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Dernière modif. : 10/05/2008

Le Vent des Arts - Sanary

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Léopold Congo Mbemba

Léopold Congo-Mbemba
Photo Librairie Gaïa

Né le 16 novembre 1959 à Brazzaville, Lépold Congo-Mbemba est un poète africain dont l'oeuvre ne laisse pas indifférent tant par sa thématique que par ses profondes qualités stylistiques. Diplômé de philosophie (DEA de l'Université de Paris IV Sorbonne), il réside en France depuis plusieurs années. Poète reconnu, il a dirigé la Collection Poètes des Cinq Continents aux Editions l'Harmattan. Il est l'auteur de quatre recueils de poèmes, Déjà le sol est semé, 1997, Le Chant de Sama N'déye, 1999, Le Tombeau transparent, 2002 et Ténors-Mémoires, 2002. Son dernier recueil vient de lui valoir le Prix Louis Labé qui lui a été remis en avril 2004.

 

 

Ténors-Mémoires

Lépold Congo-Mbemba nous offre ici son quatrième recueil de poèmes, Ténors-Mémoires. Celui-ci se situe dans la lignée des précédents par sa qualité littéraire et son sujet, mais il s'en distingue par la thématique abordée, par sa structure éclatée, ses constructions stylistiques atypiques. Ténors-Mémoires est un recueil qui exsude la sensibilité, la maturité et la maîtrise littéraire, où le fond ne sacrifie en rien à l'esthétique, à la forme, à un travail très poussé sur la langue. Au contraire tous se tiennent et se soutiennent pour former un texte poétique qui n'est pas hors du language, qui est tout d'émotions, d'amour, d'humanité et de significations, traversé de part en part de beauté et de Négritude, un texte qui nous raconte le Nègre, l'homme.
Et, que Ténors-Mémoires soit dédié à Damas, à Senghor et à Césaire n'est pas anodin, est signe de ce qu'il contient, de l'esprit qui l'anime.

 

Le tombeau transparent

<<Le tombeau transparent tire sa substance des affres de la guerre civile que son pays a connue du 5 juin au 15 octobre 1997. En des couplets battus par le cours du sang, il parle des milliers de morts sans sépulture, jetés en pâture aux oiseaux de proie et aux chiens, il condamne ceux qui sont à l'origine de ce désastre et stigmatise leur appétit du pouvoir. Le poète ne cède cependant pas au désespoir. Il se charge de la mission "de construire la tombe de chacun de vos noms, / jusqu'à ce que revienne / la saison des bruines pour la regermination...".

Déjà le sol est semé

Terre des poètes, le Congo cultive trois traditions poétiques : la tradition symbolique marquée par la révolte (Tchicaya U Tam'si), la tradition engagée à la Maïkovski (Maxime Ndebeka) et la tradition intimiste et médiative (Jean-Baptiste Tati-Loutard). Lépold Congo Mbemba alterne avec un bonheur inégal entre les deux dernières, mais sans être réellement influencé par Tati-Loutard ou N'Debeka. [Avec] son premier recueil Déjà le sol est semé, il montre dès le para texte de son livre qu'il est hanté par le Temps -en tant que catégorie philosophique mais également historique. Ecrit en vers libres, dans une langue classique, Déjà le sol est semé renvoie irrésistiblement à J'ai déjà habité ces mots de Sony Labou Tansi...Déjà le sol est semé peut être lu comme son autobiographie intellectuelle dans la mesure où l'on y retrouve tout ce qui l'a marqué, notamment le marronnage nègre aux Antilles, le panafricanisme initié par Williams E. Dubois, les mouvements noirs aux Etats-Unis avec Martin Luther King, Malcom X, le jazz, etc. Bien qu'il s'agisse de son premier recueil publié, il constitue un livre bilan du point de vue littéraire et de la vision du monde du poète...Par Boniface Mongo-Mboussa in Africultures n°24, janvier 2000, pp.26-27

 

Le Chant de Sama N'déyé

Avec ce recueil, l'auteur prouve, s'il en était besoin, la dynamique de la poésie congolaise...Sa poésie est ancrée dans la référence à la terre natale, en quête de lumière et de silence, chargée d'invocations et de vérités profondes. Son chant est la voix de la terre nourricière, de la mère qui "résonne... désarroi du sang ", celle qui "demeure sourde" aux prières du poète, à son absence, à la "tristesse qui l'habite et lui va". Par Tahar Bekri, Université de Parix X-Nanterre in Notre Librairie, n°137, Mai-Août 1999, pp.64.