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Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 04/03/2012
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le CML, le Collège
Méditerranéen des Libertés, propose dans le cadre de son cycle de
conférences

On ne badine pas avec l'avenir
Danièle Hervieu-Leger
Danièle
Hervieu-Léger est directeur d'études à l'École des hautes études en
sciences sociales.
a donné une conférence
le 12 octobre 2010
à la Faculté de Droit de Toulon
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Danièle Hervieu-Leger : "La religion pour
mémoire" Éditions du Cerf |
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Au milieu des
années 70, la poussée des « nouveaux mouvements religieux »,
le retour en force de la religion sur la scène publique, la montée des
« intégralismes » partout dans le monde provoquèrent une révision
déchirante des théories classiques de la sécularisation. Après avoir
mis l'accent sur la perte de la religion, on insistait sur la dissémination
du religieux dans l'ensemble de l'espace social. Après n'avoir plus vu de
religion nulle part, on découvrait du sacré partout...
Ce changement radical de perspective a placé durablement les sociologues
en porte à faux : comment analyser en même temps l'effritement
continu de l'emprise sociale des religions historiques et cette prolifération
religieuse inattendue ? Les outils théoriques classiques se révèlent
incapables de tenir compte à la fois de ces deux dimensions. |
Soit
on définit la religion en fonction du contenu des croyances qui sont
supposées la caractériser (par exemple, la croyance en une puissance
surnaturelle), et on passe à côté d'un ensemble de phénomènes (des
manifestations sportives de masse aux concerts de rock, ou aux « religions
politiques ») dans lesquelles « quelque chose » se joue
du « religieux » moderne ; soit on étend la notion de
religion à tout ce qui, dans nos sociétés, touche à la question du
sens et aux interrogations ultimes de l'homme sur la signification du
monde dans lequel il vit, et on « noie » alors les phénomènes
religieux dans la nébuleuse insaisissable des « systèmes de
significations »...
L'objectif de cet ouvrage est de sortir de ce cercle en reprenant dans des
termes renouvelés la question posée par les pères fondateurs de la
sociologie, et abandonnée après eux, de la définition de la religion.
L'auteur s'attache à l'élucidation de la modalité particulière du
croire qui caractérise en propre le phénomène religieux : la référence
à « une mémoire autorisée », c'est-à-dire à une
tradition.
9782204048002 |
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Danièle Hervieu-Léger : "Vers un nouveau
christianisme ?" Éditions du Cerf |
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Chute de la
pratique, crise des vocations, effritement de la morale, « la
religion se perd » dit-on...
Succès des sectes, vitalité des communautés « chaudes »,
regain d'intérêt pour les monastères, renouveaux, « retour du
sacré » annonce-t-on...
Cette contradiction domine les débats et les conflits sur la situation et
l'avenir du christianisme dans les pays avancés, particulièrement en
France. Les rapports entre la religion et la modernité sont au cœur du débat.
Religion et modernité s'excluent-elles autant qu'on l'a prétendu ?
Ou bien se nouent-elles aujourd'hui en une combinaison inédite dont émerge
une figure nouvelle du christianisme, un nouveau christianisme ?
Ce livre dégage les éléments du débat en de brèves et magistrales
synthèses : l'évaluation de la pratique religieuse, la situation du
clergé et la crise des vocations, la « religion populaire »
et la déchristianisation, les nouveaux mouvements religieux et les
renouveaux, la sécularisation et ses interprétations, la situation des
Églises au XIXe siècle, l'évolution du protestantisme au XXe siècle,
celle du catholicisme jusqu'à la critique présente des autonomies et
l'effet du charisme de Jean-Paul II. |
| Une
compréhension renouvelée de la sécularisation, du rapport entre
religion et modernité, noue ce livre et fonde la description d'une
nouvelle figure du christianisme, le christianisme post-moderne. Dont la
question est de savoir si la crise de la raison et des idéologies, de la
confiance dans le progrès, est sa chance ou sa perte.
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Danièle Hervieu-Leger : "Le pèlerin et le
converti. La religion en mouvement." Champs Flammarion |
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Êtes-vous religieux ? À cette question, la
plupart d'entre nous répondraient non.
Et pourtant, la religion, loin de disparaître, tient toujours dans nos
sociétés une place importante. Certes, les églises sont désertées et
la réunion dominicale se fait plus souvent autour de la télévision que
de l'autel. Mais les sectes se multiplient et les discours sur Dieu et
l'au-delà nous fascinent. C'est sur l'explication de ce paradoxe que se
penche Danièle Hervieu-Léger. Comment, dans une France laïque et républicaine,
d'immenses manifestations ont-elles pu mobiliser les citoyens pour la défense
de l'enseignement privé ou unir les jeunes lors des Journées mondiales
de la jeunesse autour du pape ? La religion qui nous séduit aujourd'hui
n'a que peu de traits communs avec celle dans laquelle nous ont élevés
nos parents.
Chacun de nous " bricole " la sienne, empruntant au
christianisme, au judaïsme, à l'islam, mais aussi au bouddhisme ou au
taoïsme. Les figures mobiles du pèlerin et du converti l'emportent sur
celle, classique, du pratiquant. En France, la question religieuse est
aussi politique. La République a organisé la cohabitation des différentes
confessions selon le modèle catholique. Confronté à la prolifération
des croyances et des communautés, l'État est privé de ses
interlocuteurs institutionnels habituels. |
| La laïcité se grippe, le débat
sur les sectes s'enlise, la question du voile empoisonne la vie publique.
Peut-on imaginer un modèle de laïcité médiatrice, capable de mobiliser
les " familles spirituelles " au service de la refondation du
lien social ? |
Notes sur la conférence
On éprouve un malaise dans la transmission des savoirs,
des idéaux. Dans le domaine religieux, ce souci s’exprime très facilement.
On le voit dans l’inexistence, dans l’incapacité d’accepter un héritage
du religieux et de sa mémoire.
Le phénomène nouveau n’est pas l’impiété des générations
suivantes qui a toujours existé mais sa non-transmission. Il y a même une
transmission à l’envers où l’on voit des jeunes qui reprochent à leurs
parents leur manque d’intégrisme religieux.
Il peut y avoir une réticence à transmettre. Dans
une étude sur la transmission, seuls 4 % d’une population jugeaient
importante la transmission religieuse.
Il s’agit de la fin des identités religieuses
héritées. C’est un effet induit de la sécularisation de notre société.
Il n’y a d’autonomie religieuse que choisie. Ce choix
est fondamental pour l’accomplissement de soi en tant que sujet.
La grande innovation juive est moins le monothéisme que le
contrat, l’alliance, qui existe entre Dieu et l’homme. Il ne s’agit plus
de faire la place à Dieu, mais de se réaliser dans sa foi. Cette notion apparaît
dès la seconde moitié du XVIIè siècle.
L’enjeu de ces constructions identitaires est de
s’inscrire dans une famille identitaire, tant généalogique que
communautaire.
Il y a des phénomènes de standardisation des récits
croyants individuels et atomisés. Ils répondent aux questions sur la mort, la
souffrance, le mal, l’altérité…
Il y a 4 dimensions sur lesquelles s’appuient la religion :
- L’identité
communautaire qui marque l’appartenance (Baptême, circoncision…)
- L’identité
des valeurs, soit une dimension éthique.
- L’identité
culturelle (Les savoirs, les fêtes rituelles…).
- L’identité
émotionnelle qui correspond à la sensation d’appartenance à cette
communauté.
La liturgie est au carrefour de ces quatre dimensions.

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