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Copyright 2000-2010
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 25/08/2010

le CML, le Collège Méditerranéen des Libertés,  propose dans le cadre de son cycle de conférences

"Territoires ignorés 2008-2009"

Guy Aurenche

Guy Aurenche - CML - 50è anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme

Avocat à la Cour de Paris depuis 1967, spécialiste de Droit civil et de Droit pénal
Fondateur et Président d’honneur de la FIACAT (Fédération internationale de l’action des
des chrétiens pour l’abolition de la torture)

a donné une conférence à la Fac de Droit de Toulon le mardi 9 décembre 2008

L'universalité des droits humains, un territoire ignoré

Décembre 2008 : 50è anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme

 

En collaboration : "Responsables des Droits de l'Homme. Rapport annuel 1998"

Dans son nouveau rapport annuel, la Fédération internationale de l'ACAT (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture) souligne que, à côté de l'Etat, bien d'autres acteurs doivent intervenir pour faire reculer la barbarie.
Face au terrorisme, à des structures économiques déshumanisantes, à des traditions culturelles avilissantes, à des totalitarismes idéologiques ou religieux, une mobilisation générale et un engagement spirituel profond s'imposent. Ne laissons pas la défense de la dignité humaine aux mains de quelques spécialistes, fussent-ils fonctionnaires internationaux, avocats, militants chrétiens ! Ce serait une grave erreur.
Ce combat requiert les forces de toute la population et de tous les organes de la société. Que le récit des expériences simples et courageuses de très nombreux groupes ACAT, orthodoxes, protestants, catholiques, incite chacun de nous à trouver sa place dans cette immense chaîne de solidarité qui, chaque jour, sauve du désespoir " (Guy Aurenche).

 

"La dynamique des droits de l'homme"   Desclée de Brower

Partout à travers le monde, des hommes et des femmes se lèvent pour refuser l'inacceptable et défendre la dignité humaine, une dignité qui n'en finit pas d'être bafouée.
Génocides du Rwanda et de l'ex-Yougoslavie, scandale du travail des enfants, esclavage et tourisme sexuel, montée des fanatismes. Plus que jamais, la défense des Droits de l'homme demeure un combat d'actualité. Cinquante ans après son adoption par l'ONU, la Déclaration universelle qui les proclame est toujours un outil efficace, un horizon de sens possible pour une humanité en quête de justice et de paix.
Mais, depuis 1948, la situation a beaucoup changé. Les Droits de l'homme suscitent toute une dynamique propre et des évolutions marquent profondément la scène internationale : montée en puissance des ONG, disparition du bloc communiste, interventions des juridictions internationales en cas de génocide, émergence du " laboratoire européen ", articulation des responsabilités du politique et de l'humanitaire.
Ce nouveau livre du Guy Aurenche prend en compte cette réalité inédite et ouvre des pistes pour réfléchir à l'avenir des Droits de l'homme. Propos d'un homme de terrain, d'un praticien du combat humanitaire, il invite plus largement à une démarche éthique et éducative.

Guy Aurenche a également écrit deux ouvrages actuellement épuisés :

  • "Avocat de l'espérance. Entretiens avec Jeff Tremblay"   Éd. Bayard

  • "Bonne nouvelle à un monde torturé"   Éd. Bayard

 

CONFÉRENCE

L'universalité des droits humains, un territoire ignoré

   Pour Guy Aurenche, nous sommes tous les spécialistes des droits et de l’avenir de la personne humaine. L’horizon est un territoire ignoré. On le voit mais on ne peut jamais l’atteindre. Les droits de l’homme sont des visages d’hommes et de femmes.

   Dans quels contextes se situent actuellement les droits de l’homme et leur universalité. Ils ont toujours été des cris d’hommes et de femmes depuis la nuit des temps en exprimant leurs espoirs et leurs exigences. Ces phénomènes sont mondiaux. Qui mettra au cœur de la mondialisation la personne humaine ? Cela a été fait pour la finance, pour les marchands d’armes…. ! Les nouveaux pouvoirs ont changé la donne. Que faisons-nous des découvertes qui ont été trouvées ? Le rôle du citoyen n’est-il pas d’influencer le sens donné à ces découvertes ? On a trouvé la marchandisation de l’homme !

   Il y a une crise du sens que l’on peut donner à sa vie. Albert Camus se posait la question de savoir pourquoi, au début du XXè siècle, alors que toute une frange de la population avait été élevée dans le nihilisme, elle a trouvé un sens à son  existence en luttant contre le nazisme au péril de sa vie, en défendant un certain nombre de valeurs.

   Le monde actuel vit dans une extrême misère. Le fossé entre riche et pauvre n’a cessé de s’ élargir.

   Le texte de la Déclaration universelle des droits de l’homme a été écrit en 1948, soit quelques mois à peine après les massacres de la Shoah , les bombardements des villes, la bombe atomique…

   Ce texte est un horizon d'espérance. 

   La méconnaissance même des droits de l'homme a conduit au pire des barbaries. Les droits de l'homme sont des garde-fous.

   Il est possible de construire ensemble un monde libéré de la terreur et de la misère. L'acte de foi dans chaque être humain, dans sa dignité, permet de donner une chance à cette espérance. On ne peut pour sauvegarder un droit, violer les autres droits. Là est sans doute l'une des limites du système.

   Faut-il le réécrire ou le réactualiser ? Rien est moins sûr ! Malgré tout, de nombreuses conventions ont été écrites depuis. Par exemple, il n'y a pas de sanctions au viol de ces droits. Cependant il y a des tribunaux qui ont été créés comme celui du Tribunal Pénal International...

   Cette déclaration des droits de l'homme ne s'est pas appelée internationale mais bien universelle car elle s'adresse à tout le monde, à tous, individuellement.

   Cet outil sert de levier d'interpellation vis à vis des différents États. Aucun chef d'État ne peut indéfiniment renier sa signature vis à vis des droits de l'homme. Par exemple, il pourra y avoir des tensions entre droit de propriété et droit au logement opposable.

   Comment nous situons-nous  en tant qu'acteur dans cette universalité ? Comment négocions-nous nos peurs, par exemple vis à vis du terrorisme ?

   Il faut faire partie de la solidarité qui donne l'espérance. Les hommes sont capables de donner l'espérance en brisant la solitude de ceux qui y sont enfermés.

   La discrimination c'est d'abord le fait de commencer par mettre une étiquette sur un groupe, puis c'est de l'exclure de la normalité. C'est ensuite la déshumanisation.

   Il faut contribuer à constituer une gouvernance mondiale. il faut aussi définir le partage des richesses. La peur implique des replis identitaires afin que l'autre devienne son ennemi. La multiplication des droits ne facilite pas la défense des droits de l'homme. Le fossé entre les paroles et les actes s'est tellement agrandi que cela diminue paradoxalement la valeur, la force des textes sur les droits de l'homme.

   Il faut reconjuguer l'éthique de conviction et l'éthique de responsabilité.

 

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