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Librairie Gaïa
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Dernière modif. : 03/02/2014

Le Docteur Pierre Navarranne et ses amis de la Cité Contemporaine vous convient à rencontrer

Jean Sévillia


Photo Librairie Gaïa

a donné une conférence le 10 novembre 2005 

" 1905-2005 : la laïcité est-elle un dogme ? "

Jean Sévilla est né en 1952 à Paris. Après des études de lettres et d'histoire, il devient journaliste en 1978. Il entre au Figaro Magazine en 1981 et est rédacteur en chef adjoint du service culture depuis 1994.

"Quand les catholiques étaient hors-la-loi"   Perrin

Les catholiques hors la loi ? De 1901 à 1904, une série de mesures d'exception restreint le droit des congrégations religieuses et finit par leur retirer la liberté d'enseigner. Leurs communautés dissoutes et leurs biens séquestrés, plus de 30000 moines ou sœurs sont contraints à l'exil. Au cours de la même période, le gouvernement ferme 14000 écoles catholiques, multiplie les agressions à l'encontre du clergé, et prive d'avancement les officiers qui vont à la messe. Pourquoi rappeler ces faits ? Cent ans après la séparation de l'Eglise et de l'État, il se répète que la laïcité garantit la neutralité publique en matière religieuse. Cette vision est purement rétrospective : de 1879 à 1914, l'anticléricalisme a servi de ciment politique aux partis exerçant le pouvoir, et les catholiques ont été écartés des instances dirigeantes du pays. 
En 1905, c'est dans un climat où beaucoup ne cachaient pas leur volonté de déchristianiser la France que la loi de Séparation a été imposée sans concertation avec l'Église. Aujourd'hui, ce conflit appartient au passé. Mais alors que l'irruption de l'islam a relancé le débat sur la laïcité, de nouvelles questions se posent. Croit-on faciliter l'intégration des musulmans en niant le fait religieux ? Pour assurer la cohésion de notre société, ne vaudrait-il pas mieux nous interroger sur ce que nous avons fait de nos valeurs chrétiennes ?

 

"Le terrorisme intellectuel"  Perrin

La France, dit-on, est le pays de la liberté. Dans le domaine des idées, cela reste à démontrer. Car sur la scène politique, culturelle et médiatique, tout se passe comme si un petit milieu détenait la vérité. En 1950, les élites exaltaient Staline. En 1960, elles assuraient que la décolonisation apporterait le bonheur outre-mer. En 1965, elles s'enflammaient pour Mao ou Fidel Castro. En 1968, elles rêvaient d'abolir toute contrainte sociale. En 1975, elles saluaient la victoire du communisme en Indochine. En 1981, elles croyaient quitter la nuit pour la lumière. 

En 1985, elles proclamaient que la France devait accueillir les déshérités de la terre entière. Dans les années 1990, ces mêmes élites affirmaient que le temps des nations, des familles et des religions était terminé. Pendant cinquante ans, les esprits réfractaires à ce discours ont été discrédités, et les faits qui contredisaient l'idéologie dominante ont été passés sous silence. C'est cela, le terrorisme intellectuel. Pratiquant l'amalgame, le procès d'intention et la chasse aux sorcières, cette mécanique totalitaire fait obstacle à tout vrai débat sur les questions qui engagent l'avenir.

 

"Zita impératrice courage, 1892-1989"   Tempus et Perrin

   Le 1er avril 1989, à Vienne, les obsèques de la dernière impératrice d'Autriche et reine de Hongrie et de Bohême, morte à 97 ans, se déroulèrent selon le cérémonial solennel réservé aux souverains de la Maison de Habsbourg. 
   Leur retentissement médiatique s'expliquait par tout ce que représentait Zita, née en 1892 : la fin de l'Empire austro-hongrois, les bouleversements politiques et sociaux du XXe siècle, l'Histoire mouvementée et prestigieuse des Habsbourg, la vie exemplaire de dignité, de majesté, de courage et de foi d'une femme qui, après une jeunesse heureuse, connut de grandes épreuves. Zita de Bourbon-Parme, épouse de l'archiduc Charles, petit-neveu de l'empereur, était devenue impératrice en 1916, Charles ayant succédé en pleine guerre à François-Joseph. Parcourir sa vie, c'est découvrir autant d'événements méconnus : de 1916 à 1918, les deux années de règne de Charles Ier, jeune monarque qui voulut désespérément sortir son pays du conflit mondial ; en 1918, l'écroulement de l'Empire austro-hongrois et l'exil de la dynastie dans une totale misère matérielle ; en 1921, une double tentative de restauration monarchique en Hongrie, entraînant la relégation du couple impérial à Madère, où l'empereur mourut prématurément, en 1922. 
Veuve à trente ans, Zita se voua à l'éducation de ses huit enfants, préparant tout spécialement l'aîné, Otto, à prendre la tête de la maison d'Autriche. A partir de 1930, les Habsbourg inspirèrent le combat des patriotes autrichiens contre la menace allemande, puis, après l'annexion du pays par Hitler, soutinrent la résistance antinazie. Réfugiée en Amérique en 1940, la famille impériale s'efforça d'obtenir que les Alliés rétablissent après la guerre une Autriche indépendante et d'empêcher que la Hongrie ne soit abandonnée à Staline. Zita revint sur le Vieux Continent en 1953 et vécut modestement et discrètement, mais fermement fidèle au principe qu'elle incarnait. Après soixante-trois années d'exil, son retour en Autriche, en 1982, fut un triomphe. Jean Sévillia dépeint, avec infiniment de sensibilité, le destin poignant de cette femme qui force l'admiration et le respect. " Chrétienne, souveraine, épouse, mère, grand-mère, l'impératrice Zita, écrit l'auteur, trace un modèle à ceux qui ne se résignent pas au goût de notre époque pour le superficiel et l'éphémère. "

 

"Historiquement correct. Pour en finir avec le passé unique"    Perrin

Appliqué à l'histoire, le politiquement correct s'appelle l'historiquement correct. Analysant le monde d'hier d'après les critères de notre époque, l'historiquement correct traque l'obscurantisme, l'impérialisme, le colonialisme, le racisme, le fascisme ou le sexisme à travers les siècles. Que ces mots n'aient pas de sens hors d'un contexte précis, l'historiquement correct s'en moque : son but n'est pas de comprendre le passé, mais d'en fournir une version conforme à la philosophie dominante. A l'école, à la télévision ou au café du Commerce, l'historiquement correct règne en maître, proposant une histoire tronquée, falsifiée, manipulée. Les croisades, les cathares, l'Inquisition, les guerres de Religion, la Révolution, la Commune, l'affaire Dreyfus, le fascisme et l'antifascisme, la Résistance et la Collaboration, l'affaire Pie XII, la décolonisation, la guerre d'Algérie...
 Ce livre étudie dix-huit points chauds de l'histoire française et européenne. Pour chacun d'eux, les conclusions les plus récentes des chercheurs remettent en cause les préjugés, les idées reçues et les mensonges concernant notre passé. Contre l'historiquement correct, les historiens authentiques nous permettent donc de regarder notre propre histoire en face, et nous réapprennent à l'aimer. J.S.

 

"Le chouan du Tyrol. Andreas Hofer contre Napoléon"  Perrin

1809. Alors que Napoléon domine la moitié de l'Europe, un paysan se rebelle. Andreas Hofer soulève le Tyrol, province autrichienne rattachée contre son gré à la Bavière, un pays allié à la France. A la faveur d'un nouveau conflit entre Napoléon et l'Autriche, les Tyroliens tiennent tête aux troupes franco-bavaroises du maréchal Lefebvre et du prince Eugène de Beauharnais. L'Autriche vaincue, la paix conclue entre Paris et Vienne, les révoltés du Tyrol refusent de se soumettre et combattent plusieurs mois encore, avant de succomber sous le nombre. Andreas Hofer est fusillé par les Français le 20 février 1810. Destin hors du commun que celui de cet aubergiste - robuste père de famille, simple et pieux -, devenu régent du Tyrol au nom des Habsbourg. Aux yeux des Tyroliens - profondément attachés à l'Église catholique, à la dynastie autrichienne et à leurs particularismes séculaires -, Napoléon représentait l'envahisseur, mais également l'esprit révolutionnaire.
 Ainsi Andreas Hofer, en entraînant ses montagnards au cri de " Pour Dieu, l'Empereur et la Patrie ", a-t-il non seulement plis place parmi les figures hautes en couleur des guerres napoléoniennes, mais a aussi écrit une page méconnue de l'histoire des résistances à la Révolution.

CONFÉRENCE DU 10 NOVEMBRE 2005

1905-2005 : la laïcité est-elle un dogme ?

 
      Le discours ambiant se fonde sur un certain nombre de mensonges. La laïcité est la garantie de la neutralité de l'État. Or, c'est plus une politique de combat contre le catholicisme. Cette loi de 1905 n'a pas été voté avec toute la concertation nécessaire. Cette loi ne peut être isolée du processus de laïcisation de la société.  La laïcité est une violence contre le catholicisme.
   Les relations conflictuelles entre l'État et l'Église ont toujours existées. Mais il s'agissait de heurts de pouvoir. Il n'y avait pas d'opposition sur les valeurs et les fondements de la société. 

Photo Librairie Gaïa
   Avec la Révolution de 1789, le conflit devint une question philosophique. Le clergé est détruit, les biens de l'Église sont nationalisés, le paysage religieux est désolé. Le pape Pie VII et Bonaparte vont souhaiter harmoniser les choses avec le Concordat qui garantit à l'Église un certain nombre de libertés et va définir cette religion comme la religion la plus importante de la Nation.
   Toutes les nominations ecclésiastiques doivent obtenir l'accord du Gouvernement. Si ce concordat apporte la sécurité, il impose la sujétion de l'Église à l'État. En 1872 (dernier recensement où l'indication de la religion est autorisée), 95,5 % de la population se se déclare baptisée et catholique. Le statut du concordat est étendu aux religions protestantes et juive (On compte 80000 juifs en France à l'époque).  Ces trois religions bénéficient d'un soutien financier de l'État par le versement d'un revenu aux religieux.
  Sous le Second Empire, le concordat a permis un grand relèvement de l'Église. Le XIXè est le siècle du renouveau de la foi, y compris avec la création de d'ordres religieux. La présence du religieux dans la vie séculaire est très importante.
   Un enseignant sur deux est un religieux, dans l'enseignement privé, mais également dans l'enseignement public. Ceci est aussi vrai dans le secteur social : hôpitaux, aides aux pauvres, aux prisonniers...). Il y a aussi un autre XIXè siècle, issue de la pensée révolutionnaire, scientiste. L'idée anti-cléricale va se confondre avec l'idée républicaine. Le pouvoir va être pris par des républicains sincères qui seront très anti-cléricaux. Cette situation va durer pratiquement de 1880 jusqu'en 1914.
   Le programme politique qui va être mis en œuvre permettra de laïciser l'École, marquer la rupture diplomatique avec le Vatican, et marquer la rupture entre l'Église et l'État. La Loi de 1901 va permettre la création de nombreuses associations. A l'époque, cette loi avait été votée dans un but politique de lutter contre les congrégations religieuses. En effet, l'un des articles de la loi donnait un statut particulier aux congrégations religieuses qui devaient obtenir une autorisation par le Parlement qui leur était systématiquement refusée. Certaines congrégations vont alors s'exiler ou se séculariser (Cet article sera supprimé par la suite).
   Émile Combe , ancien séminariste ayant perdu la foi, membre du Conseil, conserve une haine vis à vis de l'Église. Il va faire refuser de donner les autorisations nécessaires aux congrégations qui seront dissoutes, les membres seront dispersés et les biens vendus.
   A partir de 1904, les religieux n'ont plus le droit d'enseigner. Il y a entre 30000 et 60000 religieux qui vont s'exiler pour conserver leur unité. Il y aura 14000 écoles religieuses qui fermeront.
   C'est à cette époque que va être votée la loi sur la séparation de l'Église et de l'État : la liberté de pratiquer la religion de son choix est affirmée et l'État ne subventionne plus aucun salarié d'aucun culte. La gestion des biens doit être donnée aux associations. L'inventaire nécessaire des biens va donné lieu à de nombreux incidents. Le Pape Pie X va condamner la loi de 1905.
   Les catholiques n'ont pas constitué les associations nécessaires qui devaient gérer ces biens. Il n'y avait donc plus d'interlocuteurs à qui transmettre ces biens . Le législateur va devoir corriger la loi en laissant les religieux prendre possession des lieux de cultes et les autorisant à y tenir des réunions à caractère religieux. Une troisième loi va autoriser l'État à entretenir les biens religieux.
   Après la guerre de 14, l'anti-cléricalisme va perdre de sa virulence. En 1920, la Droite va gagner les élections pour la première fois depuis une cinquantaine d'années. L'ambassade de France au Vatican est rouverte. Les associations diocésaines sont autorisées. Elles pourront gérer ces biens.
   Pendant l'entre-deux-guerres, l'anti-cléricalisme ne sera plus le ciment de la Nation. C'est le maréchal Pétain qui va abolir les lois interdisant l'enseignement par des religieux ainsi que l'existence des congrégations religieuses.
   Après 1945, la seule question qui posera encore problème sera celle de l'enseignement. La loi Debré de 1959 autorisera l'État à subvenir aux besoins financiers de l'enseignement catholique par le système dit "des contrats".
   L'idée laïque a ressurgit dès le début des années 90 avec l'affaire du "voile" qui a divisé toute la société française, toute obédience politique confondue. La loi interdisant tout signe religieux ostentatoire va mettre un terme à ce problème.
   Le débat sur l'immigration n'a pas eu lieu. On s'est aperçu que l'Islam était présent sur le sol français de manière importante et durable.

 
   
   Sur le thème de la laïcité, vous pouvez retrouver la conférence qu'Henri Pena-Ruiz a donnée le 8 avril 2003, "laïcité ou guerre des dieux", en cliquant ici
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