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Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 13/05/2011
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le CML, le Collège
Méditerranéen des Libertés, propose dans le cadre de son cycle de
conférences

On ne badine pas avec l'avenir
François Ost

Juriste,
professeur associé à la Faculté de Droit de Genève, Vice-recteur des
Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles.
donnera une conférence
le mardi 5 janvier 2010 à 18H30
à la Faculté de Droit de Toulon - Amphi 500.1
La traduction, défense du
multilinguisme
Résumé de la conférence
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"Traduire. Défense et illustration du
multilinguisme" Fayard |
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Nous n'avons jamais cessé de vivre dans la
nostalgie de la langue adamique qui prévalait avant ce que nous prenons
pour la " catastrophe " de Babel.
De sorte que nous nous enfermons dans le dilemme : ou la langue unique, ou
le repli sur nos idiolectes particuliers. Pour échapper à cette
alternative ruineuse, François Ost décrit ce que pourrait être la
troisième voie du multilinguisme et de la traduction. Un vigoureux
paradigme s'en dégage qui, au-delà de la question des langues, s'impose
chaque fois que, dans notre monde pluraliste, des savoirs et des valeurs
s'affrontent, sans principe supérieur de composition.
De l'antique récit biblique à la politique des langues de l'Union européenne,
de la philosophie du langage à l'éthique du traducteur, de l'utopie des
langues parfaites à la créativité de la traduction littéraire, rien
n'est laissé dans l'ombre. Une conviction s'impose alors : parce qu'elle
opère déjà au sein de nos propres langues, et pas seulement à leurs
frontières, la traduction - cette hospitalité langagière - est notre
seule alternative à la barbarie. |
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"La nuit la plus longue. Sade et Portalis au pied
de l'échafaud" Anthémis |
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Le 8 thermidor de l'an II de la République
(27 juillet 1794), la veille de la chute de Robespierre, Sade - l'auteur
à scandale - et Portalis - le futur auteur principal du Code civil français
et l'artisan du Concordat qui allait réconcilier la France avec l'Eglise
- sont tous deux prisonniers dans une "maison de santé" parmi
les fous.
Il n'est pas interdit de penser, bien que le fait ne soit pas avéré,
qu'il s'agissait du même établissement. Qu'ont bien pu se dire ces deux
personnages emblématiques, respectivement figure du désordre et de
l'ordre? Une interminable conversation (non dénuée de suspense, la vie
sauve ayant été promise à l'un d'entre eux, à leur choix) les opposera
au cours de cette nuit la plus longue. Et que vient faire ici la
sulfureuse Mademoiselle Lange? |
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"Furetière, la démocratisation de la
langue" Éd. Michalon |
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Juriste de formation, abbé de son état,
lexicographe par passion, Antoine de Furetière, l'un des Quarante de
l'Académie française, en fut honteusement expulsé en 1685 pour avoir
outrepassé le monopole royal dont bénéficiait l'Académie en matière
de dictionnaire.
En 1690, il publia son Dictionnaire universel, dont la modernité lui
valut un succès immédiat. L'enjeu de cette " querelle des
dictionnaires " n'est pas mince : le choix entre la méthode puriste
de l'Académie qui vise à fixer un état aristocratique de la langue à
l'image de l'ordre versaillais, l'épurant de tout néologisme, et
l'approche critique et savante de Furetière qui rappelle que la langue
appartient à tous, qu'elle s'enrichit avec le temps, et que la fixer
c'est l'étouffer.
Son combat pour le libre parcours de la langue et donc des idées reste
plus que jamais d'actualité, à l'heure où menace la privatisation des
informations et des connaissances. |
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"Dire le droit, faire justice" Bruylant |
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Quand
dire, c'est faire...
Quand dire le droit, c'est faire justice... Mais quel droit, et quelle justice ?
Comment saisir le rôle du juge, au terme de décennies d'évolution profonde qui
ont entraîné à la fois la transformation de son office et une formidable montée
en puissance de ses décisions ? François OST, observateur attentif de ces évolutions,
tente de répondre à cette question dans la dizaine d'études ici rassemblées, échelonnées
sur vingt ans.
S'il n'est plus (et n'a jamais été) la simple " bouche de la loi ", le
juge n'a pas pour autant pris l'ancienne place du législateur au sommet de la
pyramide normative. Au carrefour du réseau juridique, régulateur des divers
pouvoirs qui s'y exercent, le juge combine les fonctions d'" arbitre " et
d'" entraîneur " ; son pouvoir se cherche entre les rôles de Jupiter
(l'impérieux), d'Hercule (l'infatigable Providence) et d'Hermès (le
communicateur).
Le lecteur retrouvera notamment dans cet ouvrage ces typologies devenues
incontournables dans le débat sur le rôle et le statut du juge. |
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"Sade et la loi" Odile Jacob |
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Et
si, au commencement, et peut-être à la fin, étaient le crime, le mensonge,
l'imposture ? Sade passe vingt-huit ans de sa vie à l'ombre de la loi.
Il n'aura de cesse, en des milliers de pages d'une écriture sans merci, d'en démontrer
l'absurdité et l'injustice. Mais n'est-il pas lui-même l'esclave d'une autre loi,
bien plus cruelle que celle de la cité ? Plus qu'une apologie du crime, toute son
œuvre n'est-elle pas une certaine manière de restaurer ce qu'elle nie par ailleurs
? Et que vise, au fond, cette contestation radicale de l'ordre social, qui défie
les régimes politiques, sape les lois de la cité, corrompt les lois de la nature,
détourne celles de la logique et subvertit celles de l'écriture ? Une enquête
fascinante sur l'existence tumultueuse et l'écriture sulfureuse du divin marquis ;
la première étude globale sur le rapport de Sade au mal, à la loi, à la
perversion avec, en guise de conclusion, un dialogue imaginaire entre Sade et
Portalis, l'auteur du Code civil. |
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"Antigone voilée" Larcier |
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Et
si, aujourd'hui, Antigone s'appelait Aïcha ? Et si son objection de conscience
prenait la forme du hijab ? Essayons : le vénérable texte de Sophocle résiste étonnamment
bien à l'exercice.
Les personnages n'ont rien perdu de leur jeunesse, les dialogues de leur actualité.
Aujourd'hui, comme il y a vingt-cinq siècles, lorsque Athènes faisait l'expérience
de la démocratie, le religieux relance nos interrogations : où passe, en régime
d'autonomie et d'égalité, la limite du permis et de l'interdit ? Où placer les
dieux dans cet agencement du collectif ? Où s'arrête le ressort de la cité et où
commence l'empire du foyer ? Mais le théâtre, c'est d'abord et surtout la mise en
intrigue de l'humain.
Car le voile n'est ni une abstraction, ni un dogme, mais l'énigme d'une femme
chaque fois différente. Chaque Aïcha voilée, c'est une humanité qui se cherche.
Et la cité qui doit réinventer les formes de sa civilité. |
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"Raconter la loi. Aux sources de l'imaginaire
juridique" Odile Jacob |
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Qu'est-ce
que les mythes et les grands archétypes de la littérature universelle nous
enseignent sur l'origine et le destin du droit ? La donation de la loi du Sinaï,
l'invention de la justice chez Eschyle, la révolte de conscience d'Antigone, la
souveraineté de l'individu pour Robinson Crusoé, les paradoxes de la liberté chez
Faust, la déchéance de la loi avec Kafka : telles sont les étapes majeures d'un
parcours narratif aux sources d'un imaginaire juridique trop souvent méconnu.
Entre le " tout est possible " du récit et le " tu ne dois pas
" de la loi, l'institution du social ne cesse de s'inventer des formes inédites.
Au rebours d'une vision formaliste ou moraliste du juridique, ce livre poursuit une
grande ambition : replonger le droit dans la fiction littéraire pour lui permettre
de renouer avec ses racines. |
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"La nature hors la loi. L'écologie à l'épreuve du
droit" La Découverte |
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Les
arbres ont-ils le droit de plaider en justice ? Peut-on breveter les cellules d'un
individu ? La couche d'ozone peut-elle être cotée en Bourse ? Ces questions
apparemment surréalistes sont aujourd'hui au cœur des problèmes qui se posent au
droit de l'environnement.
Pour François Ost, on ne peut se satisfaire d'un débat technique entre juristes
pour résoudre ces controverses. La crise écologique met en jeu toutes nos représentations
de l'homme et de la nature. L'auteur renvoie dos à dos les thèses de l'humanisme
abstrait à la façon de Luc Ferry, qui ne se donne pas les moyens de penser la
complexité des rapports homme-nature, et celles de l'" écologie profonde
", qui se coupe de toute possibilité d'agir rationnellement en sacralisant la
nature.
Il dénonce également les illusions de la régulation marchande de l'environnement
et examine les questions de justice écologique à la lumière de la tradition
philosophique, de Kant à Rawls et Hans Jonas. |
Au-delà
de la nature-objet manipulable à volonté et de la nature-objet intouchable et sacrée,
il plaide pour une nature-projet qui inscrit l'homme dans la complexité des
interactions avec son milieu et définit une éthique de la responsabilité
soucieuse de notre avenir commun.
Au carrefour de la philosophie, de l'écologie et du droit, ce livre informé et
engagé propose de nouveaux fondements pour une politique publique de
l'environnement. |
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"Du Sinaï au Cham-de-Mars. L'autre et le même au fondement
du droit" Lessius |
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En son institution juridique, le lien
social relève-t-il de l'autre (hétéronomie) ou du même (autonomie) ? Pour répondre
à cette question, François Ost revisite trois lieux symboliques de la légitimité
du droit : le Mont Sinaï où le peuple d'Israël reçut la loi " du haut du
ciel ", la colline du Pnyx aux flancs de laquelle délibérait la démocratie
athénienne, le Champ-de-Mars à Paris où se prêtait dès 1790 le serment de
loyauté aux institutions révolutionnaires. A chaque étape, il s'avère que le
droit imposé (hétéronomie) est, en définitive, bien plus négocié (autonomie)
qu'on ne le croit et que le droit négocié est plus imposé qu'il n'y paraît.
La verticalité de la révélation au Sinaï se double d'un dialogue où les deux
partenaires - Dieu et l'homme - apprennent patiemment la loi de leurs rapports. La démocratie
grecque organise son autonomie au moment où les tragédies classiques mettent en scène
le retour obsédant de l'autre, s'inscrivant en faux ou en garant dans la raison du
même. |
Vingt-trois siècles plus
tard, le contrat social prétend à l'autonomie radicale alors que se déclare, dans
les textes fondateurs, l'impossibilité de toute auto-fondation dans une société
d'êtres sans doute " libres et égaux ", mais qui ne se racontent plus -
comme les juifs ou les Grecs - leurs histoires de libération ou d'égalisation.
Bref, les trois symboles historiques pointent vers un phénomène singulier d'auto-transcendance
: une société ne peut être autonome que dans l'espace instituant d'un tiers
qu'elle n'est pas.
Elle ne peut négocier son droit que dans l'horizon d'une loi qu'elle n'a pas
produite et que, pourtant, elle contribue à faire advenir. |
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"Le temps du droit" Odile Jacob |
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La
question du temps ne cesse de se poser au droit et à la société, entre amnistie
et imprescriptibilité, mesures d'urgence et développement durable, droits acquis
et lois rétroactives, respect du précédent et revirements de jurisprudence.
Comment donc équilibrer stabilité et changement ? Comment fonder la mémoire
collective tout en s'affranchissant d'un passé traumatique ou obsolète ? Comment
garantir le futur par des règles, tout en les révisant quand il le faut ? Le
temps, c'est de l'argent, dit l'adage populaire.
Partant, au contraire, de l'idée que le temps c'est du sens et qu'il s'institue
plus qu'il ne se gagne, ce livre pose les conditions d'un temps public, véritable
enjeu de démocratie. |
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Conférence
La traduction comme paradigme
La France est le premier pays traducteur au monde. On ne peut
éviter le monde du plurilinguisme et de la traduction.Réfléchir à partir de
la linguistique par la traduction est très intéressant. Le
Déluge nous montre deux paradigmes à partir desquels il faut choisir entre
l'Arche de Noé et la Tour de Babel qui sont à l'origine du choix qui existait
pour survivre à la montée des eaux : soit construire une tour suffisamment
haute pour éviter le déluge et rejoindre Dieu, soit, par opposition construire
une Arche. La tour devenant de plus en plus haute, tous ne purent y accéder.
Les nomades de l'Arche pouvaient changer de lieux et augmenter les rencontres et
le métissage. Les habitants de la Tour ne se parlaient plus... La tour n'alla
pas au ciel ; c'est une tombe que les bâtisseurs avaient construite. Ceci peut
montrer le lien entre la multiplicité des langues, l'épreuve de la traduction
et la sclérose d'un langage unique.
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Construction de l'Arche (Peinture française du XVIè
siècle)
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La tour de Babel par Bruegel l'Ancien
vers 1563 |
| Les premières générations de
l'humanité ayant irrémédiablement dégénéré sur les plans moraux et
spirituels, entraînant avec eux les animaux et emplissant la terre de
violence, perversion et mépris du divin, YHWH Elohim décide d'effacer
toute vie par un déluge d'eau. Il charge cependant Noa'h, « homme
juste dans sa génération, » de construire une arche pouvant
abriter de quoi repeupler la terre après 40 jours et 40 nuits de pluies
diluviennes. Lorsque les eaux refluent, les rescapés du Déluge, Noé,
ses fils et leurs femmes, sortent de l'arche. Dieu contracte avec eux une
alliance, et leur promet de ne plus détruire l'humanité. Cependant,
alors que Noé a été intoxiqué par le vin, son second fils, 'Ham,
« découvre sa nudité, » et est maudit à travers son fils
Canaan. Les fils de Noé engendrent les diverses nations du globe.
Certains de leurs descendants construisent une tour s'élevant jusqu'aux
cieux afin d'atteindre Dieu, mais Lui descend et provoque la confusion des
langues. |
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Extraits de la Génèse 11 versets 1 à 9
- Toute la terre avait une seule langue et les mêmes
mots.
- Comme ils étaient partis de l’orient, ils trouvèrent
une plaine au pays de Schinear, et ils y habitèrent.
- Ils se dirent l’un à l’autre : Allons !
faisons des briques, et cuisons-les au feu. Et la brique leur servit
de pierre, et le bitume leur servit de ciment.
- Ils dirent encore : Allons ! bâtissons-nous
une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous
un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la
terre.
- L’Éternel descendit pour voir la ville et la tour
que bâtissaient les fils des hommes.
- Et l’Éternel dit : Voici, ils forment un seul
peuple et ont tous une même langue, et c’est là ce qu’ils ont
entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce
qu’ils auraient projeté.
- Allons ! descendons, et là confondons leur
langage, afin qu ’ils n’entendent plus la langue, les uns des
autres.
- Et l’Éternel les dispersa loin de là sur la face
de toute la terre ; et ils cessèrent de bâtir la ville.
- C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel, car
c’est là que l’Éternel confondit le langage de toute la terre,
et c’est de là que l’Éternel les dispersa sur la face de toute
la terre.
Source : Wikipédia |
Tous sont en quête de la langue adamique, de la langue unique
et parfaite, par opposition au repli sur une langue nationale, consacrant le
refus de l'échange. Une langue unique à tendance à se "babelisée" tel
l'espérano. La traduction reste la troisième voie entre la
langue unique et la multiplicité des langues et leur incommunicabilité. Si le
monde contemporain est sous-tendu par le réseau et la communication, la
traduction est souvent pensée comme une solution.

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