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Copyright 2000-2011
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 13/05/2011
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le CML, le Collège
Méditerranéen des Libertés, propose dans le cadre de son cycle de
conférences

On ne badine pas avec l'avenir
Marcel Gauchet

Directeur
d'études en sciences sociales à l'EHESS, Rédacteur en chef de la revue Le
Débat
a donné une conférence
le jeudi 10 décembre 2009
à la Faculté de Droit de Toulon
Le sens des savoirs en
question
Résumé de la conférence
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En collaboration avec Marie-Claude
Blais et Dominique Ottavi
: "Conditions de l'éducation" Stock |
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Ce livre propose un diagnostic: ce sont les
conditions de possibilité l'entreprise éducative qui se voient
aujourd'hui remises en question par l'évolution de nos sociétés.
Toute une série de données qui semblaient aller de soi et servaient de
socle à l'institution scolaire ont été ébranlées, voire sont en passe
disparaître. Il ne s'agit pas de déplorer l'évanouissement d'un passé
vers lequel aucun retour n'est imaginable ni souhaitable. Il s'agit de
mettre en lumière l'impact d'une série de transformations majeures et de
faire ressortir le défi qu'elles représentent. Ce n'est qu'à ce niveau
qu'on peut véritablement comprendre les difficultés auxquelles l'éducation
est en butte et prendre la mesure de la tâche de refondation qui est
devant nous.
L'analyse se développe sur quatre fronts: les relations de l'école avec
la famille, le sens des savoirs qu'elle dispense, l'autorité dont elle a
besoin, sa place dans la société. |
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Marcel Gauchet : "L'avènement de la démocratie - Tome 1 : la
révolution moderne" Éditions Gallimard |
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L'Avènement de la démocratie propose, échelonnées
sur quatre livres, à la fois une histoire philosophique du XXe siècle et
une théorie de la démocratie.
L'entreprise constitue la suite du Désenchantement du monde. Ce qui
advient avec la sortie de la religion, c'est un monde où les hommes
ambitionnent de se gouverner eux-mêmes. Mais c'est en fait le monde le
plus difficile à maîtriser qui soit. Ce sont les péripéties de ce
parcours tumultueux, traversé d'embardées et de crises, dont il est fait
une analyse raisonnée. Le premier volume, La Révolution moderne, est une
sorte de prologue.
Il campe l'arrière-fond, en retraçant sous une forme ramassée la révolution
qui court entre 1500 et 1900, celle de l'autonomie. Surtout, il s'emploie
à identifier les trois composantes spécifiques du monde désenchanté,
du point de vue politique, juridique et historique. L'originalité de
notre démocratie tient à la combinaison de ces trois éléments, qui est
simultanément son problème permanent. Le deuxième volume, |
La Crise du libéralisme, présente
une analyse en profondeur des années 1880-1914, qui constituent la
matrice du XXe siècle, de ses tragédies et de ses réussites.
En même temps que sont jetées les bases de la démocratie libérale, à
la faveur de l'association du régime représentatif et du suffrage
universel, le nouvel univers qui se déploie fait exploser le cadre hérité
de l'univers religieux qui avait soutenu l'édifice des libertés fraîchement
acquises. Ce sera la source des folies totalitaires comme ce sera le
ressort de l'approfondissement et de la stabilisation des démocraties libérales.
C'est précisément cet épisode crucial qu'examinera le troisième
volume, A l'épreuve des totalitarismes. Le quatrième et dernier volume,
Le Nouveau Monde, sera consacré, dans la même perspective et avec les mêmes
instruments de lecture, à la réorientation de la vie de nos sociétés
depuis le milieu des années 1970 et à la nouvelle crise de croissance de
la démocratie dans laquelle elle nous a plongés. |
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Marcel Gauchet : "L'avènement de la démocratie - Tome 2 : la crise
du libéralisme 1880-1914" Éditions Gallimard |
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L'Avènement de la démocratie propose, échelonnées
sur quatre livres, à la fois une histoire philosophique du XX siècle et
une théorie de la démocratie.
L'entreprise constitue la suite du Désenchantement du monde. Ce qui
advient avec la sortie de la religion, c'est un monde où les hommes
ambitionnent de se gouverner eux-mêmes. Mais c'est en fait le monde le
plus difficile à maîtriser qui soit. Ce sont les péripéties (le ce
parcours tumultueux, traversé d'embardées et de crises, dont il est fait
une analyse raisonnée. Le premier volume, La Révolution moderne, est une
sorte de prologue.
Il campe l'arrière-fond. en retraçant sous une forme ramassée la révolution
qui court entre 1500 et 1900, celle de l'autonomie. Surtout, il s'emploie
à identifier les trois composantes spécifiques du monde désenchanté,
du point de vue politique, juridique et historique. L'originalité (le
notre démocratie tient à la combinaison de ces trois éléments, qui est
simultanément son problème permanent. Le deuxième volume, |
La Crise du libéralisme, présente
une analyse en profondeur des années 1880-1914, qui constituent la
matrice du XXe siècle.
de ses tragédies et de ses réussites. En même temps que sont jetées
les bases de la démocratie libérale, à la faveur de l'association du régime
représentatif et du suffrage universel, le nouvel univers qui se déploie
fait exploser le cadre hérité de l'univers religieux qui avait soutenu
l'édifice des libertés fraîchement acquises. Ce sera la source des
folies totalitaires comme ce sera le ressort de l'approfondissement et de
la stabilisation des démocraties libérales.
C'est précisément cet épisode crucial qu'examinera le troisième
volume, A l'épreuve des totalitarismes. Le quatrième et dernier volume,
Le Nouveau Monde, sera consacré, dans la même perspective et avec les mêmes
instruments de lecture, à la réorientation de la vie de nos sociétés
depuis le milieu des années 1970 et à la nouvelle crise de croissance de
la démocratie dans laquelle elle nous a plongés. |
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Marcel Gauchet : "Un monde désenchanté ?" Pocket Agora |
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Dans son livre, Le désenchantement du monde,
Marcel Gauchet analysait comment le christianisme, dans ses fondations et
ses développements historiques, avait contribué à ce que les sociétés
occidentales sortent progressivement de l'emprise de la religion.
Cette suite examine les conséquences souvent complexes et déroutantes de
ce désenchantement. Dans la première partie, les textes réunis répondent
aux objections, interpellations ou demandes d'éclaircissements suscitées
par Le désenchantement du monde. Les deux autres parties de l'ouvrage
traitent de deux points vifs du débat actuel sur le religieux : d'une
part, la pertinence du diagnostic de sortie de la religion, compte tenu
des phénomènes supposés manifester son "retour" voire
annoncer un " réenchantement du monde " ; d'autre part, la
place des religions au sein de l'espace public démocratique et de la République
laïque. |
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Marcel Gauchet : "La condition politique" Tel
Gallimard |
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Il n'y a pas plus difficile à penser que la
chose politique.
Son évidence nous trompe. Quelle est sa place au juste dans le
fonctionnement de nos sociétés ? Nous vivons à cet égard sur une
illusion que la prophétie marxiste du dépérissement de l'Etat n'a fait
que porter à ses dernières conséquences. La société est destinée à
se suffire à elle-même en se débarrassant du carcan du politique. Le
marxisme est mort en tant que théorie révolutionnaire, mais sa prophétie
est en train de gagner dans les esprits.
Ne nous répète-t-on pas tous les jours qu'à l'heure de la
mondialisation et de l'économie sans rivages les États-nations ont fait
leur temps et sont voués, sinon à la disparition, du moins à la
marginalisation ? La post-modernité se veut post-politique. A l'opposé
de ce nouveau sens commun, ce livre plaide l'idée que le politique
continue d'être ce qu'il a toujours été : ce qui tient les sociétés
ensemble. |
Il l'a été, simplement, selon
des manières et par des voies très différentes. Ce sont ces
configurations fondamentales qu'explorent les études réunies ici, du
refoulement initial du politique par le religieux jusqu'à ses
transformations modernes et ultramodernes sous l'effet de l'orientation
vers l'avenir et de la dynamique de la société et de l'histoire. La
mesure de cette diversité permet de mieux apprécier le rôle caché
qu'il remplit aujourd'hui.
L'éclipse du politique est au cœur de la désorientation actuelle des démocraties.
Elles n'en sortiront pas sans se délivrer de la chimère de son dépassement.
Ce dont nous avons le plus besoin pour nous orienter au milieu de ce désarroi,
c'est une intelligence renouvelée de notre condition politique. |
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Marcel Gauchet : "Le désenchantement du monde" Folio
Essais |
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Il est des ouvrages qui, très vite,
s'imposent comme des classiques contemporains. Depuis sa parution en 1985,
cette Histoire politique de la religion est tenue pour telle. L'ouvrage
comble, il est vrai, une grande lacune, depuis les travaux pionniers de
Durkheim, Max Weber et Rudolf Otto, en rendant au sujet la place qu'il mérite.
Car le religieux a modelé activement, et plus profondément qu'il n'y
paraît, la réalité collective dans toutes les sociétés jusqu'à la nôtre,
en particulier les formes politiques. Marcel Gauchet propose un
renversement de perspective : on a voulu voir l'histoire des religions
comme un développement ; or la religion pure est au commencement. Ce que
nous appelons « grandes religions » correspond, en fait, à autant d'étapes
d'une mise en question du religieux dans sa rigueur primordiale. De ce
point de vue, il faut mesurer la spécificité révolutionnaire du
christianisme et son rôle à la racine du développement occidental.
Marcel Gauchet caractérise le devenir des sociétés contemporaines,
depuis l'essor des techniques jusqu'à l'enracinement des procédures démocratiques,
comme un mouvement vers une société hors religion. Le monde
d'aujourd'hui ne s'explique que par la sortie et l'inversion de l'ancienne
économie religieuse. Sa particularité, c'est le désenchantement du
monde. |
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Marcel Gauchet : "La démocratie contre elle-même"
Tel Gallimard |
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La démocratie règne sans partage ni mélange.
Elle est venue à bout de ses vieux ennemis, du côté de la réaction et
du côté de la révolution. Il se pourrait toutefois qu'elle ait trouvé
son plus redoutable adversaire : elle-même. Ce livre rassemble des textes
écrits sur vingt ans qui scrutent sous différentes faces le prodigieux
changement auquel il nous a été donné d'assister. Nous avons vu la démocratie
non seulement l'emporter et avancer de façon décisive, mais revenir à
ses sources en se recentrant sur les droits de l'homme et en se remodelant
à leur école.
Sauf que, par un retournement encore plus inattendu cette ressaisie des
premiers principes la conduit en réalité à saper ses propres bases.
Elle se défait en progressant. C'est cette difficulté d'être inédite
qu'explore Marcel Gauchet, de la politique à la psychologie, en passant
par l'éducation. " Rien n'échoue comme le succès ", observait
Chesterton. La démocratie survivra-t-elle à son triomphe ? |
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Marcel Gauchet : "La religion dans la démocratie"
Folio Essais |
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Nous sommes à une étape nouvelle de la laïcité.
La sortie de la religion se poursuit. Mais paradoxalement, ce recul
continué ébranle l'idée de la politique qui s'était forgée pour répondre
à son défi. Ce n'est pas, en effet, le retour, mais l'éclipse du
religieux qui oblige la République à se redéfinir, à reconsidérer la
place des croyances en son sein. Une redéfinition qui représente une
rupture profonde pour la tradition française, tant la confrontation de l'Eglise
catholique et de l'Etat y a été formatrice.
Ce tournant dans les rapports entre religions et politique introduit au c?ur
des transformations de la démocratie : il offre un observatoire privilégié
pour en saisir le principe et pour en dégager les principaux caractères
; il permet d'éclairer les difficultés qui l'affectent et ses avenirs
possibles. Que peut vouloir dire le gouvernement des hommes par eux-mêmes
quand ils se sont pour de bon émancipés de l'emprise des dieux ? |
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Marcel Gauchet : "La démocratie d'une crise à
l'autre" Éd. Cécile Defaut |
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Ce petit livre ramasse sous une forme synthétique
la substance des analyses développées dans les quatre volumes de L'avènement
de la démocratie dont les deux premiers paraissent parallèlement chez
Gallimard (La Révolution moderne et La Crise du libéralisme, 1880-1914).
Il replace la crise actuelle de la démocratie dans la perspective d'une
première crise de croissance qu'elle a connue au début du XXe siècle et
qui a culminé dans les assauts totalitaires des années 1930. Alors que
les réformes et l'expansion exceptionnelle d'après 1945 ont permis de
surmonter cette situation et d'opérer la stabilisation de nos régimes,
nous sommes entrés, depuis les années 1970, dans un nouveau cycle d'ébranlement.
Il est à lire, suggère Marcel Gauchet, comme une seconde crise de
croissance, directement liée à l'approfondissement des principes démocratiques,
qui a pour effet, en rompant les équilibres établis, de rendre la démocratie
immaîtrisable au nom de la démocratie. Cette analyse en profondeur de la
situation de la démocratie n'est pas destinée seulement à éclairer le
citoyen. Elle est le moyen d'éclairer de l'intérieur la composition de
ce " régime mixte " d'un type inédit qu'est en vérité la démocratie
des Modernes |
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Marcel Gauchet et Gladys Swain : " La pratique
de l'esprit humain. L'institution asilaire et la révolution
démocratique" Tel Gallimard |
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La raison moderne a-t-elle exclu la folie,
comme le veut la thèse devenue dominante depuis Foucault ? Et si au
contraire le parcours moderne avait été celui d'une inclusion ? Et si le
travail séculaire de l'égalité avait consisté à défaire l'antique et
implacable altérité de la folie ? Telle est la relecture que propose ce
livre, en se fondant sur une analyse en profondeur du " moment 1800
" qui a vu l'émergence du savoir psychiatrique en même temps que
l'avènement de l'institution asilaire.
II dégage les conditions qui ont permis l'entrée de l'insensé dans le
cercle de la communication et de la ressemblance. II montre, parallèlement,
comment cette découverte du " sujet de la folie " s'est perdue
dans le mirage de l'institution, supposée capable de produire un homme
nouveau, mirage dont l'asile a été l'un des premiers laboratoires. Ainsi
se sont nouées la nouvelle image du pouvoir de la société et une
interrogation inédite sur le rapport de l'individu à lui-même.
C'est ce qui fait de cet épisode, une fois extrait des mythologies qui
l'ont recouvert, une date dans l'histoire de la modernité démocratique. |
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"La condition historique. Entretiens avec François
Azouvi et Sylvain Piron" Folio Essais |
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Avec Le désenchantement du monde. Une
histoire politique de la religion, le philosophe Marcel Gauchet s'est définitivement
imposé depuis 1985 comme un penseur et un témoin capital de notre époque.
Marcel Gauchet restitue ici un certain itinéraire intellectuel de la
France : que penser des espoirs suscités par le structuralisme dans les
années 1960 ? Au-delà de la « pensée 68 », y a-t-il une génération
intellectuelle issue de Mai 68 ? Qu'a représenté l'antitotalitarisme ?
Quelle pensée de la société et de la politique après Marx ? Que faire
de Freud, un siècle après la découverte de l'inconscient ? Que peut la
philosophie aujourd'hui ? Comment comprendre le moment historique où nous
nous mouvons : en d'autres termes, que signifient « la sortie de la
religion » ou bien encore l'exaltation des droits de l'homme ? Marcel
Gauchet déploie une réflexion originale sur le changement fondamental
qui affecte l'humaine condition lorsque celle-ci devient condition
historique. |
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Marcel Gauchet : "La Révolution des pouvoirs. La souveraineté, le
peuple et la représentation 1789-1799" Gallimard |
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L'objet de ce livre est double : il s'efforce
d'éclairer un aspect du devenir politique contemporain à partir d'une
veine méconnue de l'expérience révolutionnaire.
De l'été 1789 jusqu'au coup d'Etat de Brumaire, la recherche d'un "
tiers-pouvoir " n'a cessé de hanter le débat sur l'organisation
représentative. La Révolution est obsédée d'unité, unité de la
Nation souveraine et de ses représentants, unité des pouvoirs entre eux
grâce à la subordination de l'organe d'exécution au suprême pouvoir
d'expression de la volonté générale. Contre cette doctrine dominante,
un courant critique aussi divers qu'insistant s'est continûment employé
à faire valoir la nécessité d'un pouvoir supplémentaire, situé en
tiers non seulement entre le législatif et l'exécutif, mais entre le
peuple et les élus chargés de parler en son nom. |
C'est ce courant qu'il s'est agi
de tirer de l'ombre. Son intérêt premier est de permettre de comprendre
de l'intérieur le pourquoi de l'échec politique de la Révolution française.
Il a été fondamentalement un échec à concevoir et à constituer un
système représentatif viable. Mais, au-delà de la Révolution, c'est le
parcours de la démocratie sur deux siècles qui acquiert une
intelligibilité nouvelle.
Ce tiers-pouvoir dont rêvaient les révolutionnaires est très exactement
celui auquel les cours constitutionnelles donnent corps un peu partout
aujourd'hui. Ces efforts lointains pour le définir dans l'abstrait nous
font saisir le sens de son incarnation actuelle. Ils nous autorisent à
resituer les affirmations parallèles du pouvoir du juge et du pouvoir de
l'opinion auxquelles nous assistons dans le déploiement de la logique
représentative sur la longue durée.
Les questions de la Révolution française restent les nôtres, au milieu
des mutations qui paraissent nous emmener loin d'elle. En cessant d'être
un modèle, elle devient plus que jamais notre problème, le problème où
déchiffrer notre condition politique. |
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Marcel Gauchet : "La Révolution des droits de l'homme"
Gallimard |
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Il est d'ores et déjà acquis que le
Bicentenaire sera celui de la Révolution des droits de l'homme.
C'est l'exacte portée que revêtirent ces droits dans la Révolution que
ce livre s'efforce de reconstituer. Il se concentre principalement sur la
gestation des dix-sept articles de la Déclaration des droits de l'homme
et du citoyen arrêtés par l'Assemblée nationale constituante le 26 août
1789. Etrangement négligé par les historiens, ce débat éclaire aussi
bien le processus révolutionnaire lui-même qu'il met en évidence les
problèmes fondamentaux de l'univers démocratique.
Il introduit à une dimension essentielle et méconnue de l'événement :
la cristallisation, sur quelques semaines de l'été 1789, avec l'idée
d'une reconstruction de la société sur la base de la liberté et de l'égalité,
d'une vision de la politique qui allait commander toute la suite. Mais
c'est également l'autre visage des droits de l'homme que la discussion de
1789 et ses recommencements de 1793 et 1795 font apparaître, en mettant
en relief les contradictions et les conflits qui en sont inséparables, à
l'enseigne notamment des devoirs et des secours.
En quoi le retour à cette scène primitive vaut introduction aux
antinomies dont notre histoire reste faite. |
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Marcel Gauchet et Luc Ferry : "Le Religieux après la religion" Livre
de Poche |
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Comment penser le religieux après la sortie
de la religion ? Faut-il voir au c?ur de l'âge laïque une persistance du
sacré ?
Le monde est-il voué au désenchantement ou promis à
un réenchantement ?
Luc Ferry et Marcel Gauchet éclairent ici notre
perplexité et leur désaccord par une discussion serrée, sans polémique
ni compromis. |
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Marcel Gauchet et Gladys Swain : "Le vrai
Charcot. Les chemins imprévus de l'inconscient" Calmann-Lévy |
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"Le vrai Charcot, parce qu'il y a un
charme à rompre, un cercle de la mythification à briser.
La figure du maître de la Salpêtrière reste l'objet d'une fascination
aussi inépuisable qu'ambivalente. Son origine n'est pas mystérieuse:
elle résulte du rôle attribué au théâtre de l'hystérie dans la découverte
freudienne. Charcot, ou celui qui, le premier, a donné à voir les
manifestations de l'inconscient mais n'a rien compris à ce qu'il avait
sous les yeux. Un maître de vérité et le parangon de l'erreur.
Excès d'honneur, excès d'indignité. C'est accorder trop de portée à
des démonstrations plus légendaires que réelles, et c'est faire trop
peu de cas du discernement du clinicien. Il faut se délivrer de l'emprise
des spectaculaires images de l'Iconographie photographique de la Salpêtrière.
Elle trompe tant sur ce qu'a été l'œuvre de Charcot que sur les voies
qu'a empruntées après lui le dévoilement de l'inconscient.
C'est à une telle mesure de ce qui s'est effectivement passé de 1862 à
1893, durant les trente années de labeur de Charcot à la Salpêtrière,
que le présent ouvrage voudrait contribuer." Marcel Gauchet |
| Ce volume a sa source dans le séminaire
anime à l'EHESS par Marcel Gauchet et Gladys Swain entre 1980 et 1985.
Leurs textes sont suivis d'un essai de Jacques Gasser sur le rôle de
Charcot dans la neurologie moderne, et d'un essai d'Alain Chevrier sur la
mystification de l'hystérie dans l'oeuvre d'André Breton. |
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Marcel Gauchet : "Philosophie des sciences historiques. Le moment
romantique" Points Histoire - Seuil |
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La science historique qui, par bien des
aspects, est encore la nôtre s'invente entre les années 1820-1830.
Des personnages aussi importants que Prosper de Barante, Victor Cousin,
François Guizot, Jules Michelet, François Mignet, Edgar Quinet et
Augustin Thierry découvrent les instruments, les objets, les catégories
d'un nouveau discours sur le passé. S'émancipant de la philosophie de
l'histoire idéaliste sans toutefois renoncer au sens, ils pensent
l'histoire au plus près des sociétés, maître mot du siècle, et dans
le cadre des nations conçues comme des identités collectives durables.
Société et nation, les enjeux sont posés : il ne s'agira plus de servir
le Prince, mais de participer à la formation du sujet politique : le
citoyen. Relire ces textes d'hier à un moment où la discipline
historique doute d'elle-même ne peut qu'enrichir notre questionnaire
d'aujourd'hui. |
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Conférence Le
sens des savoirs en question Les
réflexions engagées le sont de longue date sur les problèmes de l'éducation
qui ne peuvent être appréhendés qu'en sortant les questions des spécialistes
de l'école pour les mettre devant les citoyens. Il y a une erreur
d'appréciation. On ne peut demander aux pédagogues, à l'École, de résoudre
des problèmes qui tiennent aux transformations de notre société. L'école ne
peut qu'échouer dans cette mission. Il faudrait poser la question autrement.
Est-il étonnant que les changements majeurs de notre société n'aient pas
d'influence sur l'école qui resterait miraculeusement à l'abri de ce maelström
? Sous le mot École, c'est le système
éducatif qu'il faut comprendre. Seule, une prise de conscience peut inverser
cette question. C'est là où l'innovation pédagogique peut prendre sa place.
L'entreprise éducative est confrontée à quatre problèmes majeurs :
-
L'articulation famille/école. Il existe une réelle
révolution de la famille depuis une trentaine d'années.
-
L'articulation éducation/société. Comment ces changements
à l'intérieur de la société peuvent-ils rester sans influence sur
l'école dont la place s'est considérablement modifiée ?
-
L'autorité de l'Institution. on est emporté par la
révolution de l'égalité des conditions et de l'inégalité matérielle.
Cette notion égalitaire a bouleversé le rapport entre les institutions et
les citoyens.
-
Le sens des savoirs. il existe du sens au savoir. Il est
manifeste de voir que nous sommes confrontés à une désaffection des
savoirs tel que l'ennui à l'école ou la lancinante question posée aux
enseignants : A quoi cela sert-il ?
Devant le désintérêt des savoirs qui date d'une
vingtaine d'années, l'école s'est efforcé de rendre ces savoirs plus
attractifs... Mais les remèdes ont aggravé le mal. Ce n'est pas en
scénarisant l'orthographe qu'on la fera apprécier. La société de la
connaissance risque d'aller vers une société de l'ignorance. Ce
phénomène relève de deux évolutions : la détraditionnalisation et la
désarticulation de la société qui prennent de plus en plus d'importance. Le
statut social de la connaissance et des savoirs débouche sur l'érosion des
modèles du passé. L'autorité sociale de la raison
se substitue à l'autorité de la tradition et de la religion. La
Révolution Française a marqué cette évolution de manière évidente. Si la
détraditionnalisation vient de loin, les expressions radicales qui sont prises
actuellement sont de plus en plus fortes. Il fallait
se pénétrer de l'héritage pour s'intégrer. Un passé vivant est un passé
dont il faut s'approprier les acquis pour savoir de quel bois l'on est fait.
Voila quel est l'enjeu de la culture : elle fournit les clés d'une sécurité
existentielle de ce que l'on est. C'est ce qui est entrain d'être dissout.
Nous sommes des êtres qui se sentent liés à aucun passé public ni même
privé. Le passé est mort et muet. La patrimonalisation du
passé change la manière de s'y rapporter. Le patrimoine est bien vénéré
mais installé dans une distance extérieure à l'histoire et indifféremment à
nos sources. On peut s'en passer à titre individuel.
Pour l'enseignant, cette mise à distance bouleverse les conditions de la
transmission. Il n'y a pas plus de transmission d'une génération à l'autre.
On parle d'être singulier au présent. La connaissance n'a plus de sens
qu'individuellement et actuellement. Tous les patrimoines, même scientifiques
sont touchés. La perte d'appétence pour les
sciences devient sérieux. C'est le sens de la connaissance comme culture qui
est affecté dans ses bases. Dans un monde où la culture ne doit pas être
qu'utilitaire, la déculturation devient évidente et met en cause notre
identité en la mettant en danger. Ne pas savoir d'où l'on vient revient à ne
pas savoir qui l'on est. Nous savons faire le sophistiqué, nous ne savons plus
faire le simple. Le savoir est la puissance intime.
Or c'est entrain de devenir hors de soi. Il faut dorénavant savoir utiliser un
savoir extérieur. Il y a un effacement de la mythologie du savant détenteur du
savoir au profit du chercheur, l'opérateur du savoir. Le chercheur est devenu
le prolétaire du savoir. Le savoir scientifique était libérateur, il devient
oppresseur. Les savoirs fondés sur la raison ont éliminé tous les autres. La
science c'est la R.D. (Recherche-Développement) : la magie du savant a
disparu... La science avait promis au XIXè siècle
de fournir une alternative à la religion. Or, on s'aperçoit aujourd'hui qu'il
n'en est rien. Le désenchantement de la science a réduit son appétence pour
elle. Les nouvelles technologies changent la place des savoirs dans le
symbolisme social. Ce sont des prothèses. C'est là que se trouve le choc
technique. Pourquoi apprendre puisque l'on peut
avoir toute la connaissance sous la main,... ou sous le clavier. Le
déclassement de la connaissance devient alors évident. Le sage, le vieux perd
alors toute autorité. La société de connaissance devient une société
indifférente à sa propre compréhension. Avec l'organisation scientifique du
travail, le spécialiste est quelqu'un qui sait pratiquement tout sur presque
rien. L'injonction de connaissances devait fournir
plus de liberté, or la société tend à être une société aveugle à sa
direction globale qui démobilise le désir de connaître et de comprendre.
On ne doit pas prendre acte de ces transformations sociétales. Affronter de
telles évolutions demande du temps ce qui n'est pas l'apanage de nos
sociétés. L'héritage qui nous était donné doit être remplacé pour savoir
ce qui du passé nous est fondamental. Si un cadre s'effondre, nous devons en
construire un autre. En conclusion, rien de ce qui est facile
n'est intéressant.

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