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Dernière modif. : 10/05/2008

Le Vent des Arts - Sanary

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Roland Colin


Photo Librairie Gaïa

   Roland Colin est né en 1928, en Bretagne. Après la guerre, il choisit de participer à l'aventure de la décolonisation, et entre à l'École nationale de la France d'Outre-mer en 1948, où il aura Senghor pour professeur. Diplômé de l'École des langues orientales, il est d'abord administrateur au Soudan français, jusqu'en 1954, et dirige le cabinet de Mamadou Dia au moment de l'indépendance du Sénégal. En 1964, il co-dirige l'IRAM et succède au Père Lebret à la tête de l'IRFED. Docteur d'État sous la direction de G. Balandier, il enseignera à l'École des Hautes Études en Sciences sociales, puis aux Universités de Paris VIII et de Paris III, et à la Fondation nationale des Sciences politiques. Retraité depuis 1993, il préside l'IRFED, et a publié Les contes Noirs de l'Ouest-africain aux éditions Présence Africaine.

Kènèdougou. Au crépuscule de l'Afrique coloniale : mémoires des années cinquante

Le Kènèdougou, " pays de la lumière ", est le nom du royaume qui, dans les marches historiques de l'ancien empire du Mali, a mené le combat ultime contre l'armée coloniale française. La ville prestigieuse de Sikasso, symbolisant la résistance du peuple sénoufo, fut prise en mai 1898. Cinquante ans plus tard, Roland Colin arrive dans ce pays, comme jeune administrateur de la France d'Outre-mer. Il y passe presque trois ans, en compagnie de sa femme Renée, dans la ferveur de la découverte d'une culture paysanne extraordinaire, encore vivante mais meurtrie, en ce crépuscule du pouvoir colonial. Ce récit d'apprentissage, vibrant et sensible, porte témoignage du choc de sociétés et de cultures dont l'histoire convenue donne une image imparfaite dans la vision des hommes d'aujourd'hui. 
Il donne à penser que les problèmes du présent ne prennent sens que si l'on en recherche les racines dans les rendez-vous manqués d'hier. Roland Colin décrit les univers en présence : celui des Blancs, microsociété confinée dans l'aigreur du repli, celui des auxiliaires noirs du colonisateur, médiateurs ambigus et humiliés. Celui enfin des communautés paysannes, trouvant son sens dans les rituels majeurs de l'initiation et des funérailles. Parachevant la traversée du miroir, Roland Colin noue le dialogue avec les nouveaux cadres africains, dans les cheminements difficiles, parfois douloureux, des mouvements politiques porteurs d'espérances. Dès lors, les défis à venir s'annoncent comme l'aventure de la liberté à construire, exigeant que ne s'efface jamais la mémoire du Kènèdougou.