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Dernière modif. : 10/05/2008

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Boualem Sansal

mardi 20 mai 2008 à 17 heures

 

"Le village de l'allemand ou le journal des frères Schiller"  Gallimard
Les narrateurs sont deux frères nés de mère algérienne et de père allemand.
Ils ont été élevés par un vieil oncle immigré dans une cité de la banlieue parisienne, tandis que leurs parents restaient dans leur village d'Aïn Deb, près de Sétif. En 1994, le GIA massacre une partie de la population du bourg. Pour les deux fils, le deuil va se doubler d'une douleur bien plus atroce : la révélation de ce que fut leur père, cet Allemand qui jouissait du titre prestigieux de moudjahid...
Basé sur une histoire authentique, le roman propose une réflexion véhémente et profonde, nourrie par la pensée de Primo Levi. Il relie trois épisodes à la fois dissemblables et proches : la Shoah, vue à travers le regard d'un jeune Arabe qui découvre avec horreur la réalité de l'extermination de masse ; la sale guerre des années 1990 en Algérie ; la situation des banlieues françaises, et en particulier la vie des Algériens qui s'y trouvent depuis deux générations dans un abandon croissant de la République.
" A ce train, dit un personnage, parce que nos parents sont trop pieux et nos gamins trop naïfs, la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée. Vous devrez alors lui faire la guerre si vous voulez seulement la contenir dans ses frontières actuelles. " Sur un sujet aussi délicat, Sansal parvient à faire entendre une voix d'une sincérité bouleversante.

 

"Poste restante : Alger. Lettre de colère et d'espoir à mes compatriotes"  Gallimard (Blanche & Folio)
   " En France, où vivent beaucoup de nos compatriotes, les uns physiquement, les autres par le truchement de la parabole, rien ne va et tout le monde le crie à longueur de journée, à la face du monde, à commencer par la télé.
Dieu, quelle misère ! Les banlieues retournées, les bagnoles incendiées, le chômage endémique, le racisme comme au bon vieux temps, le froid sibérien, les sans-abri, l'ETA, le FLNC, les islamistes, les inondations, l'article 4 et ses dégâts collatéraux, les réseaux pédophiles, le gouffre de la sécurité sociale, la dette publique, les délocalisations, les grèves à répétition, le tsunami des clandestins...
Mon Dieu, mais dans quel pays vivent-ils, ces pauvres Français ? Un pays en guerre civile, une dictature obscure, une République bananière ou préislamique ? A leur place, j'émigrerais en Algérie, il y fait chaud, on rase gratis et on a des lunettes pour non-voyants. "

 

"Harraga"   Gallimard   (Blanche & Folio)
   Une maison que le temps ronge comme à regret.
Des fantômes et de vieux souvenirs que l'on voit apparaître et disparaître. Une ville erratique qui se déglingue par ennui, par laisser-aller, par peur de la vie. Un quartier, Rampe Valée, qui semble ne plus avoir de raison d'être. Et partout dans les rues houleuses d'Alger des islamistes, des gouvernants prêts à tout, et des lâches qui les soutiennent au péril de leur âme. Des hommes surtout, les femmes n'ayant pas le droit d'avoir de sentiment ni de se promener.
Des jeunes, absents jusqu'à l'insolence, qui rêvent, dos aux murs, de la Terre promise. C'est l'univers excessif et affreusement banal dans lequel vit Lamia, avec pour quotidien solitude et folie douce. Mais voilà qu'une jeune écervelée, arrivée d'un autre monde, vient frapper à sa porte. Elle dit s'appeler Chérifa, s'installe, sème la pagaille et bon gré mal gré va lui donner à penser, à se rebeller, à aimer, à croire en cette vie que Lamia avait fini par oublier et haïr.

 

En collaboration avec 12 écrivains algériens : "Les Belles étrangères"  Éd. de l'Aube
D'Alger ou d'ailleurs - mais toujours de "là-bas" -, en arabe ou en français, en prose ou en vers, connus et moins connus, treize écrivains algériens, invités en France par le ministère de la Culture et de la Communication à l'occasion des Belles Etrangères, nous parlent de leur terre, de leur pays, de leur patrie.
L'indépendance chèrement acquise, la violence intégriste, la dure condition des femmes, les magouilles et la misère... mais aussi la beauté infinie des villes et des paysages, le presque blanc de la lumière et le bleu de la mer - celle qui unit et sépare. Hurlés ou retenus, les mots de ce recueil noi , entraînent irrésistiblement dans ce monde de haine et d'amour, dans cet espace-temps où tout peut exister - sauf l'indifférence. Nous vous invitons à partager ce voyage littéraire dans ce pays cher à notre cœur, auquel Jean/Yahia Sénac a promis: " J'affirme d'un soleil les droits de l'espérance."

 

"Dis-moi le paradis"   Gallimard - Collection Blanche
Au Bar des Amis, sur les hauteurs de Bab el-Oued, on discute beaucoup.
On y refait le monde en général, et l'Algérie en particulier. Le patron, Ammi Salah, ancien fellagha revenu de tout, accepte que son établissement se transforme chaque jour en agora tapageuse. Chacun a son histoire à raconter, sa vision de l'avenir ou du passé à faire valoir ou à inventer. De ces tonitruantes controverses émerge plus particulièrement l'histoire de Tarik, l'un des habitués, médecin dans un hôpital d'Alger.
Tarik raconte comment il a récemment traversé l'Algérie en compagnie de deux de ses cousines, revenues de l'étranger pour aller voir leur mère mourante dans le sud du pays. Un personnage mystérieux incarne le désarroi du peuple algérien : c'est un enfant mutique recueilli en route par Tarik, qui garde les yeux grands ouverts sur un passé indicible. Le voyage permet à Tarik de dresser un inventaire de l'Algérie contemporaine, entre farce et cauchemar, et son récit autorise les ivrognes volubiles du Bar des Amis à déployer leurs précieux commentaires.
On retrouve ici la verve rabelaisienne de Boualem Sansal, ses critiques cinglantes ou cocasses, son exceptionnelle vitalité littéraire.

 

En collaboration avec 4 écrivains : "Journal intime et politique. Algérie, 40 ans après"  Éd. de l'Aube
Pendant trois mois, d'août à octobre 2002, quarante ans après l'indépendance de l'Algérie, cinq écrivains ont tenu leur journal intime et politique.
Mohamed Kacimi, Nourredine Saadi, Leïla Sebbar ont écrit depuis la France où ils vivent, Maïssa Bey et Boualem Sansal depuis l'Algérie qu'ils n'ont pas quittée. Deux femmes et trois hommes, écrivains de langue française, en exil ou non, cheminent avec l'Algérie d'hier et d'aujourd'hui. Avec l'Histoire de la France et de l'Algérie si fortement inscrite en eux, chacun, selon ses engagements, ses choix, sa sensibilité, son humour, tisse la trame des jours, le drame des jours...
La politique les passionne tous, à travers de petits faits comme des grands événements. Ainsi consignée dans leur journal, l'actualité tient en éveil et nourrit leur réflexion, pour nous faire découvrir cinq regards différents, portés en même temps, depuis chacune des deux rives, autour d'une date anniversaire importante pour chacun d'eux. Ce Journal intime et politique est volontairement nommé au singulier, car s'il y a des résonances d'un journal à l'autre, chacun est unique.
Comme l'aventure douloureuse et forte qui lie l'Algérie à la France. Un livre profondément humain, émouvant, beau.

 

"L'enfant fou de l'arbre creux"   Gallimard   (Folio & Blanche)
Dans le sinistre bagne de Lambèse, en Algérie, de nos jours, deux détenus condamnés à mort dialoguent: un Français, Pierre Chaumet, et un Algérien, Farid.
Pierre est né en 1957, à Vialar (aujourd'hui Tissemsilt). Revenu clandestinement en Algérie afin de retrouver sa mère, qui l'a abandonné à sa naissance, il a découvert un pays qui n'en finit pas de vivre avec des fantômes. Il a découvert, surtout, des vérités dangereuses sur certains aspects de la guerre d'Indépendance. Farid, lui, a participé aux atrocités commises par les islamistes ou par ceux qui les ont cyniquement utilisés.
Pendant que Pierre et Farid discutent de la vie et de l'Algérie, une commission internationale des droits de l'homme s'apprête à visiter le pénitencier. L'administration de Lambèse est sur les dents...

 

"Le serment des barbares"   Gallimard   (Blanche &  Folio)
Larbi, un vieux flic brisé par la mort de sa femme, en poste dans une banlieue jadis florissante d'Alger, se lance dans une enquête sur la mort d'un va-nu-pieds, un ouvrier agricole qui avait suivi ses patrons en métropole après l'indépendance, avant de regagner le bled pour y finir ses jours, et découvre ce qu'il ne cherchait pas.
De son pas traînant, il va culbuter sans y prendre garde des nids de serpents, faire tomber des masques et des masques derrière les masques. Dans une langue brutale, sensuelle, puissante et colorée, Boualem Sansal se livre à une charge virulente contre l'Algérie des islamistes et du F.L.N. À coups d'images féroces, il fait se déchirer les mythes et les logiques menteuses de l'Algérie contemporaine.
C'est une magistrale leçon de passé qu'il nous offre ici.