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Copyright 2000-2012
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 04/03/2012

le CML, le Collège Méditerranéen des Libertés,  propose dans le cadre de son cycle de conférences


On ne badine pas avec l'avenir

Daniel Bougnoux
    
 

a donné une conférence le 9 novembre 2010
à la Faculté de Droit de Toulon

Notes sur la conférence

 

Collectif dirigé par Daniel Bougnoux : "Empreintes de Roland Barthes"  Ed. Cécile Defaut

Coordonnée par Daniel Bougnoux, une journée INA-Sorbonne s'est tenue à la salle Louis-Liard, le vendredi 13 juin 2008, pour traiter des " Empreintes de Roland Barthes ".
Plus vivace que le signe symbolique, la notion d'empreinte fait référence aux marques laissées par un corps, et l'on sait à quel point du corps, désirable autant qu'énergumène, aura tourmenté l'auteur de L'Empire des signes. Il y eut en effet plusieurs Barthes, dont le nom demeure généralement accolé à la percée baptisée " sémiologie " dans le champ des sciences humaines. Lui-même pourtant ne s'en contenta pas ; le théoricien militant du théâtre populaire, puis d'une sémiologie d'abord marquée par Brecht, glissa au fil des années soixante-dix de la culture des codes à l'approche délicate des corps, et notamment de ces traces ou empreintes sensibles dont témoigne, après le théâtre, la photographie.
Son dernier livre, La Chambre claire, traite de 1 indice, de l'aura, de l'empreinte. Douze intervenants employèrent cette journée à tirer d'une grande œuvre leurs propres matériaux, et à dire les empreintes semées en eux par Roland Barthes - à la façon d'un chat.

 

Daniel Bougnoux : "La crise de la représentation"  La Découverte

Depuis les années 1980, dans nombre de démocraties occidentales, la représentation politique est en crise.
De la " faillite des institutions " à l'" affaissement de la nation " en passant par le " communautarisme ", bien des explications sont avancées. Et s'il fallait chercher ailleurs ? C'est l'hypothèse provocante qu'explore Daniel Bougnoux dans ce livre singulier : on ne peut comprendre la crise de la représentation politique sans l'inscrire dans celle, bien plus large, qui affecte depuis plus d'un siècle la notion même de " représentation ".
Preuves à l'appui, puisées dans un corpus impressionnant d'œuvres littéraires et artistiques, l'auteur montre comment les avant-gardes du XXe siècle ont progressivement sapé les effets de la " mise à distance ", du détour par l'ordre symbolique. Hier, le théâtre, la peinture ou le cinéma proposaient une coupure nette entre l'illusion et le monde réel ; la culture fondée sur le livre contenait ce réel à bonne distance, en refoulant la présence des corps derrière des représentations plus abstraites.
Aujourd'hui, passant du livre au live, les nouveaux médias nous invitent au festin d'une vie immédiate, au commerce des " coups " et à la contagion des passions. La presse semble toujours plus pressée, l'art cherche sur les corps une emprise directe, les spectacles deviennent contacts et notre société se fragmente en communautés réduites aux affects... Mais les effondrements symboliques liés à ces mutations ne cachent-ils pas la difficile naissance de formes nouvelles, où l'individu démocratique aurait toute sa place ?

 

Daniel Bougnoux en collaboration : "Lexique d'information communication"  Dalloz

Plus de 2 000 entrées.
Tous les médias sont représentés : la presse et le cinéma, la radio et la télévision, mais également ceux nés au cours des dix dernières années avec Internet et le numérique, depuis les sites Web jusqu'aux blogs, en passant par la TNT, le podcasting et les moteurs de recherche. Les mots et les notions définis mettent en avant les principaux usages et les principales finalités de chaque média : information, communication mais aussi divertissement, formation et création, adoptant à chaque fois le point de vue des disciplines concernées : droit, économie, histoire, sociologie et technologie.
Les principales théories, écoles et méthodes des sciences de l'information et de la communication sont présentées de façon claire et distanciée. " Tout en un ", le Lexique d'information communication définit chacun des termes, chacun des concepts et chacune des notions de ce vocabulaire spécifique à un secteur qui n'a cessé de s'étendre, au rythme de l'essor des médias.
Il entend ainsi éclairer les enjeux dont les TIC - Technologies de l'information et de la communication -, anciennes ou récentes, sont les instruments : pour la démocratie, pour la culture savante ou artistique, pour les relations entre les peuples et entre les nations.
Rédigé par des universitaires et par des professionnels, il offre les clefs qui permettent à tous, professionnels ou usagers, de comprendre et de mieux appréhender le monde des médias.

 

Daniel Bougnoux : "Introduction aux sciences de la communication"  Repères La Découverte

Cet ouvrage introduit le lecteur aux principaux problèmes traités par les sciences de la communication, qui tentent de se constituer aujourd'hui en discipline autonome. Ils s'y trouvent sélectionnés et échelonnés, depuis la relation interpersonnelle jusqu'aux ouvertures de la mondialisation, en passant par la communication médiatisée et l'évaluation des technologies, anciennes et nouvelles, qui construisent, élargissent et déforment l'espace public des représentations sociales et politiques. Les concepts-clés de la sémiotique, de la pragmatique et de la médiologie interviennent tour à tour, pour relier des problématiques à première vue disparates, mais en réalité communicantes. La " communication " est-elle bonne, est-elle mauvaise ? Sans relayer l'imprécation, ni les naïves promesses, l'auteur s'efforce de mettre à plat des phénomènes complexes, et de les rendre discutables.

 

Daniel Bougnoux : "Le vocabulaire d'Aragon"   Ellipses

L'œuvre d'Aragon (1897-1982) a épousé la courbe du siècle, et traversé à peu près tous les genres : roman, poésie, essais, critique littéraire, journalisme...
A côté de quelques romans d'une grandeur inoubliable (comme Aurélien, ou La Semaine sainte), l'auteur du Fou d'Elsa a su pénétrer la mémoire populaire à travers des poèmes qui sont devenus chansons. La première évidence, pour qui aborde sans prévention Aragon, est celle de ses contradictions : quel rapport entre l'anarchiste et l'apparatchik, entre le libertin et l'amoureux transi, entre le poète lyrique et le critique pointilleux ; entre l'envergure démesurée de ses ouvrages et les pulsions de destruction qui les traversent ? Devant la richesse inouïe d'une telle variété d'écrits, il est difficile de les rapporter au même individu ; Aragon enseigne d'abord par ceux-ci le mouvement perpétuel, ou l'invention à jamais inachevée de la personne humaine.
Et il nous rappelle que celui qu'on prend pour l'auteur est toujours croisé : avec ses modèles littéraires ou ses intercesseurs, avec sa femme Elsa Triolet pour les grands romans du Monde réel, ou en général avec ces terribles circonstances hors desquelles il ne concevait pas d'écriture véritable. On ne résume pas une pareille démarche, mais on peut y repérer des carrefours qui sont autant d'étoiles dans la trame du texte ou du chant : d'Aimer à Transmission, trente-deux entrées permettent d'approcher le poème comme problème, et les modes d'emploi du roman, c'est-à-dire de la vie quand elle se parle.

 

NOTES SUR LA CONFERENCE DU 9 NOVEMBRE 2010

La transmission en question

 

   Communiquer désigne le transport d'un message dans l'espace alors que transmettre est davantage son transport dans le temps.

   La communication aurait pour ambition la conquête de l'ubiquité, c'est à dire qu'un même message touche un maximum de gens. Face à cette conquête, il y a la transmission qui vise l'accumulation culturelle. Les outils technologiques seraient du côté de la communication. Ainsi, il faut que les objets soient les plus standardisés possible qui se paye par une obsolescence beaucoup plus rapide. 

   Du côté ethnique, les cultures sont multiples et différentes. Pas de culture sans clôture. Par exemple, les langues ne se transmettent que dans une aire clôturée mais sans limite de temps. Les cultures sont différentes dans l'espace et se maintiennent dans le temps : il n'y a pas de culture sans histoire.

   La nation se découpe géographiquement mais est fléchée par l'Histoire, par les histoires.

   Si la communication passe par les tuyaux, la transmission passe par les Institutions. L'État, l'École, l'Église, sont les piliers de la transmission.

   La pensée est matérielle et suppose des outils. Elle nécessite des réseaux pour être diffusée. Le message ne reste pas inerte, il peut être modifié dans le transport. S'il se transmet, il se transforme. Ce transmetteur hybride, parasite, fertilise, transcende le message.

   Communiquer, c'est le "Direct", la transmission, c'est le "Différé".

   Les hommes travaillent dans la représentation. Il y a là la construction d'un ordre symbolique.

   Le livre est un arrêt sur les mots par opposition à l'oralité qui est a-critique. Écouter, c'est obéir, lire c'est arrêter le message. La modernité c'est l'impatience face à la froideur, la lenteur et à la sècheresse typographique. Mais il y a de la richesse dans cette sècheresse. "Less is more".

   Une photo est un indice qui court-circuite le symbolisme de la peinture. Le photographe est prisonnier de ce direct qui est limité au réel.