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Dernière modif. : 13/05/2011

Colloque du C.M.L.  24-25 septembre 2004 : Les chemins de la démocratie

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Les intervenants présents au Colloque

Edith Archambault | Laurent Bouvet | Philippe Breton |Olivier Duhamel | Pierre Hassner | ZsuZsa Hegedus | Josette Lagadec | Michel Martin | Margaret Maruani | Olivier Mongin | Gilles Rebèche | Myriam Revault d'Allonnes | Michel Reydellet | Nathalie Rocailleux | Charles Rojzman | Michel Samson | Roger Sue | Henri Vacquin   

Margaret Maruani

©2004 Librairie Gaïa

Margaret Maruani, sociologue, est directrice de recherche au CNRS.

Bibliographie

Quelques propos sur la conférence :

"Hommes et femmes : l'égalité inachevée face au travail"

La féminisation de la vie active a transformé la société et la femme elle-même. Tout a changé, rien a changé. Cette affirmation n'est plus vraie.
  Ce n'est pas récent, le nombre femmes qui travaillent a particulièrement augmenté : il a doublé en 40 ans ! Pour les hommes, et pendant la même période, la progression n'a été que de 10 %. Cette évolution est la même partout en Europe.
  La salarisation des femmes est beaucoup plus importante que pour les hommes. Les femmes cumulent toujours activités familiales et professionnelles. 80 % des femmes en âge d'avoir des enfants travaillent ! Cette proportion est régulièrement plus importante entre pays du sud et pays du nord.
  Le niveau scolaire et universitaire des femmes est supérieur à celui des hommes. Plus les femmes sont instruites, plus elles sont actives, malgré le maintien de la sexualisation des études (les garçons font plutôt des études scientifiques et les filles des études littéraires). Elles restent moins bien payées, sont sous-employées, l'évolution des carrières plus lente et souvent plafonnée.
  L'afflux des femmes actives s'est concentré vers les emplois les moins bien payés.
  Les écarts de salaires homme/femme est en moyenne de 24 %. Les effets du travail à temps partiel concernent 3,4 millions de salariés dont une majorité de femmes est un phénomène, pour la France, relativement récent.
  Les années qui ont connu un développement du travail féminin s'est accompagné d'une augmentation du chômage féminin. Cette invisibilité laisse perplexe.

 

 

BIBLIOGRAPHIE

"Le travail du genre. Les sciences sociales du travail à l'épreuve des différences de sexe." La Découverte

Peut-on, aujourd'hui, s'intéresser au travail, à l'emploi, au chômage, sans voir la différence des sexes ? La question est moins saugrenue qu'il n'y paraît. Longtemps, les sciences sociales du travail ont ignoré le genre, l'ont traité comme une variable secondaire, subalterne et facultative. Nous n'en sommes plus là aujourd'hui, et c'est heureux. Ce livre tente de décrire, discipline par discipline, l'émergence d'analyses sexuées du monde du travail. Il montre comment l'introduction du masculin/féminin renouvelle les approches, les problématiques et les concepts. Il explicite également les difficultés, les blocages et les embûches de l'exercice : le temps de la connaissance n'est pas toujours celui de la reconnaissance. Retracer le parcours de la question des différences de sexe dans les sciences sociales du travail : tel est l'objet de cet ouvrage collectif pluridisciplinaire et international. Organisé par le groupement de recherche MAGE (Marché du travail et genre en Europe), il rassemble vingt-deux contributions émanant de sociologues, d'historien (ne) s, d'économistes, de statisticien (ne) s, de juristes, de politologues, de philosophes et d'anthropologues venus de différents pays.

 

"Travail, genre & sociétés. Prostitution : marchés, organisation, mobilisation." Harmattan

 

"Travail et emploi des femmes" La Découverte

 

"Les mécomptes du chômage"  Bayard Centurion

Que nous cachent les très officielles statistiques du chômage, que l'on ne cesse de nous communiquer ? Dans cet essai inédit, Margaret Maruani s'attaque aux tabous qui entourent le chômage labellisé. Chiffres à l'appui, elle révèle l'existence de tous les sans-emplois aux statuts divers, les salariés précaires, les travailleurs pauvres dont on ne parle jamais. Et justement elle les compte : entre 2,2 et 4,2 millions de chômeurs, 3,4 millions de salarié-e-s pauvres, 6 millions d'emplois atypiques. Les working poor ne sont plus l'apanage des USA. Ils sont bien chez nous aujourd'hui. Et les femmes sont aux avant-postes, mais dans l'ombre des statistiques officielles. Là est peut-être le prix de la reprise : la décrue du chômage conventionnel contre la paupérisation d'une partie du salariat. Tels sont les contes et les mécomptes du chômage. Même si le chômage a fortement diminué entre 1997 et 2001, la question demeure : sommes-nous réellement sortis du plein-chômage, c'est-à-dire d'une société où la pénurie d'emplois pèse sur le monde du travail dans son ensemble ? Et donc sur la société tout entière ?

 

"Sociologie de l'emploi"  La Découverte

Revue française de sociologie, Jean Vincens. " Ce livre est une réussite. Je ne peux qu'en recommander la lecture et souhaiter qu'il suscite d'autres travaux dans le même esprit. " Projet. " Sobrement écrit, très bien documenté et nourri d'une précieuse bibliographie, ce livre propose des repères de qualité pour aborder la question de l'emploi en France aujourd'hui. " Le Journal du CNRS. " Petit ouvrage de fond qui restitue au social, donc au sociologique, sa juste place dans l'analyse d'un problème - l'emploi et le chômage - autour duquel les débats adoptent trop souvent un point de vue exclusivement économique. "

 

"Les nouvelles frontières de l'inégalité. Hommes et femmes sur le marché du travail." La Découverte
  Trois pas en avant, deux pas en arrière : la situation comparée des hommes et des femmes sur le marché du travail n'est pas facile à caractériser. En la matière, aucun constat simple n'est sérieux. Depuis trente ans, nous avons connu de véritables bouleversements qui ne sont pas pour autant des ruptures, des brèches décisives qui ne sont pas définitives. La féminisation du marché du travail est réelle, mais inachevée, inaboutie tant elle s'est faite sous le sceau de l'inégalité et de la précarité. C'est une situation éminemment mouvante et instable que cet ouvrage collectif cherche à analyser : en s'appuyant notamment sur des comparaisons européennes, les auteur(e)s, qui comptent parmi les meilleurs spécialistes du sujet, explorent les nouvelles frontières de l'inégalité et tentent une cartographie des différences de sexe sur le marché du travail. A partir d'une présentation systématique des très nombreux travaux de recherche menés depuis des années en Europe - qui sera particulièrement utile aux étudiants et aux chercheurs -, les auteur(e)s mettent en évidence les grandes tendances à l'œuvre. L'irruption de la crise de l'emploi, l'installation d'un chômage massif, durable et structurel n'ont pas interrompu la progression de l'activité féminine. 
Entamée au début des années soixante, la féminisation du salariat se poursuit, inexorablement, mais sans enclencher de véritable rupture avec les processus de production des inégalités de sexe. Il est peu de domaines où une mutation sociale d'une telle ampleur s'est effectuée sur un fond d'inégalités aussi coriaces. Nous nous trouvons ainsi à un tournant de l'histoire de l'emploi féminin : une période faite de contrastes et de paradoxes, de progressions évidentes et de régressions impertinentes, de mouvements et de vents contraires dont on évalue mal l'issue. Tous comptes faits, rien n'est joué. Ce livre est publié à l'initiative de MAGE, Groupement de recherche " Marché du travail et genre " créé au CNRS. Comme tous les GRD, il s'agit d'une fédération de laboratoires et de chercheurs constitués autour d'un champ de recherche.