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Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 10/05/2008
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Sanary : Le vent des arts - l'Afrique
Accueil Vent des Arts | Olympe Bhely-Quenum
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Noray | Mirella Ricciardi
Expositions
Amadou Hampâté Bâ et Aimé
Césaire
Les littératures africaines
Formation assurée par Bernard Magnier
INFL –Montreuil
04 et 05 octobre 2004
retranscription
de Maya Michalon pour l'Association [Libraires du Sud]
Bernard Magnier a suivi le
cours de littérature « négro-africaine »de Maryse Condé, à l’université
de Paris.
Découvre la littérature « noire » : Senghor, Césaire, Damas…
Fondateur et directeur de la collection Afriques chez Actes-Sud (depuis 1998).
Journaliste (chroniques radio), formateur, animateur et conseiller lors de salon
du livre, rencontres, festival…
L’afrique noire en poésie (Anthologie)
Paris-Dakar, autre nouvelle (Ed. Souffle) avec
Didier Daeninck, Leïla Sebbar, Rabah Belamri, Rachid Mimouni…
Introduction
:
Bernard Magnier insiste sur la pluralité et la diversité des littératures
africaines (différences géographiques, religieuses, politiques…).
L’Afrique est très peu présente dans l’environnement culturel et
journalistique (en dehors des guerres, des famines…).
Quelques chiffres :
>Afrique= 1.6 % des échanges mondiaux, dont la moitié concerne l’Afrique
du Sud seule.
> Richesse de la Côte d’Ivoire= celle de Bordeaux
> Richesse de l’Afrique sub-saharienne= celle de la Belgique
> P.N.B / an/ habitant : USA= 30 000 $
France=24 000 $
Afrique du Sud= 3200 $
Sénégal=510 $
Mali =240 $
Ethiopie=100 $
Espérance de vie en Afrique est de 45 ans. En régression, due au Sida, aux
différentes épidémies… Environs 6000 victimes du Sida par jour en Afrique
noire.
Aux USA et au Japon, la consommation moyenne quotidienne d’eau par habitant
est de 600 litres. En Afrique, elle se situe entre 10 et 20l/jour/hab.
L’Afrique francophone (dont la langue française est langue officielle) représente
120 millions de locuteurs. Or, le Nigéria (anglophone) seul comprend 120
millions d’habitants !
Musique africaine, arts plastiques (statuaires…) très présents (cf gros succès
du sculpteur Ousman Saw à Paris).
La littérature africaine connaît un essor depuis quelques années : 4 auteurs
du continent africain ont obtenu le prix Nobel de littérature depuis 1986
(aucun avant cette date) :
-Wole Soyinka (Nigéria), 1986
-Naguib Mahfouz (Egypte) 1988
-Nadine Gordimer (Afrique du Sud), 1991
-J.M Coetzee (Afrique du Sud), 2003
Rappels
historiques
L’Afrique nous arrive par le miroir déformant de la littérature exotique et
coloniale (ex : Pierre Loti, écrivain français qui écrit sur l’Afrique est
considéré comme africain).
Fin XIXème-début XXème : image du primitif barbare, cannibale, à qui on
enseigne l’Occident.
Pour la littérature, le mouvement suit le marché triangulaire à rebours :
> il part des USA en 1903 avec Black Soul de William DUBOIS (d’origine jamaïcaine).
Je suis noir et fier de l’être, W.Dubois.
Retentissement au sein de la communauté noire internationale.
Congrès panafricain.
> Marcus GARVEY (jamaïcain également) et le « back to Africa » mouvement.
> cf aussi création du Liberia par d’anciens esclaves.
Harlem, New-York : manifeste de la negro-renaissance.
> Claude McKay (poète, bluesman)
En France : 1ère Guerre Mondiale, tirailleurs sénégalais. En 1919, ils ont été
utilisés comme force d’occupation de l’Allemagne (désir d’humiliation
suprême).
Dialo, Force bonté : texte de remerciement à
la France coloniale !
1919 : Traité de Versailles : partage des colonies allemandes (Rwanda, Burundi,
Togo, Cameroun…)
cf. film La victoire en chantant de J.J Annaud.
1921 : Prix Goncourt à René Maran, Batouala,
Albin Michel. Martiniquais, fut administrateur colonial en Centrafrique. Tolé général.
Il faut attendre 60 ans avant qu’un prix Goncourt soit à nouveau attribué à
un auteur noir (Patrick Chamoiseau en 1992).
L.S Senghor : « Tout le roman nègre procède de René Maran ».
René Maran a, le premier, exprimé l’âme noire avec le style nègre en français.
Arrivée du Jazz (Sydney Bechett…) et du Charleston en Europe : Josephine
Baker était à la fois adulée et méprisée. Elle chantait « Je voudrais être
blanche ». Ambiguité.
Années 1920 : Philippe Souco, Anthologie de Senghor, Voyage au Congo et
retour au Tchad de Gide.
+ Marcel Griaule, Leiris…L’ethnologie se développe, s’ouvre.
1931 : Création de la Revue du monde noir
par les deux sœurs Nardall (martiniquaises).
Exposition coloniale : vision extrêmement exotique de l’Afrique (les hommes
du continent africain sont réellement exposés, au même titre que les
animaux).
Plusieurs centaines de milliers de visiteurs. Retentissement public.
1932 :
>Un antillais parisien crée la revue Légitime défense.
Un seul numéro.
> Céline, Voyage au bout de la nuit.
1934 : les étudiants noirs de Paris créent la revue L’Etudiant
noir, menés par Damas (Guyanais, mort en 1978), Aimé Césaire
(Martiniquais) et Léopold Sedar Senghor (Sénégalais, 1906-2001).
Poètes et hommes politiques.
Aimé Cézaire a effectué 55 ans de mandature (comme Maire de Fort de France et
député de Martinique). Il est le poète vivant sur lequel sont menées le plus
de thèses dans le monde entier !
Damas- Cézaire- Senghor instaurent le concept de « négritude ». En écho à
William Dubois.
« La négritude est la simple reconnaissance du fait
d’être noir, de l’acceptation de ce fait. » Aimé Cézaire
Textes revendiquant la négritude :
>Pigments (1937), Black
label de Léon-Gontran Damas
>Graffitis
>Champs d’ombre, de Senghor
« Ma bouche sera la bouche des bouches qui n’ont pas
de bouche. » Senghor
> Porte-parole. Position du « Nous ».
1948 : Senghor publie Anthologie de la poésie nègre
et malgache, qui comprend 3 poètes malgaches, 3 poètes sénégalais et
des poètes caribéens.
Le mouvement de la négritude trouve un écho :
>en Haïti dans le mouvement « indigéniste » sur lequel va s’appuyer
Duvalier père (Papa Doc) pour accéder au pouvoir. (Rappel : Haïti a connu la
première révolte d’esclave noire ayant abouti à l’indépendance de l’île
en 1804, avec Toussaint l’Ouverture.)
« Haïti où la négritude se met debout pour la première fois. » Cézaire
>à Cuba à travers le courant « Negrismo » mené par Nicolas Guillem.
Léopold Sedar Senghor : son nom est composé d’un prénom européen, d’un
prénom africain et d’un nom dérivé du mot « senor » en espagnol.
Il est né en 1906 à Joal, au sud de Dakar. Education religieuse catholique.
Etudie le Latin et le Grec. Hypôkhagne à Paris. Premier agrégé de Grammaire
Enseigne à Tours. Prisonnier lors de la 2ème Guerre mondiale.
> 1945 : devient député du Sénégal (SFIO). Publie Ostie
noire.
> 1960 : devient Président du Sénégal. Abandonne le pouvoir en 1980 de son
plein gré. Lui succèderont Diouf, puis Wade.
>1983 : devient le premier homme noir à l’Académie Française.
>1990 : réunit ses œuvres poétiques au Seuil.
>2001 : aucun homme politique français n’assiste à ses obsèques. Erreur
politique colossale, très mal vécu par les Sénégalais.
Senghor est à l’origine du mot francophonie.
>>jusqu’en 1950 : on est dans la littérature noire et le concept de négritude.
A partir de 1950, la littérature caraïbe se distingue des littératures
africaines.
Années 1940 : Baldwin/ Richard Wright, Black
Boy/ Chester Himes (romans policiers), sont à Paris.
1947: fondation de la revue Présence Africaine,
qui entraîne la création d’une maison d’édition et d’une librairie, rue
des Ecoles.
Créée à l’initiative d’Alioum Diop, sa veuve la dirige aujourd’hui.
Dans le 1er numéro de Présence africaine, on
trouve des textes de Gide, Alioum Diop, Senghor, Cézaire, Sartre, Griault,
Wright…
Sous-titre : « Paris-Dakar ».
Après la 2ème guerre
mondiale, mouvement de décolonisation, d’indépendance. Des leaders
politiques s’affirment (Ghandi, Nasser, Neru, Tito, Castro, Mao Tse Tung…)
1955 : Conférence de Bandoeng réunit les « pays non-alignés ».
La Guinée- Conakry de Sékou Touré (surnommé « celui qui a dit non à De
Gaulle) est la première à obtenir son indépendance.
1977 : la République de Djibouti (le « confetti de l’Empire ») est la dernière
colonie française à obtenir son indépendance.
Les pays lusophones (Angola, Mozambique, Cap Vert, San Tomé, Guinée Bissau…)
seront les plus tardifs à être décolonisés, il faut attendre la guerre des
Œillets en 1975.
Les années 1950
1953 : publication de L’enfant noir de Camara
Laye (Guiné).
Histoire d’un gamin dans les montagnes de Guinée. Titre choisi par l’éditeur
français (très générique). Certain succès.
« L’enfant noir, c’est de la littérature rose
pour enfant blanc. » Mongo Beti
Cameroun
:
>Mongo Beti (de son vrai nom Alexandre Biyidi),
Le pauvre Christ de Bomba.
A propos des maladresses des missionnaires.
Ville cruelle (paru sous le pseudonyme Eza Boto).
Texte militant, qui dénonce la colonisation et les nouveaux pouvoirs.
Vit en exil à Rouen, enseigne. Ecrits des pamphlets.
A la retraite, il crée une belle librairie à Yaoundé. Réussite, malgré bâtons
dans les roues. Décédé en 2003.
Mongo Beti a réalimenté son imaginaire africain lors de ses retours au pays.
Avec Trop de soleil tue l’amour, il renoue
avec l’Afrique actuelle.
> Ferdinand Oyono (né en 1929)
Publie en 1956, Une vie de Boy et Le vieux nègre et la médaille.
Fut ministre de la culture.
>Francis Bébé, Le fils d’Agatha Boudiou.
Chanteur également, il est connu pour le tube « Agatha ».
Sénégal :
>Ousmane Sembene
Maçon à Dakar, puis docker à Marseille. Littérature prolétarienne.
Publie Le docker noir en 1956 et
La noirde (histoire d’une « boyess » qu’un couple d’européens
ramène en France).
Les bouts de bois de Dieu (1960) raconte la
construction du Chemin de fer Dakar- Niger. Sorte de « Germinal africain ».
Premier cinéaste de fiction francophone (1960’s). A fait des études de cinéma
à Moscou.
Réalise « Borum charrette » (moyen métrage) : trajet d’un homme-taxi avec
un âne qui transporte différents passagers.
Publie Niiwam (recueil de 2 nouvelles) en 1987 :
un père sort de la maternité avec le corps de son bébé dans les bras. Prend
les transports en commun.
Xala (1973), prononcer « Hala »= impuissance masculine. Film et livre.
>Cheikh Hamidou Kane, L’aventure ambiguë
(1961)
Histoire d’un gamin, Samba Diallo, élevé à l’école coranique. Le maître
veut en faire son successeur. Mais les femmes du village décident qu’il ira
à l’école des Blancs « pour apprendre à vaincre sans avoir raison ». Puis
c’est la capitale, Paris. Amour, syndicalisme et retour difficile.
« J’ai toujours eu mal de n’être pas deux » écrit-il.
Il publie en 1997, chez Stock Les gardiens du temple.
>David Diop, Coup de pilon.
Né à Bordeaux. Poésie militante et simple. Meurt dans un accident d’avion.
Côte d’Ivoire
:
Bernard Dadié (né en 1916). Pionner du monde du théâtre. Joué à Paris dès
1936.
1953 : Climbié, autobiographique. Les auteurs
de cette génération sont souvent repérés par un missionnaire à l’école
et envoyés à Paris (traumatisme).
Dans les écoles en Afrique, pendant la colonisation, les élèves qui étaient
surpris à parler une autre langue que le français se voyaient obligés de
porter un « symbole » qui bien souvent était un sac d’excréments, autour
du cou.
Bernard Dadié raconte son Certificat d’études dans les années 30.
>>>décennie qui précède l’indépendance. Que disent ces auteurs ?
Ils donnent à voir le pays, passent de l’autre côté de l’objectif pour
devenir les photographes de leur propre histoire. « Voilà comment nous sommes
».
Mettent en avant les valeurs africaines
Dénoncent la colonisation, réclament l’indépendance.
Décrivent le choc des cultures.
Ces auteurs sont très enseignés dans les pays francophones africains.
Après
les indépendances
Il faut toujours un certain nombre d’années avant que la littérature n’intègre
les évènements.
1968 : publication de 2 textes fondamentaux :
1 >Yambo Wologem, Le devoir de violence.
Prix Renaudot en 1968.
Très peu apprécié en Afrique. Il s’agit d’une saga dans l’Afrique
pre-coloniale, dans laquelle la violence est très présente. Ce texte va à
l’encontre de l’image classique qui veut que les maux soient venus avec la
colonisation.
Yambo Wologem montre que les problèmes existaient avant, que la violence et la
guerre ont toujours été présentes. Intègre des passages érotiques.
Mais il fut accusé de plagiat (certains passages rappellent Graham Green, André
Shwarzbach…). L’auteur prétend avoir mentionné les guillemets, retirés
par l’éditeur.
Le livre fut quasiment immédiatement retiré de la vente. Wologem sombre dans
la paranoïa. Ecrira juste Lettre à la France nègre.
En 2003, Le devoir de violence est réédité au
Serpent à Plumes à l’initiative de sa fille. Yambo Wologem n’approuve pas
cette réédition.
2> en Côte d’Ivoire,
Ahmadou Kourouma (1927-2003), Le soleil des indépendances
A gagné un prix de concours, édité aux Presse Universitaires de Montréal.
Racheté par le Seuil.
Lauréat du Prix du Livre Inter, Renaudot, Goncourt des lycéens…
Le soleil des indépendances raconte
l’histoire du prince Fama, qui a lutté contre le colonisateur. Pense alors
avoir droit à un poste administratif. N’obtient rien. N’arrive pas à voir
d’enfant avec son épouse. Qu’apportent les indépendances ?
« Rien, si ce n’est la carte d’identité et la carte du Parti Unique ».
Le soleil des indépendances présente
l’originalité de mêler au français des éléments de Malinké.
Extrait : « Il y a avait une semaine…il n’avait pas soutenu un petit rhume.
»
Manière de penser le monde.
Joue un peu le rôle de Cent ans de solitude.
Kourouma a africanisé la langue française. Il travaillait au Togo, dans
l’assurance, sous le Président Eyadema.
N’a publié son deuxième roman, En attendant le vote
des bêtes sauvages, que 20 ans après.
Il obtient, en 2000, le prix Renaudot pour Allah
n’est pas obligé (enfant soldat dans la guerre du Sierra Leone).
Quand on refuse on dit non est un texte
posthume, inachevé, publié par le Seuil en 2004.
Sénégal
:
>Malik Fall, La plaie (épuisé), Albin
Michel 1970.
Histoire d’un mendiant blessé. Guérison de cette plaie et les gens s’éloignent
peu à peu de lui, symboliquement.Congo-Zaïre :
Mobutu œuvre pour la zaïrisation du pays. On ne devait plus porter des
costumes à cols mais des « abacosts ».
SAPE (mouvement qui se développe dans les deux Congos) : « Société des
Ambianceurs et des Personnes Elégantes ».
Les auteurs changent de nom :
Valentin-Yves Mudimbe devient Vumbi Yoka Mudimbe.
Ecrit Entre les eaux : histoire d’un prêtre
partagé entre son sacerdoce et la révolution.
Le Bel-immonde : relation entre un ministre et
une prostituée.
Pendant ce temps (1950, 1960), la France découvre le nouveau roman.
Guinée-Conakry
:
> Alioum Fantouré, Le Cercle des Tropiques.
Début des années 70. Dénonce la dérive du dictateur Sékou Touré.
> Tierno Monenembo
Né en 1947, il quitte la Guinée à 20 ans. Itinéraire d’un exil. Etudes à
Moscou, à l’Université Lumumba. Vit actuellement à Caen.
Les crapauds-brousse : le héros revient de
Hongrie.
Un atiéké pour Elgas : histoire d’un
communauté guinéenne en exil à Abidjan.
Un rêve utile : se déroule à Lyon.
Monenembo a vécut longtemps
à Salvador de Bahia au Brésil.
Pelurino revient sur les traces de ses ancêtres
qui sont passés par le Brésil.
Fait partie des 10 écrivains qui ont écrit sur le Rwanda : L’aîné des
orphelins.
Peuls, son dernier ouvrage, très documenté
(moins bon sur le plan littéraire et romanesque).
> William Sassine
Né en 1944 et mort en 1997. A vécut longtemps en Mauritanie. Nihiliste,
auto-destructeur.
St- monsieur Bali, le personnage principal est
un instituteur sanctifié.
Le jeune homme de sable, conflit père-fils.
Le zé-héros n’est pas n’importe qui,
histoire d’un faux héritage.
Tenait la « Chronique à Sassine » dans un journal satirique de Conakry.
Congo-Brazzaville
:
>Henri Lopes, Tribalique, recueil de
nouvelles publié en 1971.
Ministre. Ambassadeur du Congo à Paris actuellement.
D’abord publié aux éditions CLE du Cameroun.
Fin années 70 – début années 80 :
Durcissement des régimes, grande époque des Dictateurs africains (Mobutu, Idir
Amin Dada, Mokasa, Eyadema…)
>les auteurs vont s’inspirer de cette vie entre le grotesque et le
sanguinaire.
>// grande vogue des auteurs Latino-américains (sous Pinochet).
En 1979 émerge Sony Labu Tansi (Marcel Sony). Né en 1947, il dirige une troupe
de théâtre à Brazzaville (Congo). Se met à écrire des romans, et de
nombreuses « Lettres ouvertes à… ». Très influencé par Garcia Marquez.
Il meurt du Sida en 1995.
La vie et demie raconte l’histoire d’un
dictateur qui n’arrive pas à tuer son opposant. Mais il arrive à ses fins,
et la fille de l’opposant tombe dans la prostitution.
Langue chaotique, bousculée, empreinte de Kikongo.
A publié 6 romans au Seuil en l’espace de 16 ans. Auteur de 10 pièces de théâtre.
Très ancré dans sa vie brazzavilloise.
Je ne suis pas à développer, mais à prendre ou à
laisser,
Négro-africain si vous voulez, je me sens plutôt négro-humain,
J’écris pour rester vivant. Je sais que je mourrais
vivant,
Sony Labu Tansi
Mali :
> Ibrahima Ly,
Toiles d’araignée, aux éditions L’Harmattan,
puis Babel Actes Sud.
Un prof de maths, emprisonné dans les geôles de Moussa Traoré, dans le nord désertique
du Mali, meurt après quelques temps en prison.
Ibrahima Ly serait vraisemblablement devenu Président du Mali. Homme brillant
ayant mené un important combat politique.
A transposé son calvaire de prisonnier dans un personnage de jeune fille qui a
refusé d’être la 4ème épouse d’un homme de 70 ans.
Congo-Brazzaville :
> Henri Lopes, Le pleurer-rire, histoire de
dictateur grotesque. Ecriture normative, métissage.
> Emmanuel Dongala
Vit aux USA, ami de Philip Roth.
Jazz et vin de palme, Jazz de John Coltrane et
vie quotidienne au Congo.
1980’s : Un fusil dans la main, un poème dans
la poche.
Panafricanisme se développe.
Sénégal
:
> Boris Boubacar Diop, Le temps de Tamango.
Politique-fiction. Analyse la période d’indépendance avec le recul du temps.
Les années 1980
Congo-Kinshasa
:
>Tchikaya U Tam’ Si, « petite feuille qui parle de son pays »
Les indépendances du « Congolois ». N’écrit que sur l’Afrique, le Congo.
Mais un Congo daté, celui qu’il a quitté.
Le bal de Dinga (pièce de théâtre) évoque la
période d’indépendance du Zaïre.
Tchikaya a longtemps préconisé le « je » à la place du « nous ». Stop à
la négritude (globalisante), affirme l’individualité.
Une génération afro-européenne :
Cameroun :
> Yodi Karone,
Nombreux allers-retours entre la France et le Cameroun.
Le bal des caïmans : deux personnages en prison
au Cameroun, un militant et un autre qui n’a fait que ramasser un tract.
Nègre de paille : Un chauffeur de taxi renverse
une fillette dans un village et ne s’arrête pas.
A la recherche du Cannibal-amour : un romancier
perd son manuscrit dans le métro parisien.
>>romans évoluent du Cameroun vers la France.
> Simon Njami,
Cercueil et compagnie,
Influence de Chester Himes et du roman policier américain.
Né à Lausanne de parents camerounais, vit à Rouen. Il est l’un des
fondateurs et animateur de la Revue Noire.
> Blaise N’Djehoya
Le nègre Potemkine: dealers du côté de Barbès.
>>auteurs qui intègrent des personnages africains dans un décor et un
contexte européens.
Les années 80 : apparition d’une littérature féminine :
Sénégal :
> Mariama Ba, Une si longue lettre (au
Serpent à plumes).
Histoire d’une femme qui vient de perdre son mari et écrit à sa meilleure
amie aux Etats-Unis.
> Aminata Sow Fall, La grève des Battù
Un préfet de police jette les mendiants hors de Dakar. Va avoir une promotion.
Il doit faire un sacrifice et donner aux pauvres, qui décident ce jour-là de
faire grève.
ÿ s’inscrit dans la vie littéraire plus que dans un combat féministe.
L’appel des arènes : conflit de générations,
mais à l’inverse puisque les parents sont modernistes et les enfants tiennent
à la traditions.
> Ken Bugul, (son nom signifie « personne n’en veut »)
Le baobab fou, raconte ses expériences de femme
sénégalaise dans la France post 68. Epousera d’abord un homme de 70 ans,
puis un deuxième mari. Une fille, vit au Bénin aujourd’hui.
De l’autre côté du regard (Serpent à
plumes), évoque sa relation douloureuse avec sa mère.
Cameroun :
> Calixthe Beyala, Le petit prince de Belleville
Histoire d’une femme africaine qui élève seule son gamin dans le quartier de
Belleville. Très bon accueil par la presse, mais rapidement surgissent des
accusations de plagiat.
On lui reproche de copier Howard Buten, Ben Okri, Paule Constant…
( on retrouve des passages de « La vie devant soi », « La couleur pourpre »…)
Prix de l’Académie. Scandale.
Excuse de Calixthe Beyala : se dit hyper mnésique !
D’après le Canard enchaîné, Calixthe Beyala élevait le plagiat à hauteur
de photocopieuse !
Très impliquée pour imposer plus de journalistes noirs dans les médias.
Côte
d’Ivoire :
> Véronique Tadjo écrit pour adultes et enfants, illustratrice également.
Rare auteur du continent africain qui s’adresse au jeune public. Résidence
d’écrivain au Rwanda : publie L’ombre d’Imana
(recueil de témoignages de femmes ayant vécu le génocide).
>>A la fin des années 80, le regard porté sur les littératures
africaines évolue.
// Musiques. L’accueil de ces arts se normalise.DES GRANDS THEMES, DES GRANDS
NOMS…
Importance de l’oralité
Bon nombre d’écrivains ont écrit un recueil de contes…
Mali :
>Amadou Hampaté Bâ
(1900-1990)
A consacré sa vie à la collecte de textes traditionnels peuls. A joué un rôle
de passeur de cultures.
Kaïdara, le secret de la grande étoile.
Nombreuses adaptations pour jeunes lecteurs.
L’étrange destin de Wangrin, histoire d’un interprète pendant la
colonisation. Traité avec humour.
L’enseignement de Tierno Bokar
Amkoullel, l’enfant
peul (1991)
Retrace les 20 premières années de la vie d’Hampaté Bâ.
Oui mon commandant ! concerne les 20 années
suivantes
+ Sur les traces d’Amkoullel,
l’enfant peul (photos de Philippe Dupuy, dessins et citations d’Hampaté
Bâ).
De L’enfant noir, on passe à
Amkoullel, l’enfant peul : apparition de l’individu.
Hampaté Bâ a été l’un des premiers à jouir d’une véritable
reconnaissance.
>Massa Makan Diabaté (« griot »)
Roman trilogie :
Le lieutenant de Kouta, Le boucher de Kouta, Le
coiffeur de Kouta
Puis le roman Comme une piqûre de guêpe où un
jeune homme raconte sa circoncision.
>Jibril Tamsir Niane
Soundjata l’épopée mandingue, écrit à la
manière d’un griot.
Oralité, poésie, théâtre. Critique de la tradition (dote, mariage forcé,
excision).
Sénégal :
>Bigaro Diop (né entre 1900 et 1910, décédé au début des années 90)
Devenu ambassadeur du Sénégal au Maghreb. Refusait les interviews. A publié 5
volumes de mémoires. N’a passé que quelques mois à Paris, et a participé
à la création de la revue l’Etudiant noir.
Les contes d’Amadou Koumba. Succès.Un des
1ers recueils de contes africains. Publié à la fin des années 40.
Etait vétérinaire de brousse, écoutait les conteurs.
L’heure et la lueur (poème) :
Le personnage s’appelle Souffle, toutes les générations
d’écoliers l’ont apprise par cœur.
L’AUTOBIOGRAPHIE :
>très fréquente lors d’un premier roman. Double déplacement espace-temps
(enfance> age adulte, village> ville)
Cf : Camara Laye, Cheikh Hamidou Kane, Bernard Dadié…)
LA REVOLTE CONTRE LE COLONISATEUR :
Puis révolte contre les nouveaux maîtres, les dictateurs, les
administrateurs…
Cf Mongo Beti.AFRIQUE/ EUROPE : le choc des cultures
Langues, modernisme/ traditions…
Cf. Cheikh Hamidou Kane.
LES GRANDES DOULEURS ET LES GRANDES CAUSES :
Sécheresses, famines, guerres, maux de la nature, Sida, enfants- soldats,
urbanisation…
Lutte contre l’apartheid, louanges de Mandela…
Parfois confusion entre tract et poèmes.
DU « NOUS » AU « JE », de L’ENFANT NOIR à AMKOULLEL :
Mohammed Dib : trilogie qui se passe en Finlande.
Peu à peu les auteurs africains revendiquent le droit d’écrire « ailleurs
».
Pôle sénégalais, pôle congolais, peu d’auteurs tchadiens par exemple.
Librairies peu nombreuses (on peut citer la librairie du Grand Hôtel à
Bamako).
1990 : sur 100 titres parus d’œuvres de fiction d’Afrique sub-saharienne,
60 titres viennent d’Afrique du Sud (dont 50 ont pour auteurs André Brink-
Nadine Gordimer- J.M Coetzee ou Breyten Breytenbach).
A cette même date, on trouvait 80 titres cubains traduits en français !
1990-2000 : La décennie de
la reconnaissance
Les aînés :
Hampaté Bâ, Amadou Kourouma, Mongo Béti…
Jusque là, seule Maryse Condé avait eu une certaine reconnaissance avec la
parution au cours des années 1980 de Erema Kouan
(ré-édité sous le titre En attendant le bonheur), Segou, puis Segou II.
1950’s : Sedou Badian, Le sang des masques.
Au programme scolaire de bcp de pays africains. Ce livre s’est vendu à
environs 400 000 exemplaires en 40 ans !
Le soleil des indépendances de Kourouma a été
diffusé en format poche Seuil (particulier) en Afrique.
On commence aujourd’hui à trouver des auteurs africains en poche, folio…
La génération post-coloniale :
Ceux qui n’ont pas du tout connu la colonisation.
Djibouti
:
>Abdouramane Waberi.
Vit en France, est professeur d’anglais.
Publié par le Serpent à Plumes et Gallimard (folio).
Auparavant on se voulait d’abord nègre. Aujourd’hui on se veut d’abord écrivain,
accessoirement nègre.
Tchad :
>Nimrod, romancier et poète.
Les jambes d’Alice, histoire d’amour sur
fond de guerre du Tchad.
Les auteurs de la génération post-coloniale sont au fait de la littérature du
monde. Exergues de sources très diverses.
Inspiration plus libérée, délivrée du souci de l’engagement militantiste
et immédiat.
Travail plus subtil sur la langue, l’intime.
Cameroun
:
>Gaston-Paul Effa
Personnalité particulière, élevé par les religieuses. Prof de philo à
Strasbourg.
Tout ce bleu se déroule entre Douala et Paris. Autobiographique.
Ma (« maman »), évoque cette mère qu’il
n’a pas eue et qu’il sublime.
Cheval-Roi, La salle
des professeurs, dans un contexte européen.
>Kangi Alem
Traducteur d’anglais. Les Africains commencent à s’approprier aussi la
traduction.
Le thème de l’émigration populaire est abordé davantage par les auteurs
nord-africains (comme Driss Chraïbi, Ben Jelloun, Azouz Begag).
Pas abordée en Afrique noire (sauf par Ousmane Sembene dans Ma vie de docker),
ou très récemment par Alain Mabanckou dans Bleu, Blanc, Rouge (un jeune
congolais débarque à Paris et dérive dans les trafics jusqu’à être
reconduit à la frontière).
Côte
d’Ivoire :
> Koffi Kwahulé
Auteur de théâtre. Bintou subit l’agression sexuelle de son oncle, chef de
gang.
Gabon :
>Bessora
53 cm relate les difficultés d’une jeune mère
d’origine africaine pour obtenir sa carte de séjour.
Le thème de l’émigration devient important depuis 5 ans.
AFRIQUE
URBAINE :
Urbanisation du paysage.
Ceux qui écrivent aujourd’hui ont souvent grandi dans les villes en pleine
croissance. Les écrivains s’en emparent.
>Waberi, Balbala : décrit les faubourg
bidonville de Djibouti.
Benin :
> Florent Couao-Zoti
Ses romans se situent à Cotonou, dans le quartier de Jonquet. Son premier roman
met en scène un boxeur et une prostituée.
« L’enfant noir » est devenu un enfant des
villes.
Les ingrédients du polar sont rassemblés.
Zaïre :
> Achille Ngoye
Série noire (depuis 1998).
Bas les noirs à Château Rouge, mêle intrigue
policière et politique.
Mali :
> Moussa Konaté
Gorby
A créé les éditions du Figuier à Bamako et dirige l’antenne malienne des
Etonnants voyageurs.
Pas encore de héros balayeur de rue : les difficultés de l’émigration sont
à la fois tues et méconnues des intellectuels.
DE « L’ENFANT NOIR » A « L’ENFANT-SOLDAT »
>Sozaboy, Ken Saro-Wiwa
>Allah n’est pas obligé, Amadou Kourouma
> Johnny Chien méchant, Dongala
> Coua-Zoti, Monenembo…
Présence
Féminine :
De jeunes femmes viennent
sur la scène littéraire.
Gabon
:
> Bessora, sur le thème
de l’émigration.
Sénégal
:
> Fatou Diome,
Le ventre de l’Atlantique : conversation téléphonique
entre une jeune femme en France et son frère au Sénégal fasciné par un
joueur de foot européen.
Préférence nationale : Misère, exil, racisme
Fatou Diome vit à Strasbourg, réalise une thèse de lettre modernes.
> Aminata Zaaria
La nuit est tombée sur Dakar
1er roman, déchéance de 2 jeunes filles, prostitution…
> Abibatou Traoré, Sidagamie.
Ravages du Sida accentués par la polygamie. Livre courageux, écrit à 25 ans.
Côte
d’Ivoire :
> Fatou Keita, Rebelle,
dénonce l’excision.
Auteurs de livres pour enfants également.
Cameroun
:
> Un amour de
sans-papiers, une jeune femme en Europe se fait avoir par un homme qui ne
l’aime que parce qu’elle peut l’aider à obtenir des papiers.
Rwanda :
>Personne n’a échappé au trio victime/bourreau/survivant- témoin.
>Ceux qui n’étaient pas sur place culpabilisent. Douleur. Massacres
programmés.
>Haines anciennes, installées par les colons belges et français.
>Situation post-génocide ingérable juridiquement : des milliers de
personnes ont été emprisonnées pour génocide aggravé. Coût énorme. Il
faudrait 140 ans pour tous les juger ! Vrai problème.
Les intellectuels africains se sont peu exprimés, sauf Wole Soyinka.
Les Festival Fest’africa a mis en place une résidence d’écrivains au
Rwanda intitulée « Ecrire par devoir de mémoire », à l’initiative de
Nocky Djedanoum.
Cette résidence a donné lieu à quelques publications :
>Boris Boubacar Diop, Murambi ou
le livre des Ossements, décrit les lieux où les corps sont restés tels
quels.
>Tierno Monenembo, L’aîné des orphelins :
un jeune homme perd ses repères suite au génocide.
>Abdouramane Waberi, Moisson de crânes.
>Véronique Tadjo, L’ombre d’Imana : témoignages
de femmes victimes ou coupables. Complexité de la nature humaine.
(// le livre de Jean Hatzfeld, Une saison de machettes,
et la bande dessinée Déograssias de J-P.
Stassen)
.Accueil en France :
Ces dix dernières années,
des collections, des éditions de littératures africaines se sont créées.
Avant, ce domaine était réservé à l’Harmattan, à Présence africaine, au
Seuil…
>Le Serpent à Plumes
>Afriques (Actes Sud)
>Continent noir (Gallimard)
>Fondation Dapper (musée, catalogue, librairie, restaurant : lieu privé
consacré à l’Afrique…)
>Moren (disparu) >Gaïa
>>ouverture du paysage éditorial à l’Afrique
>>développement et professionnalisation considérables de la traduction
(au Zimbabwe, 3 auteurs au moins sont traduits, ainsi qu’au Cap Vert, au
Soudan, au Mozambique…)
Sorte de « mode africaine ».
En 1950 : Queneau dirige la Pléïade et publie une encyclopédie de la littérature
mondiale dans laquelle une page et demie est consacrée aux littératures
africaines (avec 4 erreurs sur les noms ou titres d’ouvrages cités !).
La musique précède souvent la littérature.
Bande dessinée ? Très peu présente en Afrique (les achats de livres sont
principalement scolaire).
Il existe une BD satirique en Côte d’Ivoire, intitulée
Monsieur Zézé…
UNE
LANGUE…DES LANGUES FRANCAISES
La génération d’Amadou
Hampaté Bâ écrit dans un français extrêmement classique. L’enseignement
reste très conservateur encore aujourd’hui. Français du XIXe siècle.
Coupure avec Le soleil des indépendances :
africanité dans la langue française.
>>Processus d’appropriation de la langue française. Vrai processus littéraire.
Pour les auteurs africains, le fait d’écrire en français correspond à une
prise de position politique.
Certains disent que le français est devenu une langue africaine, qu’ils ne
peuvent écrire dans une autre langue.
D’autres soutiennent qu’il n’y aura de réelle expression africaine
qu’en langues locales.
Souvent, les auteurs parlent une langue qu’ils n’écrivent pas et écrivent
une langue qu’ils ne parlent pas. D’autres mêlent les deux langues.
Parfois, le théâtre et la poésie sont rédigés en langue locale, les romans
en français.
Boris Boubacar Diop a écrit 5 romans en français et un en Wolof.
L’Ethiopie est le seul pays africain à ne pas avoir été colonisé (sauf 3
ans par Mussolini). L’Amarique en est la langue officielle.
Différences
de colonisation :
>Langues et traductions :
Les Français ont eu pour attitude d’enseigner le français massivement et de
transmettre civilisation et religion. La Bible fut traduite en nombreuses
langues africaines.
Les Anglais ont instauré des gouvernements indirects : l’Anglais est resté
langue de l’administration, les populations locales ont pu continuer à
s’exprimer dans leurs langues.
Ainsi, il existe une littérature en Yoruba (Nigeria), en Swahili… et
l’expression artistique est plus importante.
Contrairement au Wolof, très peu utilisé par les auteurs.
Les Portugais ont effectué des colonies de peuplement. Les Portugais, fuyant la
dictature de Salazar, se sont installés et ont fait souche en Angola, au
Mozambique. Souvent gens de gauche.
Angola :
>Luandino Vieira (auteur blanc)
>Mia Couto (descend des portugais et brésiliens au Mozambique)
La vision du monde passe par la sémantique, le vocabulaire.
Les traductions viennent très majoritairement de l’anglais, puis du
portugais, de l’afrikaans…Très peu de traductions des langues africaines.
Le Swahili compte environs 50 ou 60 millions de locuteurs. Problème pour
trouver des traducteurs.
De plus, l’anglais parlé à Soweto est très différent de celui parlé au
Ghana. Il faut donc faire appel à des traducteurs spécialistes de certaines
zones géographiques.
Nigéria :
>Ken Saro-Wiwa, Sozaboy (Actes Sud Babel)
L’auteur a été pendu en 1995 au Nigéria. Personnalité très populaire.
Reconnu, engagé, acteur de séries télévisées.
Reconnaissance intellectuelle et populaire.
Le Nigéria est un pays fédéral, qui rassemble plusieurs cultures. Le pouvoir
central est Yoruba.
Fin des années 1960, la guerre du Biafra oppose les Ibos et les Yorubas.
Ken Saro Wiwa était Ogoni. Territoire pétrolier (Shell est présent au Nigéria).
Les Ogoni voulaient obtenir des retombées économiques du pétrole sur leur
territoire. Pouvoir s’y oppose et condamne par pendaison.
Ken Saro Wiwa a écrit Sozaboy en « rotten
english » (« anglais pourri »). Deux traducteurs ont transposé l’anglais
de Ken Saro Wiwa en français d’Afrique de l’ouest.
L’histoire : un jeune camionneur de 17 ans tombe amoureux d’une fille dans
un bar un soir. La fille dit bien vouloir se marier avec lui quand il sera un
homme, c'est-à-dire un militaire. Se retrouve embarqué dans la guerre du
Biaffra.
> Ex. linguistique tiré de Sozaboy :
En Anglais, la poitrine d’une femme est désignée par « J.J.C » = « Johnny
Just Come >> transposé en français ouest-africain en A.C.W = « ampoules
cent watts ».
Pour dire « chauve » : « coco-taillé ».
>> livre pionnier par rapport à tous les textes sur les enfants- soldats.
Sozaboy sera joué au Théâtre International de Langue française en avril.
>Aire
anglophone :
AFRIQUE DU SUD : producteur de littérature (blancs
éduqués, noirs non-scolarisés)
Le « Quatuor blanc » :
>Breyten Breytenbach, poète, emprisonné.
>Nadine Gordimer, romancière, nouvelliste, Prix Nobel, militante pour l’ANC
Ceux de July
Le safari de votre vie
>J.M Coetzee, Prix Nobel 2003
Michael K, sa vie, son temps
En attendant les barbares (Waiting for the
barberians)
Disgrace
>André Brink, études en France où il découvre la possibilité pour les
Blancs et les Noirs de vivre ensemble, de rencontrer des Noirs intellectuels…
Une saison blanche et sèche
Un instant dans le vent
Admiration absolue pour Mandela.
>Vladi Slavic
>Van Nikerk, Triumph
Emergence des écrivains noirs sud-africains :
>Ndebele, Mon oncle
Fools, histoire d’une rencontre dans un train
entre un jeune homme et son prof qui a été l’amant de sa sœur. Tous deux
sont noirs et militants anti-apartheid.
>Alex Laguma
Membre de l’ANC à Londres.
Nuit d’errance : deux jeunes noirs rentrent
ivres d’une soirée, l’un deux tue un blanc…
>Myriam Klali, Entre deux mondes
>Sol T.Plaatje, Mhudi : considéré comme le
premier roman d’un noir sud-africain.
>Thomas Mofolo, Shaka
L’homme qui marchait vers le soleil levant.
Ecrit en Sesoto.
>Ankie Krog, La douleur des mots : aborde la
question de la Commission « Vérité et Réconciliation » mise en place par
Desmond Tutu.
>Henk Van Worden, La bouche pleine de vers
Hollandais qui a vécu en Afrique du Sud. A écrit sur Verwoerde, celui qui a légiféré
l’Apartheid (1960…), et a été assassiné lors d’une Assemblée des députés.
L’assassin, de père crétois et de mère mozambicaine, a été interné en hôpital
psychiatrique. Van Worden raconte la destinée de cet homme qui vit encore
aujourd’hui.
Nigéria :
Enorme pays.
> En 1986, Wole Soyinka est le premier Prix Nobel Noir Africain de littérature.
Il est très connu dans le monde anglophone. Erudit, appartient à l’ethnie
Yoruba. Littérature anglaise classique. A fait partie du Parlement
International des Ecrivains. A écrit sur le 11 septembre, sur les attentats du
métro de Tokyo… Auteur de théâtre essentiellement.
A écrit deux docu-romans :
Aké, les années
d’enfance (son père était pasteur protestant)
Ibadan, les années
pagaille, raconte sa venue à l’écriture (à 20 ans) parallèlement à
l’indépendance de son pays. Anecdote en France, guerre d’Algérie…
Fut banni de son pays pour avoir tenu des propos contre le Gouvernement.
> Chinua Achebe
Très connu dans le monde anglophone.
Le monde s’effondre, à propos de la décolonisation anglo-saxonne dans les
années 1960.
Femmes en guerre, recueil de nouvelles, à propos de la guerre du Biafra.
> Ben Okri
Vit à Londres. Ecriture plus difficile.
> Buchi Emecheta
Citoyens de seconde zone, dans lequel elle raconte la douleur de l’immigration
à Londres. Plus accessible.
> Helon Habila
> En attendant un ange : pendant la dictature
d’Abacha, dans le monde étudiant et journalistique. On y retrouve les
personnages de Ken Saro-Wiwa et de Wole Soyinka.
Autres
pays anglosaxons :
Kenya
:
> Ngugi, Pédale de sang
Ecrit en Kikuyu après avoir écrit en anglais. Menacé. Vit en exil aux USA.
Somalie :
> Nuruddin Farah
Hier, Demain (Serpent à Plumes)
Vit aujourd’hui en Afrique du Sud, exilé.
Zimbabwe :
> Chenjeraï Hove, Ossuaires et Ombres (Actes
Sud).
Vit en France. Son écriture comporte un travail au niveau de la langue très
intéressant : Anglais mâtiné de Shona (sa langue maternelle).
> Tsi Tsi Dengaremba, A fleur de peau,
raconte l’histoire de deux sœurs : l’une s’exile et l’autre reste.>
D. Marachera (Dapper éditeur)
Décédé. Ecriture éclatée.
Soudan :
> Djamal Mahjoub
40 ans aujourd’hui. Parle 6 langues. Né d’une mère anglaise et d’un père
soudanais. A grandit au Soudan, y a fait ses études. S’est marié au
Danemark, vit aujourd’hui à Barcelone. Entre deux cultures.
Auteur qui se renouvelle totalement de livre en livre.
La navigation du faiseur de pluie, histoire
politique et amoureuse dans le Soudan d’aujourd’hui.
Le télescope de Rachid Le Bey d’Alger, au 17e
siècle, entend dire qu’on aurait créé un engin pour voir loin. Envoi un
fils d’esclave le chercher en Scandinavie. Quête initiatique. Fouilles archéologiques.
Le train des sables,
Turcs et Anglais.
Là d’où je viens
Père en rupture avec sa femme danoise, voyage en voiture avec son fils
jusqu’en Espagne. Découverte d’un père et de son fils.
Djamal Mahjoub écrit en anglais et parle arabe, danois, espagnol, catalan et
français.
Les littératures lusophones :
Pays colonisés par le Portugal ont acquis leur indépendance après 1975.
Angola : guerre grise.
Lors des guerres coloniales portugaises, les Blancs (descendants des Portugais
et des Brésiliens) prenaient le parti des Angolais.
Ces guerres ont duré jusqu’à il y a peu. Economies faibles.
Angola :
> Agostino Neto fut le premier Président de la République Angolaise, leader
du MPLA (Mouvement Pour la Libération de l’Angola) et poète. Traductions peu
nombreuses et récentes.> Luandino Vieira («
fils de Luanda »)
Publié chez Gallimard depuis longtemps. A écrit toute son œuvre en prison
(plus rien depuis sa libération).
Nous autres de Makulusu
3 compagnons politiques vont à l’enterrement d’un 4e et évoquent leurs années
de militantisme.
> Pepetela
Est passé très vite de guérillero à ministre ! Dit qu’il était plus
facile d’écrire tant qu’il était guérillero, que depuis qu’il est au
pouvoir.
Très connu dans le monde lusophone.
Yaka (publié en Belgique)
L’esprit des eaux (Actes Sud) : histoire
d’un couple à Luanda (l’homme est passionné de jeux vidéo, elle est
apparatchik politique).
Manuel Rui, Le porc Epic
>Histoire d’un cochon dans un appart. Parents veulent manger le cochon, les
enfants s’organisent pour le sauver.
Mozambique :
> Mia Couto (auteur blanc, 50 ans)
Les Portugais étaient navigateurs, ont colonisés par les côtes (Cap Vert,
Guinée Bissau, Angola, Mozambique tournée vers l’Océan indien).
Mia Couto descend d’une famille portugaise et brésilienne.
Terre somnambule, un petit garçon trouve refuge
dans un bus pdt la guerre. Découvre un recueil d’écrits traditionnels.
Mia Couto a été impliqué dans le processus de libération.
Scientifique, il travaille à la création d’un parc animalier commun au
Mozambique et à l’Afrique du Sud.
Cap Vert :
Ensemble de 9 îles très diverses : Praïa, Mindelo (=île intellectuelle),
Sal, Fogo (« volcan »)… Zones très ventées.
On connaît Cesaria Evora, ultra-diva mondialement connue.
> Germano Almeida (aux éditions Sepia)
A propos de la vie quotidienne de l’archipel.
> Mario Derendrade
Militant à présence africaine. A réalisé une anthologie de la poésie
d’expression portugaise.
En langues africaines :
Très peu pour les romans, recueils de nouvelles…
Tanzanie (Tanganyika et Zanzibar) :
> Thomas Mofolo
Les girofliers de Zanzibar, traduit du Swahili.
Peut-être des choses à venir du côté de l’Ethiopie (traduction de l’Amarique),
du Swahili…
Par militantisme linguistique et politique, certains auteurs qui écrivent en
français se mettent à écrire dans leur langue maternelle africaine.
L’EDITION,
LA DIFFUSION, LA RECEPTION
>Edition
Pour un auteur africain, éditer en Europe ou en Afrique est un véritable
choix. Les publics sont différents.
L’édition en Afrique ne se porte pas bien.
Il existe plusieurs formules pour un auteur :
-s’adresser à un éditeur qui est avant tout un imprimeur
-l’université publie
-certains ont des petites collections de théâtre
-les publications sont subventionnées par certains états (recueil de poèmes
du Mali…)
-par le biais des maisons confessionnelles (pères, sœurs…)
Cameroun
:
Les éditions CLE (Cercles des Lecteurs Evangéliques) ont une certaine
diffusion à l’étranger.
Zaïre :
Les éditions St-Paul ont édité Zamenga (vendu à 150 000 ex), très
populaire.Mali :
Editions Jamana ; éditions du Figuier (par Moussa Konaté, co-organisateur des
Etonnants voyageurs à Bamako) qui publie des textes en Bambara en français, en
peul ; éditions du Ruisseau.
Quelques initiatives, mais faible production.
Il existe aussi des coproductions entre les CCF et des maisons d’éditions
africaines.
Après l’indépendance : à partir des années 1970…
En Afrique :
> Les Nouvelles Editions Africaines : au Togo, au Sénégal, en Côte
d’Ivoire.
Se sont séparées pour devenir les Nouvelles Editions Togolaises (N.E.T, N.E.S,
N.E.I). Diffusion internationale (capitales africaines, France…).
> Le Seda à AbidjanEn Europe :
Maisons d’éditions créées par des africains :
> 1947 : Présence Africaine (Alioum Diop)
Sa veuve Christiane Diop continue. Militantisme. Catalogue prestigieux,
affectif, de référence (Ousmane Sembene, Cézaire, Bigaro Diop, Bernard Dadié…).
Monument, mais certain immobilisme.
Diffusion importante sur le continent africain, sans compter la revue et la
librairie.
> Les éditions Silex (55 bis rue du Louvre, 75002 Paris)
Créées par le poète camerounais Paul Dakeyo (né à Bafoussam en 1948).
Textes de W.Soyinka. Editions Nouvelles du Sud. Editions A3.
> Editions Nubia (Amed Tidjani Cissé)
Recueil du poète Tchikaya U’Tamsi.
> Editions Acoria (Kaya Makélé)
Maisons
africanistes (à polarité africaine très forte) :
>Pierre-Jean Oswald a
créé à Dieppe une maison d’édition avec une collection « poésie
africaine », « théâtre africain ». La maison a disparu et le fond a été
repris par l’Harmattan.
> L’Harmattan (fondée en 1975)
Grosse production : mille titres par an.
A publié des auteurs sud-africains. Publie certaines thèses à 250 ex.
Gaston-Paul Effa. Collection de fiction « Encre noire ».
+ Librairie.
> Kartala (1980)
Du nom d’un volcan des Comores. Collection Lettres Noires. Puis titres
scientifiques, sociologiques, religieux, contes.
>>dissident Sépia, par Patrick Meyran. Publie Gisèle Pineau (Un papillon
dans la cité), Maryse Condé, Francis Bébé, Beaux Livres.
Diffusion indépendante.
Maisons spécialisées :
> Hatier>>collection Monde Noir
Créée par Jacques Chevrier (université Sorbonne), rapidement devenue Monde
noir poche (pionnier). Très présente en Afrique et quasiment absente en
France.
Ont vendu pas mal de titres au Serpent à Plumes (notamment Jazz et vin de palme
de Dongala).
> Nathan a créé dans les années 1980 une petite collection de poche,
Espace Sud, passée au pilon depuis.
> Publisud :Espace francophone. 6 titres dans les années 80, puis arrêt.
> Yodi Karone
-Le bal des caïmans, Lettres Noires
-Nègre de paille, Kartala
-un autre titre chez Espace Sud Nathan
-A la recherche du cannibal-amour, Espace francophone Publisud
>>4 possibilités qui ont échoué.
Maisons
ordinaires françaises :
> Plon publie Camara
Laye
> Albin Michel publie Dongala, Tchikaya U’Tamsi
>>Exception : Le Seuil a publié des auteurs africains sans jamais faire
de collection spécialisée (et pas des moindres : Senghor, Cézaire, Kourouma,
Sony Labu Tansi, quelques traductions dont Coetzee).
>Les éditions Lanzman (en Belgique) se consacre au théâtre africain (éditeur
de Sony Labu Tansi).
> Le Serpent à Plumes
Est apparu sous forme de revue sous pochettes plastiques. Puis création de la
maison d’édition. Rachat en mars 2004 par Le Rocher.
Consacre une bonne partie de son catalogue aux littératures africaines et
compte des romans de Waberi, Couao-Zoti, Mariama Ba, Aminata Sow Fall (soit pour
des éditions, soit pour des ré-éditions).
> Actes Sud, Afriques (Bernard Magnier)
Après Hampaté Bâ, un auteur cap verdien, Baltazar Lopez.
Une collection fournit un repère utile. L’identité visuelle ne semble pas
essentielle. (cf JJ Pauvert).
Le concept de « littérature noire » ne présente pas d’intérêt non plus
selon B.Magnier. Pourquoi regrouper Kourouma/ Chamoiseau et T.Morrison sous prétexte
qu’ils sont noirs ?
Un classement par sous-ensembles géographiques paraît plus pertinent : Caraïbes,
Méditerranée…La géographie est souvent plus pertinente que l’histoire.
> Gallimard : Continents noirs
> Dapper (maison d’édition créée après le musée). Littérature adulte
et jeunesse. Identité visuelle car souvent même illustrateur.
> L’Aube : A quand l’Afrique ? de Joseph Ki-Zerbo (entretien avec René
Holenstein) : ouvrage diffusé en Afrique, car co-édité avec 5 éditeurs
africains :
- Eburnie (en Côte d’Ivoire)
-Jamana (au Mali)
-Les Presses Universitaires d’Afrique (Cameroun)
-Ruisseaux d’Afrique (Benin)
-Sankofa et Gurli (Burkina Faso)
LA
CONSOMMATION DU LIVRE
Une bibliothèque de 300
livres est exceptionnelle en Afrique :
-problème du savoir lire (75% d’analphabètes dont 95% de femmes)
-aimer lire
-être proche d’un point d’approvisionnement (capitales)
-pouvoir consommer le livre
-contexte familial et social ne s’y prête pas : enfants nombreux, présence
de parents ou grands-parents qui ne lisent pas, activité individuelle,
a-sociale.
Ex : Boris Boubacar Diop ne dit pas tout de suite à sa famille qu’il rentre
au pays pour avoir un peu de temps pour lire et écrire.
Ecrivains travaillent de nuit, la nuit tombe tôt : problème d’électricité.
De nombreux étudiants travaillent à la lumière des réverbères (souvent le
long de la route qui mène à l’aéroport).
-coût du livre (n’arrive pas en priorité des dépenses !)
-la conservation des livres est également difficile à cause des conditions
climatiques (humidité, sécheresse, poussière, insectes…). Sont souvent gardés
sous clefs.
>>le livre africain, « cet étrange objet ».
La critique traitant la littérature africaine était jusque là ultra-spécialisée,
politique. Aujourd’hui le roman africain est traité par une critique plus
large. La situation se normalise.
Il existe aujourd’hui de nombreux salons ou « quinzaines africaines ».
Les Prix littéraires récompensent aussi des auteurs noirs, des Caraïbes ou
d’Afrique (Le Goncourt à Patrick Chamoiseau, Tahar Ben Jelloun, Amin Maalouf,
le Renaudot à Kourouma…).
Sur le continent africain, certains pays sont sur une pente descendante (La Côte
d’Ivoire, le Mozambique). D’autres se portent mieux (Le Mali, le Benin).
Ecrire correspond souvent à un acte de courage. Beaucoup d’écrivains vivent
en exil, ont connu la prison ou ont été exécutés.
> Abdouramane Waberi,
Pays sans ombre
Cahier nomade
Ses livres sont au programme du Bac quinze ans après que lui-même l’ait passé
!
Balbala a été censuré à Djibouti
Importance de trouver un lectorat ici. Il s’agit aussi de mieux connaître le
continent pour mieux le reconnaître. Les auteurs, avec leur potentiel
intellectuel, peuvent modifier notre regard sur l’Afrique…Notes, voir aussi
:
- Vassilis Alexakis, Les mots étrangers, chez
Stock en 2002, à propos de la langue des piroguiers en Centrafrique, le Songo.
- La revue Africulture qui consacre un numéro
à l’édition
- L’association des Libraires francophones (une caravane de livres traverse
l’Afrique. Cf Philippe Groff et Anne-Marie Schmidt à l’A.I.F.L)
- Les éditeurs anglophones étaient très présents à Accra, Johannesburg (cf
la collection African writers)
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