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Dernière modif. : 10/05/2008

le CML, le Collège Méditerranéen des Libertés,  propose dans le cadre de son cycle de conférences 

"Où allons-nous ?"

Pascal Boniface

©2004 Librairie Gaïa
Photo Librairie Gaïa

a proposé une conférence le 17 février 2004 :

La France contre l'Empire

Biographie  |  Bibliographie  |  Conférence

 

 

 

Biographie

 PASCAL BONIFACE est directeur de l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) et a écrit une trentaine d'ouvrages traitant des questions internationales. Il est membre du comité consultatif du désarmement auprès du secrétaire général de l'ONU.

Autour des problèmes de stratégie, quelques nouveautés : cliquez ici

 

 

 

 

Bibliographie

 

L'année stratégique 2004

Quelles sont les leçons à tirer au niveau international de l'intervention militaire en Irak ? Assiste-t-on à une nouvelle conception de la puissance ? La perception de ce conflit et de la lutte contre le terrorisme est-elle la même dans tous les continents et les sous-continents ? Comment le monde se recompose-t-il après les attentats du 11 septembre 2001 et l'établissement de nouvelles priorités dans les relations internationales ? L'Année stratégique 2004 propose au lecteur de faire le point sur la situation stratégique, politique, diplomatique et économique de l'année écoulée afin de mieux appréhender les relations internationales ainsi que les bouleversements et les transitions qui se dessinent dans les mois à venir. Par le biais d'analyses régionales détaillées, les experts de l'IRIS tentent de répondre ici en termes clairs aux nombreuses questions soulevées par la nouvelle donne mondiale, permettant ainsi au lecteur d'avoir une compréhension immédiate des grands défis internationaux. Documents cartographiques, chronologies, bibliographies, fiches-pays et statistiques complètes rendent cet ouvrage indispensable pour comprendre les mutations géopolitiques ainsi que les grandes lignes de fracture du monde contemporain.

 

 





 

Atlas des relations internationales

Quels sont les formes et l'impact réel de la mondialisation ? Les États-Unis sont-ils une puissance hégémonique ? Où en est la construction européenne ? Quel est l'avenir de la Russie ? Quelles sont les racines des conflits qui ensanglantent l'Afrique ? La paix est-elle possible au Proche-Orient ? Quels sont les causes des conflits actuels et les risques de futurs affrontements ? Autant de questions soulevées par une actualité internationale plus complexe que jamais. Chaque jour, submergés d'informations, nous avons du mal à y voir clair. Permettre à chacun de décoder les grands événements et les tendances majeures de l'évolution du monde contemporain, tel est le but de cet Atlas des relations internationales. 200 cartes synthétiques en couleurs d'une grande lisibilité pour visualiser et saisir les phénomènes majeurs. Des analyses claires pour resituer l'ensemble des problèmes internationaux dans une perspective globale.

 

 





haut de la page

Est-il permis de critiquer Israël ?

" Je sais qu'il y a des gens qui, sans me connaître, me haïssent. Le pire c'est que certains sont de bonne foi, car ce qu'ils savent de moi, ce sont des propos déformés et non mes positions réelles. " Auteur, en 2001, d'une note et d'un article sur le conflit israélo-palestinien, Pascal Boniface a été la cible d'une véritable campagne organisée qui a fait beaucoup de bruit dans la presse. Il met ici au jour une réalité singulière : l'impossibilité de critiquer le gouvernement Sharon sans encourir les accusations les plus extravagantes et des mesures de rétorsion qui s'apparentent au terrorisme intellectuel. Les juifs de France sont divers, beaucoup d'entre eux critiquent le gouvernement d'Israël et se rattachent au parti de la paix, tandis que la droite et l'extrême droite ont lancé sur la " communauté " une OPA intolérante visant à rallier tous les juifs français à un soutien inconditionnel envers la politique de la droite israélienne. Dès lors, toute critique de la politique israélienne, toute tentative de traiter du conflit israélo-palestinien, est assimilée à une volonté de détruire Israël et à une position antisémite. Pascal Boniface analyse ce mécanisme dangereux qui risque d'importer en France le conflit du Proche-Orient. Enfin, il donne des informations et des réflexions propres à rétablir une vision équilibrée sans laquelle aucune négociation de paix ne sera possible.

 

 

 



 

La France contre l'Empire

Le véritable enjeu de cette guerre pour l'Empire américain, au-delà des répercussions régionales était l'instauration d'un monde unipolaire et la confirmation de son hégémonie sur la planète. Cinglant échec : les États-Unis n'ont pu imposer leurs vues a la communauté internationale, ni avant ni après le conflit. La France a pris l'initiative de l'opposition aux ambitions américaines. Elle a incarné une politique alternative et défendu le droit contre la force. Surtout, elle a préservé le multilatéralisme et la diversité stratégique. A défendre des principes et refuser le leadership américain, la France a-t-elle pris des risques inconsidérés ou renforcé ses positions internationales ? En une démonstration lumineuse, Pascal Boniface nous donne les clés pour comprendre en profondeur les conséquences de cette redistribution des cartes sur l'ordre international, sur les ressorts contemporains de la puissance, les relations franco-américaines, l'avenir de l'Europe et de l'ONU.

 

 





 

          

 

Conférence

   L'Irak est l'événement le plus important de l'année 2003 car cette guerre devait changer le monde selon les États-Unis. Cela aurait du être une vitrine forçant les autres états de la région à adopter un régime démocratique.  C'était un but géopolitique fort. A partir du domino irakien on aurait pu modifier le Proche Orient selon les néo-conservateurs américains.

   Pour les opposants à cette guerre, il y a trois éléments fondamentaux pour justifier leur position :

  • La guerre est un remède pire que le mal compte tenu de l'embargo et des conséquences de la première guerre.

  • L'instabilité du Proche Orient favorisera le terrorisme car leurs habitants auront l'impression qu'il y a deux poids deux mesures dans cette affaire : si les arabes ne respectent pas la loi on les sanctionnent, si c'est Israël on leur pardonne.

  • Rien n'a changé fondamentalement depuis le 11 septembre : La Chine entre à l'OMC, la pauvreté du Sud, le Sida, l'instabilité de la Russie, la mondialisation... soit tous les grands dossiers mondiaux !

   Cela signifie que nous vivons dans un monde multipolaire. Les États-Unis disposent de la puissance stratégique, économique, technologique et culturelle. Il n'y pas d'équivalent dans l'histoire de l'humanité à cette domination. Les Empires anciens étaient essentiellement régionaux.

   Les États-Unis font l'impasse sur la solution politique. Les dépenses militaires ont augmentées après le 11 septembre sans garantir leur sécurité. Une hyper-puissance ne devrait avoir aucun mal à maîtriser un état affaibli par deux guerres, un embargo de plusieurs années et dirigé par un dictateur sanguinaire.

   Le Monde n'appartient pas aux américains.

   Le mensonge sur les armes de destruction massive est une atteinte à la démocratie. Ceci est grave pour l'avenir de la crédibilité des pays occidentaux.   Si l'Irak accepte les contrôles, même à contrecœur. La Corée du nord par contre, détentrice de la bombe atomique, se permet de refuser ces mêmes contrôles, et les américains négocient et finissent par céder ! Bush n'est pas un libérateur. Il faut se souvenir de sa visite discrète à Noël en Irak, dont la médiatisation date de la fin de son voyage. A Londres, il a été déclaré persona non grata.

   Si dans ce dossier la France avait raison, elle risque de payer son opposition aux États-Unis. Ces derniers ont violé la loi et puni la France qui a tenté de faire respecter la règle. Du point de vue américain, la France seule n'aurait pas pu tenir une telle ligne. Le soutien de l'Allemagne puis de la Russie s'est avéré indispensable. Seule la France pouvait prendre une telle position car elle a une tradition d'universalité. La Russie est très controversée, l'Allemagne peut se passer dorénavant de la protection américaine. Ce ralliement à la France est un soutien considérable à l'Europe. C'est bien pour cela que les américains en veulent davantage aux français.
   Les tentatives de rétorsion américaines ont fait long feu. Le commerce est un commerce Amérique/Europe et plus Amérique/France. Les commerces sont trop interconnectés pour que de telles actions ne se retournent pas contre les américains eux-mêmes.

   Cette affaire a prouvé que l'ONU n'était pas à la botte des États-Unis et ceci est important. L'ONU en est ressorti renforcée. En 1956, pendant la crise de Suez, les français et les anglais avaient du reculer devant la menace de l'URSS. Les américains n'avaient, à l'époque pas bougé pour soutenir ses alliés. Les anglais en avait tiré la conclusion qu'il ne faut rien faire sans les américains, les français en prenaient le contre-pied en pensant qu'il ne fallait jamais compter sur les États-Unis. Les anglais commencent à se rendre compte qu'il faut bouger et seront plus européens qu'avant.

   La France a renforcée son image en essayant de faire respecter le droit. Cette image compte autant que la force militaire.

  En conclusion, il manque essentiellement à l'Europe la puissance militaire ; de grands progrès ont été fait dans les autres domaines.