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Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 11/07/2010
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le CML, le Collège
Méditerranéen des Libertés, propose dans le cadre de son cycle de
conférences

On ne badine pas avec l'avenir
Sophie Body-Gendrot

Politologue,
spécialiste des violences urbaines, Professeur à l'Université de Paris IV
Sorbonne, Chercheur rattaché au centre de recherche sociologique sur le droit
et les institutions pénales.
a donné une conférence
le jeudi 14 janvier 2010
à la Faculté de Droit de Toulon - Amphi 500.1
Que pouvons-nous apprendre
des villes en matière de violence ?
Résumé de
la conférence
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"La peur détruira-t-elle la ville ?"
Éditions Bourin |
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La peur a toujours accompagné l'histoire des
villes.
Mais les grandes mutations contemporaines ont renforcé ce sentiment.
Depuis le 11 septembre 2001, le principe de précaution s'est imposé dans
la plupart des grandes métropoles. Mais la "ghettoïsation" et
la répression sont-elles des solutions durables?. En réalité, nous dit
Sophie Body-Gendrot, beaucoup de villes ont déjà pris des mesures bien
plus intéressantes. Et elle nous fait faire le tour de la planète pour
nous décrire concrètement les solutions qui ont été mises en place à
New York, Johannesburg, Shanghai, Londres ou Mexico.
Elle nous démontre surtout que, contrairement au discours convenu, les
villes ne doivent pas nous faire peur. Elles font plus que jamais preuve
de leur immense pouvoir d'adaptation et d'intégration. C'est par elles,
et elles seules, que vont se reconstituer des communautés modernes,
diverses mais unifiées |
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En collaboration avec C. Wihtol de Wenten : "Sortir
des banlieues. Pour en finir avec la tyrannie des
territoires" Édtions Autrement |
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Le casse-tête des banlieues revient
imperturbablement à chaque législature.
Depuis les années 1970, les mêmes termes scandent les mêmes politiques
: quartiers sensibles, zones de non-droit, ghettos, zones franches
urbaines, ZEP, ZUS, rénovation urbaine, etc. Toutes ces désignations
enferment les habitants invisibles dans des territoires trop visibles. La
politique de la ville, pleine de bonnes intentions quel que soit le
gouvernement, animée par des responsables convaincus, politiques, élus
locaux, associations, chercheurs, a prouvé son inefficacité.
Toutes les tentatives d'amélioration restent insuffisantes et
artificielles, car elles ne touchent que l'extérieur, l'environnement matériel,
et non l'intérieur, la population elle-même et ses motivations
profondes. Les habitants des banlieues sont toujours confrontés aux mêmes
problèmes, de l'échec scolaire au chômage, tous liés à la
stigmatisation du lieu qui les paralyse. La seule solution : en sortir!
Les auteurs interpellent élus, militants et citoyens pour rompre avec la
logique prisonnière du territoire et inciter à la circulation.
Pouvoir aller et venir, c'est aussi la mobilité sociale. |
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En collaboration : "États-Unis, peuple et
culture" La Découverte |
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Tandis que l'attitude unilatérale des États-Unis
sur la scène internationale soulève les passions, cet ouvrage collectif
permet de se pencher sur ce qui fait la spécificité de cette puissance
et de mieux comprendre ce que sont l'Amérique et les Américains.
Aucun pays, sans doute, n'aura fait naître autant de mythes dont il est
à la fois le héros et la victime. Les formes de développement économique
et social sont, aux États-Unis, manifestement différentes de celles de
l'Europe. En quoi consisterait l'" exception américaine " ?
Elle se veut utopie, organisation sociale libérée des précédents européens,
à valeur exemplaire. Pour comprendre le peuple américain, il est
indispensable de connaître les mythes fondateurs du pays, ses idéaux et
ses valeurs : empreinte religieuse, mythe de la Frontière, identités
communautaires et idéologie du melting pot, croyance dans la réussite
individuelle malgré l'existence de très fortes inégalités sociales,
place et conception du droit...
L'histoire politique des Etats-Unis et les étapes du peuplement de cette
terre d'immigration sont également très éclairantes. |
L'identité américaine se
reflète, enfin, dans sa culture et sa créativité artistique. Au-delà
de l'apport fondamental de la création américaine à un art naissant
comme le cinéma ou au-delà de l'émergence de musiques totalement
nouvelles comme le jazz, les Etats-Unis ont constitué, dans la seconde
partie du XXe siècle, le point de gravité de l'art moderne, de la chorégraphie
et de la mise en scène contemporaines notamment.
Sans oublier les contributions essentielles, depuis le XIXe siècle, des
écrivains et poètes américains, des photographes ou des architectes.
Les textes qui composent ce livre sont pour partie inédits. Les autres
ont fait l'objet d'une première publication, en 1990, aux mêmes éditions,
dans L'état des États-Unis, sous la direction de Marie-France Toinet et
Annie Lennkh. |
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En collaboration avec C. Wihtol de Wenden : "Police
et discriminations raciales : le tabou français" L'Atelier |
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La police est-elle facteur de discrimination
raciale ? Des témoignages de victimes recueillis sur le numéro vert du
114 laissent à penser que les principes citoyens et les traitements d'égalité
pour tous sont de moins en moins respectés.
Plus grave encore, les plaintes des victimes de ces discriminations n'ont
quasiment jamais de suites judiciaires et disciplinaires. L'ethnicisation
des relations sociales et des territoires, la criminalisation des jeunes
assimilés à des voyous, auxquelles s'ajoute un racisme acquis sur le
tas, expliquent en partie ce constat alarmant. Les conditions de travail
difficiles des policiers, l'ambiguïté et le flou de leurs missions sont
aussi en cause.
Comment lutter contre ces attitudes discriminantes indignes de la République
? |
| Alors que des pays étrangers
tels que le Royaume-Uni et les États-Unis ont choisi de former et de
sensibiliser les policiers à ce problème, la France préfère le taire.
En formulant des propositions pour mettre fin à ce tabou, ce livre lance
le débat : comment la police peut-elle mettre fin aux discriminations à
l'égard des usagers ? |
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"La société américaine après le 11
septembre" Presses de Sciences Po |
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" Le monde ne sera plus jamais le même
" : depuis le jour tragique du 11 septembre, le récit de la
catastrophe s'apparente à un discours sur les origines.
On s'attendait à ce que la société américaine fût profondément
transformée : la colère, le patriotisme exacerbé y compris pour une
intervention lointaine en Afghanistan, l'auto-censure de la presse,
l'abdication par quatre Américains sur cinq de leurs libertés, New York
profondément meurtrie, les débats incessants sur " le pourquoi nous
haïssent-ils ? "... L'Amérique n'était plus la même. Et pourtant,
si tout a changé, en apparence, le 11 septembre est un révélateur de
tendances lourdes dans la société américaine.
Les notions d'élection et de Manifeste Destinée, la tolérance implicite
de la corruption économique, la méfiance envers l'État fédéral et les
organisations internationales, le repli communautaire, l'auto-défense par
les armes : les singularités américaines n'ont pas été ébranlées par
le 11 septembre. Toutefois, malgré la désignation répétée d'ennemis
combattants ou infiltrés et l'incitation gouvernementale à la délation,
les citoyens, dans leur grande majorité, ne sont pas dupes de la
manipulation des risques par leurs gouvernants. |
| Quant aux réactions de New
York, elles montrent les continuités et l'accélération de processus à
l'?uvre. La reconstruction du Lower Manhattan, sur laquelle s'articule le
livre illustre les luttes de pouvoir sous des apparences démocratiques au
sein d'un mode de gouvernante pluraliste. Au cours de l'année écoulée,
l'opportunisme politique a joué à plein et le 11 septembre a fourni un
excellent prétexte aux multiples entrepreneurs publics et privés qui
avancent leurs pions sur l'échiquier du pouvoir. |
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"Les villes : la fin de la
violence" Presses de Sciences Po |
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Faut-il se fier aux discours et aux données
officielles annonçant une stabilisation, voire un recul de la délinquance
? La violence urbaine serait-elle un phénomène dépassé ? Que met-on
derrière ces termes ? L'approche comparative de l'ouvrage tente de répondre
à ces questions.
Dans chacun des pays étudiés - France, Royaume-Uni, Etats-Unis -,
l'enjeu sécuritaire révélé par la ville permet de cerner des
macro-mutations de société. La mondialisation n'est toutefois pas la
seule cause des bouleversements susceptibles d'induire des troubles
urbains, et elle ne s'exprime pas sous les mêmes formes d'un pays à
l'autre. L'analyse de cas concrets à laquelle se livre l'auteur éclaire
les changements intervenus au cours des vingt dernières années dans les
politiques de prévention et de sécurité urbaine.
Elle suggère que la construction de réponses à " la ville
dangereuse " vise à déplacer des demandes toujours plus fortes (et
insaisissables) de certitude et de sécurité. Les attitudes envers
l'innovation et le soutien apporté aux habitants dans la "
co-production " de la sécurité font apparaître de fortes
divergences dans les modes de gouvernance et éclairent le fonctionnement
de la démocratie locale. |
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En collaboration : "La ville et l'urbain, l'état
des savoirs" Éditions de La Découverte |
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La " ville " constitue une réalité
singulière, articulée à diverses pratiques professionnelles (aménagement,
urbanisme, architecture, paysagisme, etc.) et à des actions politiques -
il existe même un ministère de la Ville qui trop longtemps a été perçu
comme le pompier au service des banlieues embrasées...
Quant aux recherches urbaines, elles se font généralement " à
chaud " et visent des situations changeantes, tant en ce qui concerne
les territoires étudiés que les populations qui y résident. C'est dire
si les connaissances sur la ville et l'urbain sont toujours à reconsidérer,
à actualiser et à poursuivre. Il existe ainsi un débat fondamental sur
la manière de désigner la réalité observée : s'agit-il de la ville
dans sa continuité historique, ou de l'urbain qui marquerait une irréversible
coupure avec le passé et inscrirait l'ancienne ville dans une
urbanisation géographiquement éparpillée relevant de logiques
techniques plus que de la volonté politique ? C'est ce questionnement et
la diversité d'approche du fait urbain qui caractérisent cet ouvrage réunissant
près de quarante contributions synthétiques des meilleurs spécialistes
français : comment penser la ville ? Qu'est-ce qu'un territoire urbanisé
? |
| Comment les populations des
villes vivent-elles ou non ensemble ? Qui sont les acteurs de la ville et
comment s'organisent leurs actions dans le cadre de ce qu'on appelle les
" politiques de la ville " ? Outre un panorama de la recherche
urbaine, particulièrement utile aux étudiants (en urbanisme,
architecture, sociologie, etc.) et aux nombreux professionnels du secteur,
cet ouvrage s'efforce de dégager les enjeux de l'urbanisation planétaire,
présente la " pensée française " sur la ville ainsi que les
grands livres qui ont rythmé l'étude du phénomène urbain. |
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"Les villes face à
l'insécurité" Éditions Bayard |
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La croissance inexorable des violences
urbaines est devenue l'une des préoccupations majeures des Français.
Cette inquiétude se nourrit de l'analogie - souvent hâtive en dépit des
convergences - entre les ghettos américains et les quartiers sensibles.
Quant aux spécialistes et responsables politiques, ils s'interrogent
faut-il opter pour le "tout-répressif", comme c'est le cas aux
Etats-Unis ou concentrer les moyens sur la prévention ? Doit-on combattre
les symptômes ou s'attaquer aux causes profondes de la délinquance ?
Enfin, comment répondre à ta demande toujours plus forte de sécurité
sans tomber dans la démagogie sécuritaire ? À partir d'une étude fine
des villes françaises et américaines, Sophie Body-Gendrot montre qu'il y
a moyen d'inventer une voie proprement hexagonale.
En partie inspirée de ce qui s'est fait à Chicago et à New York,
celle-ci repose sur la médiation et le travail conjoint de la police et
des habitants. |
| Certes, une telle approche passe
par un véritable changement dans les représentations et les habitudes.
Mais il y a urgence : en réinvestissant des quartiers entiers, il s'agit
d'empêcher que les classes moyennes ne penchent vers des solutions
politiques extrêmes. |
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"Les villes américaines. Les politiques
urbaines" Fondamentaux Hachette |
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Les puissantes mégapoles américaines ont
d'abord été, aux XVIIe et XVIIIe siècles, de simples bourgades livrées
aux échanges marchands.
Elles gardent aujourd'hui la trace des règles et des structures édifiées
naguère. Qu'est-ce qui caractérise les politiques urbaines
contemporaines ? Quels en sont les acteurs ? Comment sont prises et
appliquées les décisions qui les déterminent ? Autant de questions qui
permettent de mieux comprendre la singularité du phénomène urbain américain.
Cet ouvrage analyse la complexité des transformations urbaines, les données
politiques et sociales qui les commandent, à travers le cas, notamment,
de quelques villes phares.
Il étudie les relations entre les villes et les différents échelons de
la structure fédérale d'une part, entre les acteurs publics, privés et
associatifs d'autre part. Prenant appui sur les recherches américaines
les plus récentes (mondialisation et nouvelles centralités urbaines,
pauvreté et crise financière endémiques, ségrégation,
surburbanisation, émeutes), il montre les défis auxquels les villes se
trouvent confrontées.
De nombreux tableaux statistiques éclairent le propos, et, en fin
d'ouvrage, un glossaire offre une traduction ou une explication des termes
les plus importants. |
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"Villes et violence. L'irruption de nouveaux
acteurs" PUF |
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Les villes européennes vont-elles vers des
explosions à l'américaine dans leurs quartiers défavorisés ? Les
facteurs de convergence sont visibles : déréliction, délinquance,
drogue, bandes, violence individuelle, affrontements collectifs avec la
police...
Cette violence au premier regard apparaît comme une ressource de groupes
minoritaires : la politisation de l'exhibition de la violence civile se
produit par le truchement des médias utilisés comme voix des exclus et
moyen de pression sur les autorités. Pour autant, les désordres qui font
la " une " des journaux télévisés procèdent-ils de la même
logique que la rage - type Malcolm X - exprimée par les Noirs américains
quand ils brûlent le drapeau américain ? Seule une approche comparative
permet de répondre à ces questions.
Dans chacun des pays étudiés - Etats Unis, Royaume-Uni et France -,
l'analyse des configurations socio-politiques spécifiques et des outils
dont disposent les gouvernants, tant à l'échelon national que local, révèle,
en effet, de fortes divergences très éclairantes sur le fonctionnement
de nos démocraties. |
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CONFERENCE Que
pouvons-nous apprendre des villes en matière de violence ?
Il n'existe pas une seule cause aux changements urbains. On peut voir que les
adaptations sont souvent locales. La diversité, la complexité, l'insécurité,
la peur... sont des données présentes.
La violence est un phénomène à dimension
multiple, socialement construit et ambivalent. Le terme suscite la contestation.
Il faut différencier violence et délinquance. Dans les années 60 aux
Etats-Unis, on pouvait entendre : Qui
sommes nous pour produire une telle violence ? Elle était comprise par
la société comme étant endogène. Des
années plus tard, en pénalisant la violence, cette dernière devenait
externalisée : c’était l’autre qui était responsable de la violence !
Si les risques sont infinis, ils sont triés,
choisis. Il faut oublier pour l’accepter. Par exemple, si l’on considère
que la route est dangereuse, il faut oublier ce risque pour pouvoir prendre le
volant. Pour faire face aux risques, on fait appel à des experts.
La notion de risque perçue par la population
n’est pas la même que dans la réalité. Au cours d’un sondage, les gens
pensaient que le risque de mourir assassiné, dans un accident de la route ou
d’une maladie grave était important et équivalent, alors que dans la réalité,
il existe quelques dizaines de meurtres par an, quelques milliers de victimes de
la route, mais plusieurs centaines de milliers de décès liés au cancer ou aux
maladies cardio-vasculaires chaque année.
En criminologie, les lieux sont importants
dans la perception de la sécurité. Les auteurs des troubles sont aussi
responsables que la peur elle-même. L’usage politique que l’on fait de la
peur de la ville est stratégique. La peur légitime la séparation entre les
groupes. L’État n’est plus responsable et met en place des processus qui
inquiètent plus qu’ils ne rassurent. Les normes et les règles sont en
constant ajustement. Les villes sont les sources d’innovation pour les États.
La peur au Moyen-âge était toujours présente.
Au XIXème siècle, elle n’avait pas davantage disparue. Montaigne disait déjà
qu’il faut avoir peur de la peur. L’illusion de la peur est un danger en
elle-même.
Depuis 2007, plus de 50 % de l’humanité vit dans des
zones urbaines. L’accroissement de la population se fait essentiellement par
le sud. Mais les migrations se font généralement à l’intérieur même du
pays. Contrairement aux apparences, les migrations Sud-Nord sont marginales et
inférieures à celles Nord-Sud. Aux États-Unis, la première minorité, les
latinos, s’est parfaitement intégrée, et ce ne sont pas les plus pauvres. La
France ne réussit plus à offrir des emplois aux diplômés de la deuxième génération
d’immigrés. Par contre, l’intégration y est plutôt mieux réussie que
dans les autres pays européens. On est, dans notre pays, dans la reproductions
des « héritiers » tel que le citait Bourdieu.
La peur liée au 11 septembre a été complètement
instrumentalisée par la classe politique. La politique pénale s’est considérablement
durcie depuis une trentaine d’années. Si les outils de répression se sont développés,
les attitudes de la population ont peu évoluées.
Le cas le plus difficile est celui de Johannesburg en
Afrique du Sud. L’apartheid, qui ne dit pas son nom, persiste dans la ville.
Il résulte de la peur qui sert de prétexte pour se protéger du reste de la
ville dans des quartiers protégés. L’opulence de la partie blanche de la
population face à la grande majorité noire du très grande pauvreté, n’est
pas pour rien dans ce processus.
Si la peur à la fonction de prévenir le danger, on ne
fait rien pour favoriser ce qui fonctionne et remettre la peur au niveau réel
du danger. Il faut d’autre part revaloriser les travailleurs de terrain. Les réformes
ont besoin de temps.

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