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Copyright 2000-2011
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 13/05/2011

le CML, le Collège Méditerranéen des Libertés,  propose dans le cadre de son cycle de conférences

"Territoires ignorés 2008-2009"

Jean-Marc Balencie

Docteur en sciences politiques, spécialiste des risques internationaux

a donné une conférence le 13 janvier 2009  à la Fac de Droit de Toulon

L'art de la défaite au XXIè siècle : Irak, Afghanistan et Liban

Résumé de la conférence

 

En collaboration avec Arnaud de La Grange : "Les guerres bâtardes. Comment l'Occident perd les batailles du XXIè siècle"  Perrin

Qu'arrive-t-il à la puissance occidentale ? Elle tente désespérément d'imposer à ses adversaires une guerre que ceux-ci refusent de mener.
Dans cette nouvelle forme de guerre, dite de " quatrième génération ", l'Adversaire n'a nul besoin de conquérir ou défaire son ennemi. Il lui suffit de le perturber, le lasser, le faire flancher dans ses certitudes morales afin qu'il renonce et se retire. En raison du déséquilibre des moyens disponibles en faveur du Fort occidental, le Faible ne cesse d'innover en termes de stratégies, de modes opératoires, de communication, de gestion du temps et du sens.
Face à l'" insurgé innovant ", les dirigeants occidentaux peinent à penser ces formes de conflictualités dérégulées et à adapter la stratégie " classique " à cette nouvelle donne. Les Guerres bâtardes ne sont pas une analyse de plus de l'échec irakien ou du bourbier afghan. Le livre dresse pour la première fois le constat d'un tournant stratégique majeur et terriblement inquiétant pour l'avenir. Demain, ce sont d'autres acteurs émergents - au Moyen-Orient ou en Asie -, dotés d'autres moyens que les insurgés sunnites irakiens ou talibans, qui développeront les mêmes stratégies de contournement de puissance, mais à un autre niveau.
9782262028466 - 13.80 €

 

En collaboration avec Arnaud de La Grange : "Les nouveaux mondes rebelles"  Michalon

L'illusion aura duré moins d'une décennie.
Le grand face-à-face Est-Ouest ayant vécu, on avait voulu croire que les menaces pouvaient désormais être contenues, circonscrites à des régions du monde à l'importance stratégique déclinante. Ce fut le calcul afghan. Ce fut, en fait, la tragique erreur afghane et le sanctuaire terroriste de Kaboul, où furent échafaudés les monstrueux plans du 11 Septembre. Depuis les attentats de New York, les frontières de l'insécurité sont tombées.
Les puissances occidentales ont compris qu'elles ne pouvaient se rendre étanches à la violence, se mettre à l'abri des grandes colères du Sud. Que les combattants des conflits dits " périphériques " pouvaient frapper au cœur. De cette géopolitique mondiale de la contestation, les Nouveaux Mondes rebelles tracent les grandes lignes, décryptent les convulsions, identifient les acteurs, privilégiant dans cette nouvelle édition une approche sélective d'une quarantaine de foyers de crise ou de questions transnationales.
Une méthode originale, accessible, loin des atlas institutionnels. Pour discerner, derrière le rougeoiement des incendies d'aujourd'hui, les brûlots de demain.
9782841862481 - 30 €

 

CONFÉRENCE

L'art de la défaite au XXIè siècle : Irak, Afghanistan et Liban

 

On peut s’interroger sur les armées occidentales qui sont peu adaptées aux types de guerres actuelles.

L’émergence de la nébuleuse jihadiste après les 11 septembre a permis de mettre en lumière les organisations armées non étatiques.

Les affrontements post-11 septembres ont permis de voir des duels asymétriques entre faibles et forts : pas de victoire éclatante. La diplomatie américaine n’a pas réussi à aboutir comme cela va être le cas dans les conflits précédents.

 L’enlisement de la guerre après la guerre a fait perdre à ces grandes armées leur prestige et leur crédibilité.

Cela a abouti à des fautes politiques symboliques face à des mouvements armés non étatiques.

Il y a une puissance non concurrentielle qui faiblit face aux mouvements non aidés.

La hiérarchie de puissance se trouve bousculée. Cette puissance, à défaut d’être battue est contournée.

Il y a une incapacité à transformer cette puissance militaire en victoire politique.

Comment peut-on expliquer cette incapacité ?

Il y a quatre facteurs qui s’additionnent :

  • Le faible ne cherche pas à vaincre l’adversaire mais plutôt à le démoraliser : attentats, propagande,  augmentation des coûts liés à la guerre, perte du sens de l’engagement.
  • L’adversaire a changé : il est devenu plus performant. Face à cet insurgé innovant, il est difficile d’y faire face.
  • Les fondamentaux de la stratégie militaire classique ne fonctionne plus et montre les limites des opérations militaires.
  • Le rétrécissement de l’Occident dans le monde est à venir. Si l’Occident était l’unique acteur. Ce n’est plus le cas actuellement avec les puissances émergentes. Les chinois ont tendance à accroitre leurs dépenses en recherche et développement. L’Asie concentre le plus de chercheurs de brevets.

La puissance financière occidentale s’est affaiblie avec la crise monétaire de cet automne et a pu être sauvée par l’aide des capitaux non-occidentaux.

La suprématie militaire de l’Occident est certaine même si ces certitudes ont tendance à faiblir.

Les faibles ont su tirer profit de ces guerres asymétriques de 4ème génération [G4G].

Les guerres de 1ère génération était des guerres de masse ; ce sont les guerres napoléoniennes. Les guerres de 2è génération sont les guerres mettant en avant la puissance de feu : l’exemple-type est celui de la première guerre mondiale. Les guerres de 3ème génération sont les guerres qui mettent en avant les mouvements : l’exemple-type est la guerre de 40 où les allemands vont contourner la Ligne Maginot.

L’espace conflictuel est devenu  une espèce de mille-feuilles : une dimension militaire, un enlisement des troupes dans le conflit, un affrontement médiatique, des défis logistiques et financiers, le sens des croyances vis à vis de l’idéologie occidentale, le sens même du combat, l’attaque des la volonté de combattre.

Le faible doit montrer au fort que le coût du conflit est trop élevé par rapport aux bénéfices escomptés.

Utiliser des avions civils pour s’en servir comme d’un missile est l’un des exemples montrant que le plus faible peut retourner la technologie du plus fort contre lui-même. La voiture piégée est la machine à terreur par excellence la plus meurtrière pour les américains en Irak.
Une des plus grandes innovations résulte de la perte de l’hégémonie en terme de communication du monde occidental y compris avec la perte de contrôle des images désastreuses pour le monde occidental. Il existe même des clips vidéo  particulièrement bien faits qui ont été tournés de façon habile, notamment par les services algériens, qui peuvent être traduits en différentes langues.

La bataille de l'information est devenue beaucoup plus importante que celle qui a lieu sur le terrain. Si, lorsque Tsahal aura terminé ses opérations militaires à Gaza, le Hamas pourra toujours envoyer quelques roquettes de fabrication artisanale sur Israel mettant ainsi à mal leur hypothétique victoire en réduisant politiquement à néant l'un des buts de guerre d'Israel. Le Hamas ainsi défait militairement et politiquement valorisé vis à vis du monde arabe. Curieux paradoxe.

Les faibles sont-ils si faibles et les forts si forts ? Le faible innovant se sert de différentes croyances, marxisme autrefois, Islamisme radical aujourd'hui,  pour se renforcer.

Il n’y a pas de structure homogène chez les combattants du faible. Il existe de nombreuses petites cellules indépendantes travaillant en réseau grâce notamment à Internet.

Il n’y a plus de ligne de front, la bataille se situe au milieu de la population civile. Il est difficile de savoir qui fait quoi compte tenu du nombre d’intervenants. L’urbanisation croissante de la population est une donnée à prendre en compte. Ces mégapoles génèrent de très grandes violences, sont le théâtre de fréquentes épidémies.

Les cités sauvages vont remplacer les États défaillants.

Utilisant la pensée de Deleuze sur la destructuration, les Israéliens vont modifier leur stratégie de bataille en n’utilisant plus les ruelles où les combattants palestiniens les « attendaient » mais en passant au travers des murs et des plafonds, rendant la bataille très destructurantes.

L’asymétrie financière n’est pas à oublier. L’envolée astronomique des coûts de guerre pour les américains a pesé sur leur économie. Comme la guerre du Viet-Nam a provoqué la crise de 1973, la guerre Irak-Afghanistan a aggravé si ce n’est provoqué la crise actuelle.
Ces guerres asymétriques ne sont pas uniquement le fait de l’Islamisme radical, mais on les retrouve en Amérique du Sud, en Afrique, même si ces conflits sont un peu moins médiatique.

 

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