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Copyright 2000-2008
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 10/05/2008
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le CML, le Collège
Méditerranéen des Libertés, propose dans le cadre de son cycle de
conférences
"Les Passeurs de Liberté"
Jean-Marc Balencie

Photo Librairie Gaïa
Jean-Marc Balencie, docteur en sciences
politiques, est analyste dans un cabinet de gestion des risques internationaux.
Il avait donné une conférence
le 9 décembre 2003.
a donné une conférence
le 2 mai 2006 :
L'Afrique en 2020 : quels
scenarii envisageables ?
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"Les nouveaux mondes rebelles. Conflits, terrorisme
et contestations" Michalon |
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L'illusion
aura duré moins d'une décennie. Le grand face-à-face Est-Ouest ayant vécu,
on avait voulu croire que les menaces pouvaient désormais être
contenues, circonscrites à des régions du monde à l'importance stratégique
déclinante. Ce fut le calcul afghan. Ce fut, en fait, la tragique erreur
afghane et le sanctuaire terroriste de Kaboul, où furent échafaudés les
monstrueux plans du 11 Septembre. Depuis les attentats de New York, les
frontières de l'insécurité sont tombées. Les puissances occidentales
ont compris qu'elles ne pouvaient se rendre étanches à la violence, se
mettre à l'abri des grandes colères du Sud. Que les combattants des
conflits dits " périphériques " pouvaient frapper au cœur. |
| De
cette géopolitique mondiale de la contestation, les Nouveaux Mondes
rebelles tracent les grandes lignes, décryptent les convulsions,
identifient les acteurs, privilégiant dans cette nouvelle édition une
approche sélective d'une quarantaine de foyers de crise ou de questions
transnationales. Une méthode originale, accessible, loin des atlas
institutionnels. Pour discerner, derrière le rougeoiement des incendies
d'aujourd'hui, les brûlots de demain. |
CONFÉRENCE DU 2 MAI 2006
L'Afrique
en 2020 : quels scenarii envisageables ?
Avec l'émergence de la Chine et de l'Inde qui monopolisent l'actualité,
l'Afrique est la grande perdante de la mondialisation.
Au-delà des clichés, il faut repenser les relations entre
l'Europe et l'Afrique. Si on ne s'intéresse pas à l'Afrique, cette dernière
risque de s'intéresser à nous, que ce soit par les maladies, l'immigration ou
le pétrole...
La période d'or de la Françafrique est terminée depuis les
débuts des années 90. Elle ne se renouvellera pas. La révolution
démographique, l'échec de la lutte contre la pauvreté, l'insécurité, les
ressources... restent encore des constantes.
L'Afrique et l'Europe vivent dans les mêmes créneaux horaires
(2 à 3 fuseaux horaires) du Cap Nord au Cap de Bonne Espérance. On
bénéficie déjà de ces connexions avec par exemple les centres d'appels
téléphoniques.
Contrairement aux idées reçues, on devrait assister à une
intrication plus forte entre l'Europe et l'Afrique. L'AFRIQUE
EN TRANSITION
Pendant les années 80-90, il y a eu deux décennies terribles avec
les guerres et une baisse tendancielle des matières premières, la
mal-gouvernance. Quatre millions de morts cumulés montrent la violence des
conflits.
En 2006, 16 pays africains vont connaître des élections
importantes. On est passé de l'Afrique des conflits à l'Afrique des scrutins. UNE
AFRIQUE PEUPLÉE
910 millions d'habitants en 2006 : l'Afrique compte 12 % de la
population mondiale mais seulement 5 % de la croissance économique. Le taux de
fécondité a tendance à baisser, même si ce taux est encore très élevé en
Afrique de l'Ouest et plus faible en Afrique australe.
Il y aura d'importants flux migratoires dans l'Afrique elle-même,
mais aussi vers l'Europe.
La Méditerranée va devenir un grand fleuve avec plusieurs gués,
plusieurs passages depuis l'Afrique (les Canaries, Gibraltar et le sud de
l'Italie) vers l'Europe. Cette immigration va devenir un sujet important dans le
débat politique européen. Il y aura un renforcement des diasporas en Europe
qu'il faudra prendre en compte.
La religion anglicane s'est développée avec la colonisation
anglaise sub-saharienne. Le numéro 2 de l'Église anglicane est d'origine
ougandaise. L'Église va donc voir son développement à des prêtres d'origine
africaine. UNE AFRIQUE ASSOIFFÉE
Si l'Afrique a d'énormes ressources en eau, cette dernière est
très mal répartie et y est très mal utilisée : 30 % de la population n'a pas
accès à l'eau potable.
Tout ceci est lié à une mauvaise gestion (adduction de l'eau),
une mauvaise pratique de l'agriculture. Le réchauffement de la planète
n'arrange pas les choses. Le lac Tchad a pratiquement disparu en quelques
décennies. UNE AFRIQUE AFFAMÉE
La croissance démographique, la mauvaise gestion de l'eau,
l'érosion des sols, la préférence des cultures destinées à l'exportation
plutôt qu'au développement de cultures vivrières vont mettre l'Afrique dans
une situation catastrophique. UNE AFRIQUE
PAUPÉRISÉE
La croissance est relativement importante (4
à 5 % du PNB) mais insuffisante pour réduire la pauvreté et malgré de très
nombreux handicaps structurels. Il faut faire attention de ne pas comparer ces
"performances" avec la croissance occidentale car elles ne portent pas
sur les mêmes sommes. Certains pays à forte croissance ont des taux importants
liés au développement du pétrole.
En 2020, une vingtaine de villes africaines atteindront le million
d'habitants sans avoir les véritables infrastructures pour y faire face. UNE
AFRIQUE ÉCONOMIQUEMENT MARGINALISÉE
L'Afrique ne pense que 20 % dans les échanges internationaux et a
même régressée depuis une dizaine d'années. Par exemple, le coton africain
(25 millions de personnes) est concurrencé par le coton américain (25000
personnes et 3 milliards de subvention). QUELLES
SOLUTIONS ?
- Un meilleur niveau des prix des matières premières
- Une réduction de l'endettement
- Accroissement des transferts de fonds en provenance des
diasporas.
- Des financements internationaux.
- Favoriser une meilleure gouvernance et lutter contre la
corruption.
- Aider l'essor des PME, chaînon manquant de l'économie
africaine. UNE AFRIQUE CONNECTÉE
La révolution de la téléphonie mobile
affecte l'Afrique qui est devenue le marché le plus dynamique de la planète.
Il est surprenant de voir des millions d'africains mourant de faim et 100
millions d'africains qui peuvent se permettre de se payer téléphone et
forfait.
Il existe une course entre les américains et les chinois pour
proposer aux africains des ordinateurs portables (avec connexion Internet ?)
pour 100 $ pièce, permettant un meilleur développement. UNE
AFRIQUE ÉNERGÉTIQUE
L'Afrique va devenir un acteur émergeant sur la scène
pétrolière mondiale. Les gisements pétroliers off shore profond (jusqu'à
1500 m) et ultra-profond (jusqu'à 3000 m) sont une perspective très
importante. UNE AFRIQUE CONVOITÉE
Il y a un paradoxe entre cette Afrique pauvre et marginalisée et
des perspectives très favorables grâce à ses matières première. UNE
AFRIQUE A LA RECHERCHE DE STABILITÉ
Il y a des guerres liées aux contrôles des ressources. Un risque
terroriste existe avec les conflits à caractère identitaire ou religieux.
Il y a une impuissance des africains à assurer leur propre
sécurité et doivent toujours faire appel à des forces extérieures.
Certaines avancées démocratiques pourraient se produire avec la
"mise à la retraite" de vieux autocrates.

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