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le CML, le Collège Méditerranéen des Libertés, propose dans le cadre de son cycle de conférences "Territoires ignorés 2008-2009" Jean-Marc Balencie Docteur en sciences politiques, spécialiste
des risques internationaux
a donné une conférence le 13 janvier 2009 à la Fac de Droit de Toulon L'art de la défaite au XXIè siècle : Irak, Afghanistan et Liban
L'art de la défaite au XXIè siècle : Irak, Afghanistan et Liban
On peut s’interroger sur
les armées occidentales qui sont peu adaptées aux types de guerres actuelles. L’émergence de la nébuleuse
jihadiste après les 11 septembre a permis de mettre en lumière les
organisations armées non étatiques. Les affrontements post-11
septembres ont permis de voir des duels asymétriques entre faibles et forts :
pas de victoire éclatante. La diplomatie américaine n’a pas réussi à
aboutir comme cela va être le cas dans les conflits précédents. L’enlisement
de la guerre après la guerre a fait perdre à ces grandes armées leur prestige
et leur crédibilité. Cela a abouti à des fautes
politiques symboliques face à des mouvements armés non étatiques. Il y a une puissance non
concurrentielle qui faiblit face aux mouvements non aidés. La hiérarchie de puissance
se trouve bousculée. Cette puissance, à défaut d’être battue est contournée. Il y a une incapacité à
transformer cette puissance militaire en victoire politique. Comment peut-on expliquer
cette incapacité ? Il y a quatre facteurs qui
s’additionnent :
La puissance financière
occidentale s’est affaiblie avec la crise monétaire de cet automne et a pu être
sauvée par l’aide des capitaux non-occidentaux. La suprématie militaire de
l’Occident est certaine même si ces certitudes ont tendance à faiblir. Les faibles ont su tirer
profit de ces guerres asymétriques de 4ème génération [G4G]. Les guerres de 1ère
génération était des guerres de masse ; ce sont les guerres napoléoniennes.
Les guerres de 2è génération sont les guerres mettant en avant la puissance
de feu : l’exemple-type est celui de la première guerre mondiale. Les
guerres de 3ème génération sont les guerres qui mettent en avant
les mouvements : l’exemple-type est la guerre de 40 où les allemands
vont contourner L’espace conflictuel est
devenu une espèce de mille-feuilles :
une dimension militaire, un enlisement des troupes dans le conflit, un
affrontement médiatique, des défis logistiques et financiers, le sens des
croyances vis à vis de l’idéologie occidentale, le sens même du combat,
l’attaque des la volonté de combattre. Le faible doit montrer au
fort que le coût du conflit est trop élevé par rapport aux bénéfices
escomptés. Utiliser des avions civils
pour s’en servir comme d’un missile est l’un des exemples montrant que le
plus faible peut retourner la technologie du plus fort contre lui-même. La
voiture piégée est la machine à terreur par excellence la plus meurtrière
pour les américains en Irak. La bataille de l'information est devenue beaucoup plus importante que celle qui a lieu sur le terrain. Si, lorsque Tsahal aura terminé ses opérations militaires à Gaza, le Hamas pourra toujours envoyer quelques roquettes de fabrication artisanale sur Israel mettant ainsi à mal leur hypothétique victoire en réduisant politiquement à néant l'un des buts de guerre d'Israel. Le Hamas ainsi défait militairement et politiquement valorisé vis à vis du monde arabe. Curieux paradoxe. Les faibles sont-ils si faibles et les forts si forts ? Le faible innovant se sert de différentes croyances, marxisme autrefois, Islamisme radical aujourd'hui, pour se renforcer. Il n’y a pas de structure
homogène chez les combattants du faible. Il existe de nombreuses petites
cellules indépendantes travaillant en réseau grâce notamment à Internet. Il n’y a plus de ligne de
front, la bataille se situe au milieu de la population civile. Il est difficile
de savoir qui fait quoi compte tenu du nombre d’intervenants. L’urbanisation
croissante de la population est une donnée à prendre en compte. Ces mégapoles
génèrent de très grandes violences, sont le théâtre de fréquentes épidémies. Les cités sauvages vont remplacer les États défaillants. Utilisant la pensée de
Deleuze sur la destructuration, les Israéliens vont modifier leur stratégie de
bataille en n’utilisant plus les ruelles où les combattants palestiniens les
« attendaient » mais en passant au travers des murs et des plafonds,
rendant la bataille très destructurantes. L’asymétrie financière
n’est pas à oublier. L’envolée astronomique des coûts de guerre pour les
américains a pesé sur leur économie. Comme la guerre du Viet-Nam a provoqué
la crise de 1973, la guerre Irak-Afghanistan a aggravé si ce n’est provoqué
la crise actuelle.
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