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Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 13/05/2011
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le CML, le Collège
Méditerranéen des Libertés, propose dans le cadre de son cycle de
conférences

On ne badine pas avec l'avenir
Pierre Musso
Professeur
de sciences de l'information et de la communication à l'Université de Rennes
a donné une conférence
le mardi 24 novembre 2009
à la Faculté de Droit de Toulon - Amphi 500.1
Le berlusconisme : politique
et télévision en France et en Italie
Résumé de
la conférence
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"Le sarkoberlusconisme" Éditions
de l'Aube |
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Les formes de conquête et d'exercice du
pouvoir par Nicolas Sarkozy en France et par Silvio Berlusconi en Italie
suscitent des interrogations.
Elles présentent des similitudes identifiant un phénomène original: le
" sarkoberlusconisme ". Cette hypertrophie du Je et ce
renouvellement du politique ne peuvent être réduits à un dispositif
sophistiqué de communication ou à une variante du populisme, voire à un
" télépopulisme ". Car la rupture ne s'opère pas là où elle
se voit, mais dans les profondeurs, là où les valeurs symboliques
traditionnelles de l'État en crise s'effilochent.
Ce nouveau modèle politique euro-méditerranéen, de type bonapartiste,
combine l'autorité de l'État, la révérence à la catholicité et la référence
à l'entreprise. Il manie les technologies du néo-management et de la néo-télévision
pour déréguler l'État-providence et le politique. Le Centaure
sarkoberlusconien, figure symbolique étrange, à la fois " anti
" et " néo " politique, prétend même renouveler "
l'esprit du capitalisme " en le moralisant.
Un essai lumineux - et inquiétant. |
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En collaboration avec C. Alvergne : L'aménagement du
territoire en images" Documentation Française |
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- Imagerie et imaginaire de l'aménagement
du territoire
- LA REPRÉSENTATION MONARCHIQUE DU
TERRITOIRE ET DE SON AMÉNAGEMENT (du XVIe siècle à la Restauration)
- L'identification du territoire
royal et les premières cartes de France
- La naissance de la carte de France
et de l'aménagement au XVe siècle
- Le siècle des fondateurs des
politiques d'aménagement du territoire : Sully, Colbert et Vauban
- L'invention de la carte des Cassini
et les grands travaux des ingénieurs
- Les divisions administratives de la
Révolution et l'achèvement des réseaux sous l'Empire et la
Restauration
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DE L'UTOPIE SAINT-SIMONIENNE A
LA VISION RÉPUBLICAINE
- urbanisme, industrialisme et universalisme " :
1850-1950
- Deux représentations de la Nation et de son
territoire : saint-simonisme et Second Empire, républicanisme et géographie
vidalienne
- La mise en réseaux techniques du territoire
- L'aménagement des villes : réseaux urbains et plans
haussmanniens
- L'industrialisation
- Les territoires du tourisme
- La France redessinée par les deux guerres mondiales
:destructions et reconstructions
- Le territoire colonisé
ENTRÉE DANS LA MODERNITÉ : LES NOUVELLES LOGIQUES DE L'AMÉNAGEMENT
DU TERRITOIRE
- Les images fondatrices
- La politique des grands travaux
- La périphérie, la circulation et la mobilité
urbaines
- Les mutations du monde rural
- Des images pour comprendre et débattre
- Les nouvelles images des territoires
- L'aménagement face à la mondialisation (1980-2000)
: réponses néo-colbertistes
- Désindustrialisation et décentralisation : deux
moteurs de la requalification des espaces urbains
- La mobilité et les réseaux
- L'intégration européenne : nouvelles échelles,
nouvelles images ?
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"Les télécommunications"
Repères - La Découverte |
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L'explosion du téléphone mobile et
d'Internet, l'accès au très haut débit, la convergence multimédia et
la multiplication des services résultent de la rencontre entre les télé-communications
et l'informatique.
Cette révolution numérique provoque un big bang amplifié par les
politiques de dérégulation. Pour éclairer cette mutation, cet ouvrage
présente les techniques, l'industrie, les marchés et les acteurs du système
mondial des télécoms. Il met en perspective historique la régulation
construite sous la forme de monopoles et souvent de services publics. Il
analyse la dérégulation qui a conduit à la formation d'oligopoles
mondiaux et à l'arrivée de nouveaux acteurs comme les autorités de régulation,
les collectivités territoriales et les consommateurs.
Début 2000, les télécoms ont connu une grave crise financière dont les
effets pèsent sur l'emploi, l'investissement et l'innovation. Depuis, la
" finance high-tech " s'impose au monde des télécommunications. |
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En collaboration : "Fabriquer le futur 2 :
l'imaginaire au service de l'innovation" Village Mondial |
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Comment inventer de nouveaux produits et
services que les consommateurs adopteront durablement ? La conception
traditionnelle de l'innovation, principalement fondée sur les développements
technologiques, a montré ses limites.
Face à ce constat, les auteurs proposent d'intégrer à la stratégie
d'innovation la dimension de l'imaginaire. En effet, explorer l'imaginaire
du consommateur, va permettre de mieux répondre à ses aspirations et
d'introduire de nouveaux profils. Aux côtés des ingénieurs et
techniciens, on trouvera des co-acteurs en provenance des univers les plus
variés. Qu'ils soient utilisateurs, médias, membres d'autres services de
l'entreprise ou prestataires, voire concurrents, tous seront impliqués,
l'innovation quittant le laboratoire de R & D pour devenir un phénomène
transversal et pluridisciplinaire. |
Pour certaines entreprises, ce
phénomène est déjà réalité. Ainsi, IBM reconstitue les
environnements professionnels de ses clients pour anticiper avec eux
l'avenir, Décathlon introduit des équipes pluridisciplinaires sur les
lieux de vente pour être plus proche de ses clients, Dassault Systèmes
utilise la simulation virtuelle pour inventer les produits de demain.
Cette nouvelle édition entièrement revue et augmentée introduit des
notions émergentes comme l'éco-conception, l'innovation ascendante, la révolution
numérique 3D, la prospective appliquée, l'innovation en mode projet,...
et s'appuie sur une centaine d'interviews et témoignages. |
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"La religion du monde industriel : analyse de la
pensée de Saint-Simon " Éditions de l'Aube |
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Longtemps la religion des hommes ne s'intéressa
pas à l'ici-bas.
Et encore moins à l'entreprise. Puis vint le philosophe français Claude
Henri de Saint-Simon (1760-1825), auteur d'un Nouveau Christianisme, véritable
fondateur de la religion industrielle et scientifique que l'Occident
moderne tend maintenant à imposer partout. Religion scientiste du progrès,
de l'efficacité, du futur et des technologies qui sécularise le monde,
non pour fonder une religion politique célébrant l'Etat mais pour
sacraliser l'Entreprise; elle crée l'industrialisme, nouvelle croyance
terrestre à la source des idéologies modernes: socialiste, marxiste,
positiviste, libérale ou managériale.
Cet ouvrage analyse l'oeuvre et la pensée de Saint-Simon en partant des
textes, voire de manuscrits inédits. Il dévoile la logique de cette
philosophie inventive, déconstruit une sociologie politique trop vite
qualifiée d'utopique et décrypte une anti-théologie qui a déménagé
le paradis dans le futur terrestre. Au moment où s'étend la crise de l'Etat
et du politique, cet ouvrage questionne notre foi dans la technique, le
travail, l'économie et l'entreprise.
Une plongée salutaire et critique dans la profondeur de nos croyances
contemporaines. |
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"Le vocabulaire de Saint-Simon" Ellipses
Marketing |
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Claude-Henri de Saint-Simon (1760-1825) est
à l'origine de la plupart des grandes idéologies modernes.
Il est un fondateur. Son ?uvre est une source et une " pensée
carrefour " : elle synthétise le savoir du siècle des Lumières et
pose les fondements philosophiques de notre temps. Parce qu'il revendique
une " philosophie inventive ", l'auteur crée des mots, tels les
substantifs " industriel ", " industrialisme " ou
" intellectuel ". Son vocabulaire est l'expression de son audace
de création intellectuelle : " J'écris parce que j'ai des choses
neuves à dire ". |
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En collaboration : "Actualité du Saint-Simonisme -
Colloque de Cerisy" PUF |
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La philosophie de Saint-Simon (1760-1825) est
une pensée carrefour qui demeure d'une grande actualité.
Fabrique d'utopies, fondation épistémologique, projet systématique ?
Cette oeuvre, dont l'interprétation reste ouverte, est une source très
riche dont le mouvement saint-simonien constitua une des premières
actualisations. Comment analyser ce mouvement qui prit place dans la
France des années 1830, à travers des figures aussi originales que
Prosper-Barthélemy Enfantin, Emile Barrault, Claire Bazard ou Pierre
Leroux, et sa diffusion en Italie, en Espagne en Belgique en Allemagne et
en Algérie, où, à l'initiative d'Enfantin et d'Ysmaïl Urbain, il
suscita de nombreuses actions ? Le colloque " Actualité du
saint-simonisme ", qui s'est déroulé du 21 au 28 juin 2003 à
Cerisy, sous la direction de Pierre Musso, a tenté une approche critique,
interdisciplinaire et internationale de ce mouvement.
Il a réuni des philosophes, des sociologues, des économistes et des
historiens dont les contributions sont ici rassemblées. |
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En collaboration avec G. Richeri : "Berlusconi, le
nouveau prince" Éditions de l'Aube |
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Silvio Berlusconi est au centre du débat
public en Europe.
Sa politique, qui mêle libéralisme et néopopulisme, est devenue un modèle
pour certains, un anti-modèle pour d'autres. Mais trop souvent, le "
cas italien " a été réduit à un nouveau césarisme télévisuel
allié à des forces de droite extrêmes. Cet ouvrage propose une autre
lecture du " phénomène Berlusconi " et de son rapport au
pouvoir et aux médias. L'auteur y défend l'hypothèse que le "
Cavaliere " inaugure une nouvelle forme du politique.
Aussi, comme le souligne Giuseppe Richeri dans sa préface, " le
livre de Pierre Musso se distingue d'une grande partie de la littérature
qui, en Italie ou à l'étranger, a été jusqu'ici produite sur le phénomène
Berlusconi. |
Le parcours suivi aide à dépasser
définitivement les reconstructions et les interprétations idéologiques
qui ont prévalu jusqu'ici, déformant ou banalisant un phénomène plus
complexe et plus problématique que beaucoup ne le croient.
" L'analyse minutieuse de la lente accession au pouvoir de Silvio
Berlusconi que nous propose Pierre Musso nous entraîne au c?ur même de
la construction du champ politique. Au fond, la question qu'il pose et
analyse est celle-ci : dans le vide de sens laissé par la disparition du
mythe révolutionnaire, l'aventure italienne n'est-elle pas la première
prise du pouvoir par un reality show qui a su transformer chaque Italien
en personnage d'une série télévisuelle dont Silvio est le héros ? Une
interprétation passionnante et terrifiante. |
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"Critique des réseaux" PUF |
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Une nouvelle divinité s'installe, une
divinité technicienne dont Internet n'est qu'une des lumineuses
apparitions : le Réseau.
Partout la figure du réseau s'impose pour réenchanter la vie quotidienne
et réinterpréter le monde contemporain. Objet fétiche pour le culte
contemporain du mouvement, du passage et de la connexion, le réseau relie
le présent et l'avenir. Le parcours dans l'invention du réseau, auquel
ce livre invite, permet de suivre le travail de formalisation du réseau,
considéré comme une forme artificielle, celle du filet et du tissu,
avant d'envahir toutes les représentations au siècle des Lumières, et
de devenir aujourd'hui un mode de représentation de l'ensemble de la société.
L'invention du réseau introduit à la recherche de structures réticulées
observées ou imaginées, pour expliquer le corps humain, notamment le
cerveau, éclairer la nature, ou analyser la société. |
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"Réseaux et société" PUF |
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Le réseau est un objet central pour la
science politique et les sciences sociales.
En tant que macrosystème technique, il est un enjeu majeur des politiques
de régulation, et en tant que dispositif symbolique, il réorganise les
projets et les discours sur le futur de la société, notamment ceux de la
" société en réseaux ". Bien avant l'explosion d'Internet et
l'inflation des discours qui ont accompagné son développement, la notion
de " réseau " s'était déjà imposée. La polysémie de la
notion nécessite, pour la comprendre, un travail critique
pluridisciplinaire.
C'est pour y contribuer que s'est déroulé sous l'égide de l'École
doctorale de science politique de la Sorbonne, un colloque intitulé
" Réseau et science politique ", dirigé par Pierre Musso,
professeur à l'Université de Rennes II. Il a réuni des économistes,
des philosophes, des sociologues, des politologues et des dirigeants des
grands services publics et des entreprises de réseaux dont les
contributions sont ici rassemblées. |
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"Saint-Simon et le saint-simonisme" Que
Sais-Je ? |
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La philosophie de Claude Henri de Saint-Simon
(1760-1825) est à l'origine de nombreuses disciplines comme la sociologie
ou la science politique.
Elle est à la source des grandes idéologies contemporaines, socialisme,
libéralisme, anarchisme, positivisme, technocratisme, communication.
Chevalier d'un monde industriel nouveau, ce pionnier veut changer la société,
faire l'unité européenne et promouvoir " l'association universelle
". Il pense une utopie sociale qui demeure la matrice des utopies
modernes. Les disciples saint-simoniens contribuent ainsi aux Révolutions
de 1830 et 1848.
Certains deviennent de grands financiers et des capitaines d'industrie, réalisant
les grands réseaux de chemins de fer ou du télégraphe, créant les
maisons de crédit et les entreprises françaises de réseaux. Les utopies
sociales et technologiques saint-simoniennes continuent aujourd'hui de se
réaliser et de faire rêver. |
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Conférence
Le sarko-berlusconisme
Le sarko-berlusconisme doit être pris au sérieux et doit être décrypté. La
télévision sert d'instrument au pouvoir pour manipuler l'opinion. C'est
l'idée ordinaire du fonctionnement des médias, or cette idée est trop
réductrice, cela ne fonctionne pas de cette manière.
Pourquoi rapprocher Sarkozy de Berlusconi ? En fait il existe de nombreuses
similitudes. Il faut traiter le Le
sarko-berlusconisme par le politique et non par la "peopolisation" du
phénomène. Le politique est spécifiquement une symbolique de mise en scène.
C'est une abstraction qui peut s'incarner dans le corps d'un messager. Si l'on
réduit le politique à l'économie ou au média, on oublie le côté
fondamental de la symbolique du politique. Le sarko-berlusconisme est un
phénomène politique qui est nourri par l'idée du néo-libéralisme. Il y a
l'idée de compétition et de succès de l'entreprise. Berlusconi a transposé
sa réussite dans l'entreprise vers la sphère politique.
Si l'on peut comparer l'Italie et la France, il existe de nombreuses
différences. L'Italie est un État récent et plutôt faible au contraire de la
France. Dans notre pays, le Président de la République est élu au suffrage
universel direct alors qu'en Italie on a affaire à une démocratie
parlementaire traditionnelle comme on a pu la connaître sous la IVè
République. La puissance du catholicisme dans les deux pays est réelle. Les
Partis Communistes de chacun d'eux étaient très forts jusqu'à la Chute du Mur
de Berlin. Leur effacement de l'échiquier politique a été simultané depuis simultané.
Berlusconi se construit une très grande entreprise
de médias. Il détient la moitié de l'audience de la télévision italienne et
le plus grand groupe de journaux. En quelque mois sa régie publicitaire va se
transformer en parti politique, privé, et le porter au pouvoir grâce à des
techniques purement marketing. Berlusconi détient à la fois le pouvoir
politique et le pouvoir économique. C'est un cas unique au monde.
Sarkozy vient du monde politique ; c'est un
professionnel de la politique. Il annonce qu'il va faire une politique
différente en introduisant les référents employés dans le monde de
l'entreprise.
C'est le rapport entre l'Etat et l'entreprise qui
sera l'un de leurs points communs. Les deux
présidents présentent le discours de la nouveauté et leur arrivée au pouvoir
vient de leur aptitude à se servir des médias. Le temps consacré à la
télévision chez les Français est supérieur au temps réservé à
l'éducation ou au travail ! Le discours est né sur
la décomposition de la Gauche et du nationalisme. L'analyse psychologique de
leur politique (Bling-Bling...), la notion de populisme... sont notoirement
insuffisants pour expliquer quoi que ce soit. Pas plus que ce n'est pas le
politique qui surveille la périphérie comme dans le panoptique, mais bien
l'inverse, c'est la périphérie (le récepteur, le téléspectateur) qui met le
politique au centre. Le rapport de Sarkozy avec le
monde économique est un rapport des plus classiques par un biais indirect, ses
amitiés avec le monde des affaires, par opposition à Berlusconi qui est à la
fois le politique et le monde des affaires. Ils ont tous les deux la
caractéristique commune de diviser l'opinion en deux camps : la thèse des deux
nations. Peu importe le sujet du clivage, le but est d'être au centre du
débat. Comme un animateur vedette sur un plateau de télévision dans une
émission de talk-show, l'important est d'être le meneur du débat. C'est la
néo-télévision.
Il existe une confusion complète entre l'homme public et l'homme privé. C'est
le story telling : on raconte sa propre histoire afin de capter l'attention. La
manipulation de l'opinion est à ce niveau secondaire. Pour ce faire le
politique est rentré dans la sphère privée. C'est le talk-show : vie publique
/ vie privée. On joue sur le registre de la communication, le gagnant, et sur
celui de la compassion (le perdant). En montrant les victimes, systématiquement
dans les journaux télévisés, le Président se montre comme le sauveur faisant
preuve d'efficacité. Sarkozy à construit son image
à partir de son intervention pendant la prise d'otages de l'école maternelle
de Neuilly. L'État-entreprise et l'État-justicier
ont pris le pas sur l'État-providence par la montée en puissance des idées
néo-libérales et anarchistes. Sarkozy doit
symboliser le travail permanent. On le voit courant dans le bois de Boulogne en
sueur ; la valeur travail est systématiquement citée.
L'une des réponses face à la démocratie représentative est la démocratie
"manageriale". Tel le Christ, on souffre pour exercer le pouvoir.
Cette dualité, le leader doit être un martyr est fondamentale. Ce que l'on
voit dans le corps du Président est la vérité puisqu'on le voit à l'écran.
La télé-réalité est du "vrai-semblable". C'est le mélange de la
réalité et de la fiction. Puisque le
panoptique s'est inversé, le spectacle est permanent car il faut indiquer dans
le corps la symbolique. La périphérie voit le centre.
La valeur-travail est liée à notre éthique catholique. C'est le seul moyen de
concilier le "capitalisme spiritualisé" et le "capitalisme
moralisé". "Travailler plus pour gagner plus" est bien autre
chose qu'un simple slogan, c'est la symbolique de la valeur-travail.
Tant en Italie qu'en France, la télévision était un monopole d'État, ce qui
n'était pas le cas dans les autres pays. Cette télévision contrôlée
par le Pouvoir était une télévision du message. Après les années 70-80, se
développe la télévision de Berlusconi où il a construit une télévision
contre la télévision d'État. Il a fait une véritable contre-programmation.
C'est devenu une télévision de la relation où le présentateur et le
téléspectateur se regarde dans les yeux. On a vu
se développer un clivage électoraliste : on va voter selon la chaîne de
télévision que l'on regarde. La télévision d'État (France 2 / RAI) est
plutôt centre gauche tandis que les télévisions privées ( TF1 / Berlusconi )
sont plutôt à droite. La politique est technopolisé par la
télévision. Le talk show est le pivot de la néo-télévision. Le spectateur a
traversé l'écran. On y voit les spots... la télévision parle d'elle-même :
c'est le story telling. Il n'y a pas véritablement de censure. C'est une
conversation théâtralisée, il y a un dédoublement du public. L'important
étant de rester ensemble. On fait appel à la compassion, à l'émotion et sa
publicisation. Le talk show s'adresse aux gens qui
ont été eux-mêmes victimes. Le présentateur devient copain-star,
mi-homme, mi-dieu. Au centre du plateau, on détourne l'attention en bousculant
le protocole. La télé-réalité, c'est la vie quotidienne où la télévision
devient active. La fiction ou la série est
caractérisée par la persistance d'un personnage qui revient régulièrement.
C'est sur ce mode que fonctionne Sarkozy et Berlusconi.
Dans ces émissions, tout se vaut, mais tout est rythmé avec vitesse. C'est la
démocratie de l'instant, c'est le culte du présent, c'est l'omniprésence.
Le sarko-berlusconisme, c'est un syncrétisme symbolique qui mêle démocratie
compétitive et démocratie du présent.

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