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Copyright 2000-2008
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 10/05/2008
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le CML, le Collège
Méditerranéen des Libertés, propose dans le cadre de son cycle de
conférences
"Les Passeurs de Liberté"
Souâd Belhaddad
Photo Librairie Gaïa
a donné une conférence le 7 février
2006 à 18H30 :
Algérie, le prix de l'oubli.
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"Algérie. Le prix de l'oubli"
Flammarion |
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Après
dix ans d'un conflit sanglant, les autorités algériennes veulent
aujourd'hui tourner cette page d'Histoire : une loi d'amnistie générale
vient donc d'être votée pour clore cette décennie de guerre, qui a débuté
en 1992. La Charte pour la paix et la réconciliation nationale est
l'aboutissement de la politique engagée par le président Bouteflika en
1997 : elle gracie définitivement les groupes armés islamistes ; elle
reconnaît aussi, pour la première fois, la question des disparus, ces
citoyens enlevés par les forces de sécurité, mais refuse cependant
d'admettre la responsabilité de l'Etat. La population algérienne, prise
en étau entre la violence intégriste et les abus de répression, a dû
affronter, seule, assassinats, massacres, enlèvements, tortures, et lois
du silence. Pourtant, désormais, victimes et assassins doivent à nouveau
vivre côte à côte. Comme si rien ne s'était passé. Comment peut-on
" pardonner " ? Peut-on " oublier " sans que rien de
cette seconde guerre d'Algérie ne soit nommé ? Sans obtenir justice, vérité
? |
| Ou,
au contraire, comment ne pas oublier ? Comment entretenir la mémoire dans
un pays qui exige de tourner la page ? Comment dire ? En écoutant des Algériens
raconter ce pardon imposé, cet oubli contraint, Souâd Belhaddad remonte
le fil de ces années de guerre. Forts, émouvants, les témoignages
recueillis de ces victimes de la terreur rendent compte de l'isolement
dans lequel elles ont vécu et de leur actuelle solitude face à
l'exigence du pays " d'oublier " à tout prix. Transmettre leur
parole, c'est donc essayer d'imprimer un bout d'histoire vivante, en temps
réel. Et s'approprier une part de mémoire " de terrain " dont
on ne sait pas ce qu'il restera, une fois l'amnistie entérinée. |
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Esther Mujawayo & Souâd Belhaddad :
"Survivantes. Rwanda" Aube |
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Si tu vis en étant morte en
dedans, les tueurs ont encore gagné. C'est pour ça que j'ai décidé d'être
vivante-vivante plutôt que survivante. Esther Mujawayo. " C'est un
livre parlé. Une histoire contée à la première personne, à l'adresse
d'une interlocutrice que l'on devine attentive, délicate. Un récit que
l'on écoute d'un trait, parce qu'on ne peut plus quitter Esther, la
narratrice. Est-ce dû à son ton ? Au tutoiement qu'elle utilise ? Aux
confidences qu'elle livre ? A sa totale sincérité, qui se fiche du
politiquement correct et la montre tour à tour désespérée, combative,
révoltée, tourmentée, accusatrice, drôle, pleine de failles. "
Anouk Saint-Péran, Côté femme. " Le livre d'Esther Mujawayo est
une étape importante. Venant dix ans après 1994, il apporte une double réflexion,
sur le génocide et sur le Rwanda actuel. Il exprime à la fois la
combativité de la vivante et le désespoir de la survivante. |
| Il parle de
la destruction qui vient après le génocide - la destruction psychique,
l'horizon de la déshérence, la folie de survivre. Esther Mujawayo ne
fait pas de "littérature", mais elle réunit un témoignage et
une méditation, comme l'a fait Primo Levi. " Catherine Coquio, in Le
Monde. " Bouleversant et criant de vérité. " E Georges
Guitton, Ouest France. |
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"Manu Chao et la Mano Negra" Librio |
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Vivre,
bouger, arpenter le Globe, une guitare en bandoulière, en citoyen du
monde, des airs plein la tête, des sons plein le sac... Manu Chao est un
drôle de phénomène et une rock-star pour le moins atypique... Né du
rock indépendant français qui secoue la seconde partie des années 1980,
Manu Chao devient rapidement, au sein de la Mano Negra, puis en solo, le
symbole d'un rock hybride et métissé. Le porte-parole d'une jeunesse à
la confluence de plusieurs cultures et une formidable bête de scène. La
figure emblématique de toute une génération dans la majeure partie de
l'Europe et dans toute l'Amérique du Sud, où la plupart de ses chansons
sont aujourd'hui des hymnes. A partir d'une longue enquête journalistique
et des témoignages de nombreux proches de Manu Chao, Souâd Belhaddad
retrace la vie et la carrière de ce musicien globe-trotter unique en son
genre. |
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"Entre-deux Je. Algérienne ? Française ? Comment
choisir..." Mango |
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Je
n'en peux plus de devancer les (mauvaises) blagues sur les Arabes par
crainte de les entendre débitées devant moi, au lycée. Je n'en peux
plus de dire que je ne fume pas, non, non, pas du tout à cause de ma
culture mais parce que " vraiment, ça ne me dit rien du tout ".
Ou de prétendre que je préfère l'amitié à l'amour " Parce que
c'est plus sincère ". Tu parles. En plus, ce soir, presque
suppliante, ma mère m'a dit : " Ecoute, ma fille, pas de Français,
surtout pas de Français ". Je sais qu'elle veut dire seulement un
musulman. Je n'en peux plus de porter deux mondes, la honte dedans, la
frime dehors. D'aimer l'Algérie et la France à la fois, et me sentir de
nulle part. Aujourd'hui, je me suis enfin saisie du droit de vivre. Mais
une question persiste : en avais-je bien le droit ? Et si entre la génération
de mes parents " là-bas " et la mienne, " ici " c'était
allé trop vite ?... |
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CONFÉRENCE L'ALGÉRIE,
LE PRIX DE L'OUBLI
| Après 10 ans d'une guerre,
sur laquelle on a beaucoup de mal à mettre un nom, qui s'est
terminée par les élections de septembre qui ont blanchi, amnistié tout
le monde. Les victimes seront indemnisées. Mais le pardon n'est pas
demandé aux bourreaux mais il doit être un cadeau que les victimes
doivent faire. |

Photo Librairie Gaïa |
Souâd Belhaddad a lu quelques
extraits de son dernier livre, plus exactement des passages des
témoignages, poignants, de quelques unes des victimes de cette guerre
civile.
Fehret : 52 ans, sans emploi. Cet homme, très gravement blessé, on lui
avait mis un pistolet dans la bouche... puis tiré ! Il a choisi de
pardonner.
Fatima Zohra : Le fils de cette femme a disparu il y a plus de dix ans.
Elle n'a plus de nouvelles depuis et attend un retour improbable. Un
deuxième enfant a été enlevé par la Sécurité. Ces femmes ont pointé
du doigt, tant les Islamistes que le Gouvernement.
Ali : Il rencontre par hasard son propre bourreau ! Ce dernier l'avait
torturé et égorgé ses deux frères. Leur assassin a raconté à Ali les
derniers moments des ses frères. Il est malgré tout devenu son ami...
tant qu'il n'aura pas retrouvé les tombes de ses frères. |
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Souâd Belhaddad est allée en
Algérie pour écouter les témoignages de ces paysans qui ont traversé
dans le désarroi et la solitude les deuils et le pardon.
Ces victimes ont toutes subies ces massacres sans comprendre
pourquoi, mais comme disait Hannah Arendt, y a-t-il un pourquoi ?
Pour clore un conflit, il faut une loi d'amnistie. Mais il
faut préparer les victimes.
Comment vit-on après ? Comment peut-on cohabiter après ? Le
temps de l'État (loi d'amnistie) est-il le même que celui de la victime
? Cette victime, noyau de la mémoire collective, vit comme une agression
cette négation de son rôle de victime. Or la société a besoin de
tourner la page, au moins provisoirement. La société algérienne a été
gênée par l'existence même de la victime.
Si les victimes se taisent, c'est pour mieux se
reconstruire.
On avait proposé aux Islamistes de très fortes remises de
peine contre leur reddition. Ceci a profondément choqué, mais a
relativement bien fonctionné, y compris pour que les victimes ne se
vengent pas.
Cependant, si l'État a fait un véritable effort pour faire
une place aux repentis. Par contre, rien n'a été fait pour les victimes
ni pour leur vie communes avec leurs bourreaux. |

Photo Librairie Gaïa
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Le pardon a été décidé d'en
haut, à tel point que l'on a inversé les rôles : les assassins n'ont
pas eu a demander pardon. On ne demande pas pardon aux victimes, on leur
demande leur pardon.
Le Chef de l'État se pose en médiateur paternaliste qui
demande aux victimes leur pardon. Jamais la victime ne pardonne, elle
demande comment honorer leurs morts.
Sabrina, mère d'une victime, pardonne que si elle connaît
la vérité. D'autres victimes demandent la pose de stèles, de plaques
commémoratives permettant d'honorer cette mémoire. Cette mémoire
inscrite permet d'éviter l'oubli, d'éviter la négation même du crime.
Il n'existe pas en Algérie de personnalité suffisamment
fédératives, comme il peut en exister en France comme Simone Weil ou
Robert Badinter. |

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