces activités fondées sur l'échange réciproque, sur la relation à l'autre ? En réalité, leur rôle économique est fondamental dans les domaines qui sont désormais au cœur de la croissance : santé, éducation, action sociale, culture et loisirs. La mutation actuelle de notre société permet l'émergence d'une véritable économie de la personne, dans laquelle l'implication humaine jouera le premier rôle : les liens créeront plus de richesse que les biens... Et si les associations d'aujourd'hui étaient en passe de devenir les entreprises de demain ?

 

"Vers une économie plurielle. Un travail, une activité, un revenu pour tous" Syros

Quel avenir se forge notre société ? Le chômage est-il incurable ? Les emplois " jeunes " du gouvernement socialiste sont-ils un nouveau cache-misère ? La réduction du temps de travail est-elle une action généreuse ou calamiteuse ? Faut-il écouter ceux qui ne jurent que par la libéralisation des échanges mondiaux, ou ceux qui ne croient plus qu'à la débrouille ? C'est pour donner du sens à " ce bruit et à cette fureur " du monde qu'il faut lire Guy Aznar, Alain Caillé, Jean-Louis Laville, Jacques Robin et Roger Sue. Pionniers, chacun à leur façon, de réflexions et de propositions novatrices sur le revenu minimum, sur le temps de travail et sur ces activités construisant une " économie solidaire ", un " tiers secteur " ou un " secteur quaternaire ", les auteurs proposent ici les lignes de force d'un projet économique et politique visant à dépasser la crise du salariat : ce qu'ils appellent " économie plurielle " est une façon de concevoir l'économie pour sortir du face-à-face entre l'Etat et le marché, afin d'agir concrètement sur le terrain économique, politique, associatif... Cet ensemble cohérent de propositions, déjà expérimentées, en France ou ailleurs, ne peut laisser personne indifférent. Ce livre en forme de débat - la démocratie se nourrit des différences - ouvre de nombreuses portes à ceux pour qui le capitalisme n'est pas un horizon indépassable.