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Copyright 2000-2012
Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 04/03/2012
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De la richesse et de la
pauvreté entre
Europe et Méditerranée
Rencontre avec Ada Giusti
| Le film "Tornando a
casa" de V. Mara
Dans
le cadre du partenariat qui lie les Rencontres d’Averroès et le Musée
des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, l’exposition
Germaine Tillion, conçue en 2004 par le Centre d’Histoire de la Résistance
et de la déportation, sera ouverte exceptionnellement, en avant-première,
du 11 au 13 novembre.
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Germaine Tillon D.R. |
Figure tutélaire
de l’ethnologie française, Germaine Tillion n’a que 27 ans, en 1934,
lorsqu’elle effectue sa première mission : six ans dans les Aurès à
analyser l'organisation sociale des Chaouïas avec lesquels elle vit étroitement.
De retour en France en 1940, elle devient une Résistante de la première
heure au sein du fameux réseau du Musée de l’Homme. Trahie par un
proche, elle est arrêtée et déportée à Ravensbrück
où, de l’automne 1943 au printemps 1945, elle trouve encore la force
morale d’étudier le fonctionnement du camp et d’entamer des
travaux sur les systèmes concentrationnaires. Si j'ai survécu, écrira-telle
plus tard, je le dois d'abord
et à coup sûr au hasard, ensuite à
la colère, à la volonté de dévoiler ces crimes et enfin, à une
coalition de l'amitié.
Germaine Tillion renoue avec l'Algérie en 1954, alors que souffle
« le vent de la Toussaint ». Tout en continuant son travail
d’ethnologue – elle étudie notamment l’endogamie des sociétés méditerranéennes
– elle crée des centres sociaux pour rendre l'éducation accessible à
tous, particulièrement aux femmes. Elle est une des premières à alerter
l’opinion sur la torture en Algérie.
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Infatigable, elle milite ensuite de longues années pour l’égalité des
droits des femmes. Elle obtient aussi que les prisonniers aient le droit
de préparer des examens. A 93 ans, on la trouvait encore aux côtés des
Sans Papiers ! Installée dans la Tour du Roy René au
Fort Saint Jean, l’exposition permet de découvrir l'œuvre et la pensée
de cette grande figure du XXe siècle, modèle de droiture pour
le XXIe siècle balbutiant. |
ADA GIUSTI

Ada Giusti présentée par Claude de Peretti
Ada Giusti n'a pas écrit ce livre véritablement par hasard. Elle est
elle-même issue de l'immigration. Toute jeune, elle quitte avec sa famille son
Italie natale pour la France. Elle y restera plusieurs années avant de partir
à nouveau pour les États Unis. Elle revient à Paris où elle retrouve
l'hôtel qui l'avait accueillie (?) la première fois. Rien pendant ces
nombreuses années n'avait changé ; le nombre de nationalités était toujours
aussi important, seule évolution, il n'y avait plus de français acceptant de
vivre dans ces conditions aussi précaires. C'est ceci qui a interpellé Ada
Giusti.
Aujourd’hui docteur en langue et littérature françaises à l’Université
du Montana, elle a voulu, en écho à
sa propre expérience, comprendre ce que signifiait l’immigration
aujourd’hui. Dans un essai publié aux éditions Le Pommier et intitulé, fort
significativement , Mais pourquoi ne retournent-ils pas chez eux ?, elle
a interrogé une vingtaine de personnes, immigrés et Français, puis
retranscrit fidèlement leurs témoignages. En provenance de douze pays différents,
les immigrés racontent pourquoi ils ont choisi le chemin de l’exil, comment
ils ont fui, comment ils ont été reçus, et comment ils envisagent leur
avenir. Les Français, quant à eux, expriment de la sympathie, de l’inquiétude
ou un rejet parfois violent. Le livre ne porte pas de jugement, mais, en
permettant de mieux comprendre la diversité des situations, ouvre des pistes de
réflexion. Ada Giusti viendra spécialement des États-Unis à l’occasion
des Rencontres et sera à La Garde, Avignon et Aix pour débattre avec le
public.
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"Mais pourquoi ne retournent-ils pas chez eux
?" Le Pommier |
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Qu'est-ce
qui pousse tant d'hommes, de femmes et d'enfants à émigrer en France?
Qu'attendent-ils de ce pays ? d'accueil ? Ont-ils l'intention de s'y intégrer
? La possibilité ? Comment les Français réagissent-ils face à cette
immigration ? Italienne, Ada Giusti a passé son enfance en France puis
aux États-Unis. En écho à sa propre expérience, elle a voulu
comprendre ce que signifiait l'immigration ici, aujourd'hui. Dans ce
recueil, une vingtaine de personnes, immigrés et Français, répondent à
ses questions, avec toute la sincérité que permet l'anonymat. Ce livre
retranscrit fidèlement leurs témoignages. Des immigrés en provenance de
douze pays racontent ainsi pourquoi ils ont choisi le chemin de l'exil,
comment ils ont fui, comment ils ont été reçus et comment ils
envisagent leur avenir. |
| Les
Français, quant à eux, expriment de la sympathie, de l'inquiétude ou un
rejet parfois violent. Ce livre ne porte pas de jugement. En donnant la
parole à des personnes, il permet de mieux comprendre la diversité des
situations et des points de vue, et ouvre des pistes de réflexion. |
| TORNANDO
A CASA Le film |
Italie, 2001
De Vincenzo Marra
Scénario : Vincenzo Marra
Avec Aniello Scotto D'Antuono, Salvatore Laccarino, Giovanni Laccarino,
Abdel Aziz
Photo : Ramiro Civita
Musique : Andrea Guerra
Durée : 1h28
Sortie : 28 Janvier 2004 |

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| Franco est un
jeune pêcheur napolitain désabusé dont le patron viole régulièrement
les eaux territoriales de l’Afrique du Nord. Son seul phare est sa
petite amie Rosa avec qui il rêve de s’exiler en Amérique. Alors
qu’il rentre à Naples après avoir échappé de justesse à la police côtière
africaine, Franco apprend que Rosa vient de mourir accidentellement.
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| Méditerranée. Minuscule mer séparant
deux continents, deux mondes qui se testent, se regardent, s’envient, se
rejettent. Avec calme et simplicité, Tornando a casa plonge
doucement dans la vie de ces hommes qui, de part et d’autre de cette étendue,
usent leur temps à essayer de franchir une mince limite qui leur coule
inexorablement entre les doigts. Des marins coupés de toute amarre,
meurtris par de dures journées de labeur, abîmés par le sel et
l’angoisse constante de finir en prison, ne risquant leur vie sur
l’eau que pour mieux survivre sur la terre ferme. Des immigrés proches
parents de Sisyphe, condamnés à refaire constamment le même chemin vers
les côtes siciliennes dans l’espoir de venir un jour à bout de leur
lourd fardeau de misère qui ne cesse de suivre la direction du courant
les ramenant vers la Tunisie. |
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| Pour incarner ces déracinés
de toutes nationalités, Vincenzo Marra a choisi de faire appel à des non
professionnels. Ne leur indiquant que les quelques axes d’intrigue nécessaires
à leurs personnages, il a préféré mettre en avant la succession d’évènements
et non la globalité d’une banale histoire. Si l’ensemble général
est somme toute assez cohérent, emballé dans une bande originale d’une
grande qualité, le film souffre d’une certaine monotonie au niveau du
rythme, de la photographie et du jeu des acteurs. |
| Un premier film très simple, en
demi teinte, sans éclat ni fadeur, à la fois planant et régit par une
grande tension, qui se place comme un coup d’essai, posant les jalons
d’une matière filmique encore naissante.
©
filmdeculte.com |
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