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Copyright 2000-2010
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 11/07/2010

le CML, le Collège Méditerranéen des Libertés,  propose dans le cadre de son cycle de conférences

"Territoires ignorés 2008-2009"

Matthieu Calame

Ingénieur agronome chargé de programme à la Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l'homme

a donné une conférence le 27 janvier 2009 à la Fac de Droit de Toulon

Sécurité alimentaire, santé, préservation des ressources naturelles : l'agriculture biologique peut-elle répondre aux défis du XXIè siècle ?

Résumé de la conférence

"La tourmente alimentaire. Pour une politique agricole mondiale"  C.L. Mayer (ECLM) 

L'augmentation récente des prix agricoles est venue relancer les inquiétudes sur l'avenir alimentaire de l'humanité.
Face à l'ampleur des défis, il est tentant de croire qu'une révolution technique (OGM, agrocarburants, agriculture de précision guidée par satellite. ) fournira des solutions qui dispenseront les sociétés de prendre les mesures politiques et sociales nécessaires. Pourtant le problème, aujourd'hui comme autrefois, est avant tout social et économique et c'est sur sa capacité à produire des lois et des règles intelligentes touchant la gestion de l'eau, du sol, de la biodiversité et des échanges internationaux, que l'humanité doit compter pour assurer tranquillement sa survie alimentaire au XXIe siècle.
Avec une approche originale empruntant à la fois à l'histoire et à l'agronomie, l'auteur se propose de définir une politique mondiale pour l'alimentation de la planète et la sauvegarde de ses ressources.
9782843771422 - 18 €

 

"Une agriculture pour le XXIè siècle. Manifeste pour une agronomie biologique"  C.L. Meyer (ECLM)

On voit aujourd'hui se développer très largement la consommation de produits biologiques, mais bien peu, parmi les producteurs et les consommateurs de ces produits, ont le temps d'approfondir leur démarche et d'asseoir leurs pratiques, leurs intimes convictions ou leurs réflexions personnelles dans un cadre historique plus large.
C'est ce que nous propose cet ouvrage jeter un regard sur le passé pour prendre la mesure et l'ampleur des principes sur lesquels l'agriculture biologique repose, des idées qui ont soutenu son essor et qui fondent son altérité radicale, et de la révolution mentale qu'elle exprime dans le rapport de l'homme moderne à la nature. Dans ce manifeste, Matthieu Calame préconise l'émergence de l'agronomie biologique comme champ disciplinaire et comme enjeu de société.
Cet ouvrage est celui d'un acteur engagé à la charnière entre agriculture biologique et recherche.
9782843771347 - 18 €

 

CONFÉRENCE

Sécurité alimentaire, santé, préservation des ressources naturelles : l'agriculture biologique peut-elle répondre aux défis du XXIè siècle ?

Pour la première fois depuis longtemps des révoltes frumentaires sont apparues dans de très grandes métropoles.

Il existe trois questions qui sont posées :

  • Devant la situation économique des  producteurs, des paysans souffrent eux-mêmes de la faim. Ce sont paradoxalement les premiers touchés. 50 % de la population vivent dans les villes. Cependant leur situation n’est pas homogène.
  • Y aura-t-il suffisamment de nourriture pour nourrir 9 milliards d’habitants en 2050. ?
  • Le défi environnemental (Le climat, l’eau, la disparition des sols, la biodiversité) est toujours posé. La planète pourra-t-elle y  résister ?

Ces questions semblent nouvelles et paradoxalement, elles sont très anciennes. Déjà au VIè siècle avant J.C., à Athènes, on va même jusqu’à créer un crédit agricole pour développer le secteur et l’emploi. L’exportation de produits agricoles était interdite (à l’exception de l’huile d’olive) à l’extérieur de l’Attique. C’est là une véritable politique agricole.

Actuellement, à l’échelle mondiale,  ces problèmes sont un peu les mêmes. Il y a une similitudes des politiques mises en place. Les méthodes pour résoudre les problèmes sont connues depuis la nuit des temps, ou presque.

Comme l’Europe à conquis le monde, le modèle agricole européen est devenu mondial. On est dans un écosystème steppique (espace ouvert avec ovins et bovins) alors que l’écosystème européen était plutôt forestier. Au fur et à mesure, les ancêtres préhistoriques, ils détruisent la forêt en élevant des animaux divagants  qui fragilisent l’écosystème.

Dans un écosystème, il existe deux mouvements contradictoires :

  • La photosynthèse (fixation du carbone)
  • La minéralisation de la matière organique qui est transformée en CO2

Il faut un équilibre entre ces deux phénomènes.

Les écosystèmes vont retenir l’eau dans les zones continentales au lieu d’aller dans les océans. Le résultat pourrait être la transformation de régions entières en désert. La désertification du Sahara s’est produit dans le même sens que la progression  de la pénétration de l’homme. Ce dernier laisse penser que sa responsabilité serait engagée.

Le pourtour méditerranéen a été sauvé par le passage d’une agriculture de déforestation à la plantation d’oliviers et d’acacias. En remontant au nord, le climat étant plus froid, il y a moins de minéralisation. Le problème est que les européens vont exporter ces problèmes.

Quand le GATT a été créé après la guerre, les Etats-Unis vont en exclure l’agriculture jusqu’en 1980. La PAC a été ainsi mise en place.
En 1979, avec l’invasion russe en Afghanistan, les  américains instaurent un embargo sur les produits agricoles à destination de la Russie. Les européens vont immédiatement prendre le relais des USA. Les américains vont revenir rapidement sur cet embargo inefficace en remettant en question toutes les politiques agricoles américaines et européennes.  Ces dernières étaient essentiellement fondées sur des subventions accordées aux agriculteurs au détriment de l’agriculture du reste du monde.
En Europe, l’agriculture est un gouffre à subventions alors que dans de nombreux autres pays, même du « sud », rapportent suffisamment d’argent à leurs États.

Tous les pays qui ont réussi leur développement ont protégé leur économie et pratiqué des prix agricoles élevés.

Faut-il mettre en place une politique agricole mondiale ?

Plutôt que de mettre en place des politiques de développement qui  fonctionnent mal, il pourrait être envisageable de faire une politique de prix agricoles élevés en payant plus cher ces produits dans les pays en voie de développement. L ‘idéal serait de produire beaucoup avec peu et avec des écosystèmes intelligents. Cependant une politique agricole mondiale c’est une politique foncière mondiale. Il faudrait avoir un impôt foncier élevé ce qui obligerait à mieux exploiter les sols.

La crise économique remet au goût du jour la régulation des marchés.

 

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